Analyse rachidienne lors de la marche sur tapis roulant

Sans titre

Les allemands sont depuis toujours adeptes de la rasteréographie. Ils couplent depuis peu cet outil à la marche quantifiée sur tapis roulant.

Deux articles illustrant les possibilités de ces outils concernent l’évaluation :

  1. de la mobilité lombaire après arthrodèse
  2. d’une différence de longueur des membres inférieurs.

1- Évaluation des conséquences d’une arthrodèse lombaire 

Ce protocole fournit des conseils sur la manière d’effectuer une rasterstéréographie vidéo et une analyse de la marche sur tapis roulant chez des patients avant subi une arthrodèse lombaire afin d’évaluer si leur marche et posture en ressortent modifiées. 

Une recherche de corrélation avec la mesure du soulagement de la douleur rapportée par le patient a été faite.

Procédure 

Le dispositif projette des lignes de lumière parallèles sur la surface du dos du sujet testé. La déformation de ces lignes est reconnue par l’appareil. À partir de ces données, un logiciel spécial génère ensuite un profil 3D basé sur le principe de la triangulation. 

Les paramètres de marche et d’attitude sont enregistrés à l’aide d’un tapis roulant équipé d’un dispositif de détection électrique contenant 10 200 capteurs de force de 0.85 cm x 0.85 cm sur une longueur de 150 cm x 50 cm. Les appuis sont enregistrés à la fréquence de 120 Hz. 

La vitesse de marche initiale sur le tapis roulant est de 0,5 km / h. Elle est ensuite progressivement augmentée par incrémentations de 0,1 km / h jusqu’à ce que chaque sujet atteigne sa vitesse de marche maximale. 

À cette vitesse, les paramètres sont enregistrés pendant 20 secondes. Les sujets sont testés pieds nus et sans main courante. Parmi divers autres paramètres, la largeur de la foulée, la longueur de la marche, la phase d’appui et la rotation du pied sont mesurés.

Voir la vidéo portant sur le sujet

Valeurs

Avec une imprécision de seulement 0.2 mm, il peut mesurer les changements de posture avec une très grande précision.

Fiabilité 

Les deux méthodes utilisées auraient une grande fiabilité intra comme inter-observateurs. 

Avantages 

Ces techniques extrêmement précises offrent une perspective objective et très détaillée sur les modifications de la posture et de la démarche du patient. 

La configuration permet ici de mesurer avec une grande précision les changements de posture et de marche après une chirurgie lombaire, mais elle peut également être appliquée à d’autres interventions chirurgicales du système musculo-squelettique.

Inconvénients

L’analyse dépend fortement de la sélection précise des repères anatomiques. 

Le dos du sujet doit être complètement déshabillé. Même le soutien-gorge ou les cheveux longs peuvent perturber le processus de numérisation.

En raison de la quantité de données à traiter, de la longue mise en oeuvre, ces techniques ne conviennent pas à une utilisation clinique. 

Ne pas oublier non plus le désaccord de votre banquier envers vos addictions d’achats impulsifs des derniers joujoux de rééducation.

Maintenant, si vous disposez de suffisamment de temps et d’une fortune personnelle…

Validité 

Il faut d’abord trouver un examen standard de référence de la mobilité dynamique, et surtout…

… bien prendre en compte qu’il n’y a pas toujours de liaison entre les altérations de la posture et de la marche et l’intensité de la douleur. 

Dans cette population d’opérés lombaires 

  • Une réduction des courbures thoracique et lombaire après chirurgie. 
  • Pas de modification de l’inclinaison latérale du tronc ou du transfert du bassin.
  • Une réduction de la cadence de marche à 3 mois post-opératoire
  • Pas d’amélioration significative concernant la symétrie des phases oscillantes et d’appui, ni de l’ouverture du pied (rotation latérale de hanche).

Commentaires

Utilité du joujou ? Utilité de la chirurgie ? 

Références bibliographiques 

Scheidt S, Hofmann UK, Mittag F. Evaluation of Patients’ Posture and Gait Profile After Lumbar Fusion Surgery by Video Rasterstereography and Treadmill Gait Analysis. J Vis Exp. 2019 Mar 23;(145). doi: 10.3791/59103.

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2- Analyse d’une différence de longueur expérimentale des membres

Note rédigée originellement sur ActuKiné le Mardi 9 Octobre 2018

La raster-stéréographie offre la possibilité de détecter et de traiter une différence de longueur du membre inférieur et ses effets dans des conditions dynamiques. Elle semble valide, comparée à une analyse quantifiée du mouvement de type Vicon [1].

Le but de l’étude [2] est de rechercher si cet examen peut détecter une différence de longueur du membre inférieur simulée dans des conditions dynamiques et déterminer s’il existe des différences entre les observations statiques et dynamiques.

Méthodes

30 sujets ont été mesurés. Ils étaient jeunes, non obèses, non lombalgiques, et sans différence de longueur des membres inférieurs remarquable.

Toutes les mesures ont été faites avec un dispositif de topographie de surface (Formetric 4D motion, Diers Il).

Une différence de longueur du membre inférieur de 1 à 4 cm a été simulée à l’aide d’une sandale construite sur mesure et de semelles de différentes épaisseurs.
L’obliquité pelvienne, la rotation et l’inclinaison latérale de la colonne vertébrale ont été mises en évidence sur un tapis roulant dans des conditions statiques et dynamiques (à la vitesse de 3 km/h).

Résultats

Dans des conditions statiques et dynamiques, une différence de longueur du membre inférieur entraîne une augmentation significative de tous les paramètres mesurés.

L’obliquité pelvienne très marquée en statique pour une différence de longueur des membres inférieurs expérimentale de 1 cm  (p <0,0001) l’est aussi en dynamique pour une différence de 1 à 2 cm, selon que la «talonnette» soit glissée sous le membre inférieur G ou D (p = 0,0001–0,042).

De même, en statique, une déviation latérale du rachis apparaît, de façon plus ou moins ample selon que la «talonnette» soit glissée à D ou à G.

Cependant, pour tous les paramètres examinés, les amplitudes des paramètres dans des conditions dynamiques sont plus petites que dans des conditions statiques.

Conclusion

L’étude a montré qu’une différence de longueur du membre inférieur simulée a également un effet significatif sur le bassin et la colonne vertébrale humains dans des conditions dynamiques, mais avec une amplitude inférieure à celle observée dans des conditions statiques.

Commentaire

Superbe appareil, sûrement au dessus de mes moyens, donc on va rester à l’estimation du sujet en statique. Ce qui tombe bien c’est que cette étude démontre qu’elle semble plus sensible que l’estimation dynamique !


Références bibliographiques

[1] Betsch M, Wild M, Johnstone B, Jungbluth P, Hakimi M, Kühlmann B, et al. (2013) Evaluation of a Novel Spine and Surface Topography System for Dynamic Spinal Curvature Analysis during Gait. PLoS ONE 8(7): e70581. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0070581

Article disponible en ligne

[2] Aylin Beeck et al. Dynamic evaluation of simulated leg length inequalities and their effects on the musculoskeletal apparatus. Gait & Posture. January 2019. Volume 67, Pages 71–76

Résumé disponible en ligne

 

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