L’extension active du genou est limitée. Évaluations

Observations & signes cliniques

Recherche du réflexe rotulien 

La percussion sèche du tendon rotulien au marteau à réflexe doit montrer une extension du genou. Le réflexe est aboli lors d’une atteinte périphérique.

Évaluation du verrouillage actif du genou 

1

Procédure 

Le thérapeute place son genou sous le genou du patient, l’avant-bras en berceau sous la jambe du patient, afin de prévenir tout dérobement intempestif et douloureux. Il réalise un appui de la main de l’autre membre supérieur sur la face antérieure de jambe et compare son impression avec le côté opposé et celle ressentie par le patient.

Précautions liées à une ligamentoplastie récente

Les squats en charge seraient préférables en présence d’une fragilité ligamentaire :  les contraintes ligamentaires sont généralement moins importantes qu’en chaine ouverte, le croisé antérieur subit plus de contraintes entre 10 et 50° de flexion qu’entre 50 à 100°. Cependant, des mouvements antérieurs trop importants (genoux en avant des orteils, talons décollés du sol) majorent a contrario les contraintes ligamentaires [Escamilla 2012].   

Évaluation manuelle du quadriceps à 90° de flexion

2

Un quadriceps peut être stable en extension et ne pas l’être à 90° de flexion. Il importe de le tester dans les deux amplitudes [Troisier 1990]. 

Procédure 

Patient en décubitus. Le thérapeute latéral à lui s’agrippe à la table, donnant un appui de son aisselle à la face antérieure de la jambe. Un sphygmomanomètre gonflé à 20 mmHg glissé entre creux axillaire et crête tibiale améliore le confort du praticien et permet une estimation chiffrée et comparable de la pression développée par le quadriceps.

Test de proprioception passive du genou 

Population-cible 

Sujets sains et gonarthrosiques.

Procédure 

Ce test mesure la capacité du sujet à reproduire activement un positionnement passif de la jambe. Le patient est assis en bord de table, le kinésithérapeute lui fait face. Le kinésithérapeute étend passivement le genou de la position de repos (flexion de 90 °) à l’une des trois positions de test : flexion de 70 °, 45 ° ou 20 ° (angle de référence)

Le sujet maintient et visualise mentalement cette position pendant cinq secondes. Après être revenu à la position de repos et s’être relâché pendant trois secondes, le sujet est invité à reproduire activement & précisément l’angle de référence et à le maintenir pendant cinq secondes (angle reproduit). Aucun commentaire n’est fourni. 

Après familiarisation (une répétition), le sujet effectue ce test deux fois dans chacune des trois positions dans un ordre aléatoire.

Un inclinomètre de type Rippstein est fixé sur la face antéro-médiale de jambe.

La différence absolue entre l’angle de référence et l’angle reproduit, soit l’erreur de repositionnement, en degrés, mesure la précision proprioceptive du sujet. 

Valeurs 

BoussoleL’erreur de repositionnement moyenne des six tests ensemble (trois positions de test reproduites deux fois) est de l’ordre de 6°(3°).  Elle ne semble pas différente entre sujets sains et gonarthrosiques. 

Fiabilité 

La fiabilité inter-examinateurs est bonne à très bonne (ICCs de 0,70-0,95 chez les patients, ICCs de 0,65-0,85 chez les témoins sains). Une erreur de mesure de 2 ° (SEM 1 °) a été rapportée lors de la mesure du KJPS dans plusieurs positions de test et lors du calcul de l’erreur moyenne de repositionnement. Un changement minimal détectable supérieur à 4 °est nécessaire pour considérer un changement réel. 

Références bibliographiques  Population Moyenne Écart-type ICC mini ICC max ESM CMD
Baert 2018 Gonarthrosiques /sujets sains 0,7 0,95

Test de proprioception active du genou (Knee force sense test ou KFST)

Population-cible 

Sujets sains et gonarthrosiques.

