Plaintes concernant les chiropraticiens, les ostéopathes et les physiothérapeutes

Rédigé par le Dimanche 3 Juin 2018

 

Une étude de cohorte rétrospective portant sur les problèmes de santé, d’efficacité et de conduite professionnelle

 

 

Forrest plot provenant de l'article

Forrest plot provenant de l’article

En Australie, les chiropraticiens, les ostéopathes et les physiothérapeutes sont enregistrés par trois organismes de réglementation, sous l’égide d’un régime national de réglementation des professionnels de la santé.

Ensemble, ces professions représentent environ 6% du personnel de santé enregistré en Australie. Ils sont les seuls praticiens (autres que les médecins) autorisés à effectuer des manipulations du rachis cervical.

Ils sont également tous reconnus dans le cadre des régimes gouvernementaux (avec des possibilités de remboursement par l’intermédiaire du programme Medicare Enhanced Primary Care, des anciens combattants, de la Commission sur les accidents de la route et de travail) et par des assureurs privés.

Il existe des différences contextuelles importantes entre les professions. La physiothérapie est la plus grande et la plus ancienne des trois professions en Australie. Elle y a débuté en 1907 et a été initialement affiliée à des facultés de médecine universitaires et à des hôpitaux universitaires.

Alors que les physiothérapeutes de certains États étaient enregistrés auprès du conseil d’enregistrement des masseurs, un office d’enregistrement distinct a été créé en Australie-Occidentale dans les années 1950, suivi par d’autres États.

L’exigence de prescription médicale pour un traitement de physiothérapie a été supprimée en 1976. Une proportion substantielle de physiothérapeutes travaillent dans le domaine public (environ 45%).

A contrario, la chiropratique et l’ostéopathie sont de plus petites professions en Australie et leur assimilation dans les cadres réglementaires et universitaires a eu lieu plus tard. La réglementation statutaire des chiropraticiens et des ostéopathes a été établie dans tous les États au milieu des années 1980, et leur universitarisation a eu lieu à la fin des années 1980 et 1990.

Les patients n’ont jamais eu besoin de prescription médicale pour avoir accès à un traitement chiropratique ou ostéopathique dans ce pays.

Les rachialgies sont la raison la plus fréquente pour les patients de consulter des praticiens ostéopathes. Le traitement chiropratique est le plus souvent utilisé pour traiter les affections musculo-squelettiques, mais il existe un large éventail de pratiques chiropratiques allant d’approches plus idéologiques axées sur la manipulation de la colonne vertébrale pour la santé générale à un traitement factuel des troubles musculo-squelettiques.

Des medias récents ont souligné les risques pour les patients qui peuvent survenir lorsque des professionnels de la chiropratique, de l’ostéopathie et de la physiothérapie leur procure des prestations d’une manière non éthique ou dangereuse.

Pourtant, les recherches sur les plaintes concernant les chiropraticiens, les ostéopathes et les physiothérapeutes sont limitées.
L’objectif de cette étude était de comprendre les différences quant à la fréquence et la nature des plaintes des usagers de ces professions afin d’apporter des améliorations dans la réglementation professionnelle et la formation.

Méthodes

Une étude de cohorte rétrospective qui a analysé toutes les plaintes formelles concernant tous les chiropraticiens, ostéopathes et physiothérapeutes enregistrés en Australie auprès des autorités de santé entre 2011 et 2016.

Sur la base des évaluations initiales, les plaintes ont été classées en 11 plaintes dans trois domaines: performance, conduite professionnelle, et la santé.

Les plaintes fondées sur la performance se rapportent à des connaissances, à des compétences, à un jugement ou à des soins de qualité inférieure à ce que l’on peut raisonnablement attendre.

Les plaintes fondées sur la conduite sont liées à une conduite contraire à l’éthique ou illégale.

Les plaintes de santé se rapportent à des conditions physiques ou mentales qui peuvent nuire à la capacité d’un praticien à pratiquer en toute sécurité.

Les différences dans le taux de plaintes ont été évaluées en utilisant les ratios de taux d’incidence. Une analyse multivariée a été utilisée pour identifier les facteurs prédictifs de plaintes chez les praticiens de ces professions.

Résultats

Au cours de la période d’étude, il y avait 5450 chiropraticiens, 2241 ostéopathes et 31.534 physiothérapeutes enregistrés pour pratiquer en Australie.

Les patients et leurs proches étaient la source la plus fréquente de plaintes concernant les chiropraticiens, les ostéopathes et les physiothérapeutes.

Les plaintes en rapport avec la conduite professionnelle représentaient plus de la moitié des plaintes.

Le résultat réglementaire des plaintes différait selon la profession.

Les praticiens hommes, ceux qui avaient plus de 65 ans et ceux qui pratiquaient dans les zones urbaines étaient plus à risque de se plaindre.

Le taux global de plaintes était plus élevé chez les chiropraticiens que chez les ostéopathes et les physiothérapeutes (29 vs 10 vs 5 plaintes pour 1000 années de pratique respectivement, p <0,001).

Parmi les chiropraticiens, 1% des praticiens ont reçu plus d’une plainte – ils représentaient 36% des plaintes au sein de leur profession.

Ce taux accru de plaintes englobait les trois domaines examinés : comparativement aux physiothérapeutes, le taux d’incidence d’un chiropraticien faisant l’objet d’une plainte était quatre fois plus élevé pour des problèmes d’efficacité thérapeutique, huit fois plus élevé pour les problèmes de conduite professionnelle, et presque trois fois plus élevé pour les problèmes de santé.

Conclusions

L’étude démontre des différences dans la fréquence des plaintes par source, problème et résultat dans les professions de chiropratictique, d’ostéopathie et de physiothérapie.

Indépendamment de la profession, le sexe masculin et l’âge avancé étaient des facteurs de risque significatifs d’un plus grand nombre de plaintes dans ces professions.

Les chiropraticiens risquaient davantage de faire l’objet d’une plainte auprès de leur instances professionnelles que les ostéopathes et les physiothérapeutes.

Ces constatations peuvent aider les organismes de réglementation, les associations professionnelles et les universités à élaborer des programmes qui permettent d’éviter le mécontentement et les préjudices des patients et de réduire le fardeau des plaintes sur les praticiens.

Références bibliographiques

Ryan AT, Too LS, Bismark MM.Complaints about chiropractors, osteopaths, and physiotherapists: a retrospective cohort study of health, performance, and conduct concerns. Chiropr Man Therap. 2018 Apr 12;26:12. doi: 10.1186/s12998-018-0180-4

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