Mobilisation passive articulaire cervicale en décubitus 


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Un début de preuves d’une utilité à mobiliser les cervicales dans les cervicalgies…

Procédure 

Il s’agit de mobilisations segmentaires postéro-antérieures et / ou antéro-postérieures de grade II à III en suivant le plan de mouvement des articulations zygapophysaires cervicales (vers le bas ou vers le haut), selon le protocole de Dewitte. Le patient est en décubitus. 

L’étage à mobiliser est sélectionné en fonction du raisonnement clinique et ciblé sur des segments reproduisant les symptômes et / ou identifiés comme hypomobiles lors de l’examen. 

Pour le groupe affecté à un traitement factice, la même position de main a été utilisée, mais sans effectuer les manoeuvres de glissment articulaire. 

L’intervention a duré 10 minutes dans les deux groupes. 

Le même physiothérapeute avec 13 ans d’expérience clinique et une formation post-doctorale en physiothérapie neuromusculo-squelettique a effectué les deux interventions.

Validité 

Quarante patients cervicalgiques traités en cabinet de kinésithérapie ont été recrutés et randomisés pour évaluer l’impact d’une seule séance de mobilisations cervicales comparativement à un acte simulé. 

Les effets immédiats sur l’effet global perçu, l’amplitude de mouvement, la vitesse de réalisation des mouvements cervicaux (mesurée à l’aide de caméras Vicon ®) et la douleur associée au mouvement ont été évalués.

Les patients ayant bénéficié de mobilisation passive postéro-antérieure ont signalé un effet perçu global nettement plus important (p = 0,001) et une amélioration de la douleur liée aux mouvements (p = 0,041). 

La technique a entraîné une augmentation significative de l’inclinaison latérale (p = 0,006) et de la rotation (p = 0,044) par rapport à l’acte simulé, mais uniquement chez les patients présentant une restriction d’amplitudes articualires avant intervention.

 29 à 47% de toutes les douleurs liées au mouvement ont été résolues après les mobilisations ; seulement 11 à 27% après l’acte simulé. 

Les patients des deux groupes ont présenté une augmentation significative (p <0,05) de la vitesse de déplacement, mais uniquement chez ceux qui présentaient une restriction de vitesse avant l’intervention.

Commentaire 

Les limites de ce type d’étude sont évidemment l’absence de projection des effets sur les moyen et long termes, mais aussi l’impossibilité déliminer le biais même inconscient d’un praticien en thérapie manuelle réalisant à la fois la technique expérimentale et le placebo. On se doute qu’avec la meilleure bonne foi possible, il n’a pas envie de se tirer une balle dans le pied en démontrant que ce qu’il fait depuis des dizaines d’années est sans intérêt…

Quid du patient qui peut lui aussi ne pas être dupe d’un traitement factice, avec un quidam lui touchant le cou sans bouger pendant 10 minutes…


Références bibliographiques 

s24687812Lascurain-Aguirrebeña I, Newham DJ, Casado-Zumeta X, Lertxundi A, Critchley DJ. Immediate effects of cervical mobilisations on global perceived effect, movement associated pain and neck kinematics in patients with non-specific neck pain. A double blind placebo randomised controlled trial. Musculoskelet Sci Pract. 2018 Dec;38:83-90. doi: 10.1016/j.msksp.2018.10.003.

Dewitte V et al. Articular dysfunction patterns in patients with mechanical neck pain: A clinical algorithm to guide specific mobilization and manipulation techniques. Manual Therapy. Volume 19, Issue 1, February 2014, Pages 2–9

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