Procédure 

Ce test mesure la capacité du sujet à reproduire activement une force isométrique précise du quadriceps. Le patient est assis en bord de table, le kinésithérapeute lui fait face. Dans un premier temps, le sujet effectue deux contractions volontaires maximales du quadriceps afin de déterminer sa 1RM (en Newtons). 

Dans un deuxième temps, il lui est fait observer à quoi correspondent 25%, 50% ou 75% de la 1RM, le kinésithérapeute opposant à la force du quadriceps la résistance isométrique correspondante, mesurée à l’aide d’un capteur de force manuel de type Microfet 2 Biometrics ®. Le capteur est appliqué juste au dessus des malléoles. 

Le sujet maintient et visualise mentalement cette force pendant cinq secondes (force de référence). 

Après dix secondes de relâchement, le sujet est invité à reproduire ces forces, dans un ordre aléatoire, indiquant à quel moment il pense résister à 25%, 50% ou 75% de la 1RM (force reproduite). 

Aucun commentaire n’a été fourni. La différence absolue entre la force de référence et la force reproduite (erreur de reproduction) mesure la précision proprioceptive active.

BoussoleValeurs 

L’erreur de reproduction moyenne des six tests ensemble (trois valeurs cibles réalisées deux fois) est de l’ordre de 20° avec un écart-type de l’ordre de 10°.

Fiabilité 

Elle est médiocre à passable en inter-examinateurs, médiocre à très bonne en intra-examinateur, pour les sujets sains comme pour ceux souffrant d’une gonarthrose. 

Mesures

Mesure de la force du quadriceps au pèse-personne

Objectifs

Il s’agit de comparer la force du quadriceps du côté pathologique de celle du côté sain.  

Procédure 

Le patient est allongé en décubitus bout de table, le genou sur un coussin circulaire dur. Le thérapeute à ses pieds se pèse « à vide » sur une balance. Il demande au patient une contraction contre résistance manuelle isométrique maximale. La force du quadriceps est estimée à partir de l’allègement du poids du thérapeute, comparée avec le côté opposé et exprimée en pourcentage des valeurs obtenues du côté sain. 

BoussoleValeurs 

La force du muscle sain est de l’ordre de 15 à 20 kgs lorsque le thérapeute applique les deux mains (l’une sur l’autre) au niveau du cou de pied. Il existe des différences de force musculaire entre les membres inférieurs chez les sujets sains, mais elles sont faibles et comparables à l’incertitude de mesure clinique [Lanshammar 2011]. 

Fiabilité 

À l’aide d’un appui à 40% de la hauteur du segment jambier, la fiabilité inter-examinateurs apparait bonne.

Validité 

La mesure est bien corrélée à celle réalisée avec un capteur de pression de type Microfet2© – Biometrics [Bruyneel 2012].

Variante à la poire 

3

4L’appui d’une poire dynamométrique sur le tibia, d’un sphygmanomètre modifié, permettent de noter la pression développée par le quadriceps comme un pourcentage de la pression développée par le quadriceps controlatéral.

5

Mesure centimétrique du volume de la cuisse 

7

Voir le chapitre consacré à l’abord préliminaire du genou.

Mesure de la force des extenseurs du genou en flexion à 90°

1

Procédure 

Le sujet est assis, une chevillère relie par une élingue la jambe à un dynamomètre fixé à la cage de pouliethérapie. La force des extenseurs de genoux, est évaluée à l’aide du dynamomètre, en position assise, genou à 90°. 

BoussoleFiabilité 

La reproductibilité de la mesure est bonne à très bonne avec un capteur de force fixé par une sangle, dans la même position, chez le sujet jeune et sain.

Valeurs

Les valeurs obtenues sont de l’ordre de 50 ± 15 kg pour le quadriceps [Katoh 2009, Roger 2010].

