Les infiltrations épidurales sans intérêt clinique dans une lombosciatique


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Je profite de l’été pour ce retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Dimanche 26 Octobre 2014

Un essai pragmatique vient moduler les convictions précédentes

Sans titre
Evolution dans le temps de la douleur sciatique (graphique provenant de l’article)

La sciatique a une évolution le plus souvent favorable, avec des symptômes disparaissant, selon les auteurs, au bout de 2 à 3 mois chez 80 % des patients. 

Plus que la compression mécanique, c’est l’inflammation locale qui est aujourd’hui considérée comme responsable de la douleur, d’où l’idée d’utiliser des infiltrations épidurales de corticoïdes. 

Ces infiltrations sont jusqu’à lors considérées comme efficaces, mais la population des patients consultant leur généraliste n’est peut être pas la même que celles dans lesquelles ont été réalisés les essais. 

Ce fut le but de cette étude hollandaise, portant sur 63 patients avec un suivi sur 1 an. 

La moitié fut tirée au sort pour bénéficier en plus du traitement habituel d’une infiltration 15 jours à un mois après survenue des douleurs. La lombalgie et le RMDQ (Roland et Morris Disability Questionnaire) sont améliorés par l’infiltration, mais de façon minime, vraisemblablement infra-clinique. 

Les patients infiltrés sont aussi plus satisfaits que les autres, ce que les auteurs attribuent à une plus grande considération de leur cas par les soignants. 

Commentaires : 

1- J’en étais resté à 3 mois de souffrances pour la plupart des patients. Les miens vont être contents d’apprendre que les délais ont été raccourcis… 

2- Peut être que si nous arrêtions nous aussi de parler de compression pour évoquer l’inflammation, n’importe quelle technique, active comme passive, trouve sa justification du moment ou elle favorise les échanges sur le lieu de l’inflammation. 

3- Le cerveau doit bien être capable de provoquer une inflammation locale dès lors qu’il estime la région en danger, ce qui pourrait être le cas du SRDC (AND des vieux), mais, si l’inflammation est bénéfique, pourquoi arrêter ce processus avec des médicaments anti-inflammatoires ? 


Référence bibliographique : 

Spijker-Huiges A et coll. : Steroid injections added to the usual treatment of lumbar radicular syndrome: a pragmatic randomized controlled trial in general practice. BMC Musculoskeletal Disorders 2014, 15:341 

Article disponible en ligne 

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