La main molle des dépressifs

two people handshaking
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Ca fait partie des constatations qu’on se fait tous les jours en serrant la main des patients**  : certains ont la poignée de main vigoureuse, d’autres…

La force de serrage est un marqueur simple et peu coûteux du risque de santé et de mortalité. 

Cette étude a étudié les associations entre force de serrage et dépression dans les pays à ressources modérées à faibles, chez des adultes d’âge moyen et des personnes âgées vivant en insitutions. 

Méthodes 

Les données transversales sur les personnes âgées de 50 ans et plus tirées de l’étude de l’Organisation Mondiale de la Santé sur le vieillissement et la santé des adultes dans le monde ont été analysées. 

La dépression était basée sur le Composite International Diagnostic Interview (?)

Une force de serrage faible a été définie comme inférieure à 30 kg pour les hommes et à 20 kg pour les femmes en utilisant la valeur moyenne de deux mesures de la main dominante. Une analyse de régression logistique multivariable a été réalisée.

Résultats 

L’échantillon comprenait 34 129 personnes (62,4 ± 16,0 ans; 52,1% de femmes). La prévalence de la faiblesse de serrage et de la dépression étaient de 47,4% et 6,2%, respectivement. 

La prévalence de la dépression était plus élevée chez les personnes dont la force de serrage était faible que chez celles qui n’en souffraient pas (8,8% contre 3,8%; p <0,001). 

Dans tous les pays, après ajustement pour tenir compte des facteurs de confusion potentiels, une faible force de serrage était associée à une probabilité de dépression multipliée par 1,45 (IC 95% = 1,12-1,88) fois, bien que des différences aient été observées entre les pays.

Discussion 

Une force plus faible des poignées est associée à une probabilité plus élevée de dépression dans les ces pays. Les recherches futures devraient chercher à établir la valeur prédictive de cette mesure peu coûteuse pour une utilisation clinique. De plus, les études interventionnelles devraient examiner si la force musculaire peut être la cible d’interventions d’entraînement contre résistance pour traiter les symptômes dépressifs dans les milieux à faibles ressources.

Commentaire 

Note établie à partir du seul résumé. Si vous avez accès au texte intégral, merci de me faire part de toute inexactitude ou renseignement complémentaire. 

Je trouve étonnant la dernière phrase du résumé : si les dépressifs sont mous de la poignée de main, on devrait faire des études pour savoir si la rééducation du serrage de main améliore la dépression ????

Note technique sur le sujet 

Mesures de la force de préhension et de la pince pouce-index


Références bibliographiques 

X01650327Ashdown-Franks G, Stubbs B, Koyanagi A, Schuch F, Firth J, Veronese N, Vancampfort D. Handgrip strength and depression among 34,129 adults aged 50 years and older in six low- and middle-income countries. J Affect Disord. 2019 Jan 15;243:448-454. doi: 10.1016/j.jad.2018.09.036.

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** enfin pour les kinésithérapeutes qui ne travaillent pas en Belgique, où la poignée de main n’est pas trop habituelle 🙂