Le Timed Up & Go test 


Références bibliographiques concernant l’abord actif du genou

Al Attar WSA et al. Adding a post-training FIFA 11+ exercise program to the pre-training FIFA 11+ injury prevention program reduces injury rates among male amateur soccer players: a cluster-randomised trial. J Physiother. 2017 Sep 20

Baert, I.A.C. Inter- and intrarater reliability of two proprioception tests using clinical applicable measurement tools in subjects with and without knee osteoarthritis. Musculoskeletal Science and Practice (2017)

Breno de A R Alvares J et al. Four weeks of Nordic hamstring exercise reduce muscle injury risk factors in young adults. J Strength Cond Res. 2017 Apr 26. Article en pré-publication.

Bruyneel AV, Deat P, Boussion L. Évaluation de la reproductibilité du test de force isométrique sur balance et par dynamomètre à pression pour les muscles extenseurs de genou. Kinésithérapie La Revue. Vol 12 – N° 126 – juin 2012 :33-40

Dufour M. Anatomie de l’appareil locomoteur. Tome 1 Membre inférieur 3° édition. Elsevier Masson 2015

Escamilla RF, MacLeod TD, Wilk KE, Paulos L, Andrews JR. Anterior Cruciate Ligament Strain and Tensile Forces for Weight-Bearing and Non–Weight-Bearing Exercises: A Guide to Exercise Selection. J Orthop Sports Phys Ther 2012;42(3):208-220

Fernandes L et al. EULAR recommendations for the non- pharmacological core management of hip and knee osteoarthritis. Ann Rheum Dis 2013;72:1125–35.

Freckleton G, Cook J, Pizzari T. The predictive validity of a single leg bridge test for hamstring injuries in Australian Rules Football Players. Br J Sports Med. 2013 Aug 5.

Hart JM, Pietrosimone B, Hertel J, Ingersoll CD (2010) Quadriceps Activation Following Knee Injuries: A Systematic Review. Journal of Athletic Training: Vol. 45, No. 1, pp. 87-97 

Horstmann H et al. Evaluation of the acceptability of a sphygmomanometer device in knee extension training following surgical procedures of the knee. Int J Orthop Trauma Nurs. 2017 May;25:42-47

Kaminski T et al. Concentric Versus Enhanced Eccentric Hamstring Strength Training: Clinical Implications. J Athl Train. 1998 Jul–Sep; 33(3): 216–221.

Katoh M et al. Test-Retest Reliability of Isometric Leg Muscle Strength Measurements Made Using a Hand-Held Dynamometer Restrained by a Belt: Comparisons during and between Sessions. Journal of Physical Therapy Science. Vol. 21 (2009) , No. 3 

Lanshammar K, Ribom EL. Differences in muscle strength in dominant and non-dominant leg in females aged 20-39 years – A population-based study. Phys Ther Sport. 2011 May;12(2):76-9. 

Loew L et al. Ottawa panel evidence-based clinical practice guidelines for aerobic walking programs in the management of osteoarthritis. Arch Phys Med Rehabil 2012;93:1269–85.

Palmieri-Smith R et al. Pain and Effusion and Quadriceps Activation and Strength. Journal of Athletic Training: Mar/Apr 2013, Vol. 48, No. 2, pp. 186-191.

Roger O. Kollock Jr, James A. Onate, Bonnie Van Lunen (2010) The Reliability of Portable Fixed Dynamometry During Hip and Knee Strength Assessments. Journal of Athletic Training: Vol. 45, No. 4, pp. 349-356.

Troisier O. Diagnostic clinique en pathologie ostéo-articulaire. Paris: Masson; 1990

2 commentaires

  1. Test de proprioception active du genou (Knee force sense test ou KFST)

    Il est noté différence clinique significative de 20° [10°]

    Il s’agit de force donc 20 %?

    J'aime

  2. Les tests de proprioception passif comme actif sont réalisés dans la même étude. Je suppose qu’il s’agit de proprioception passive, parce qu’en actif, la marge d’erreur de mesure est trop grande pour s’en servir : selon les auteurs « Based on our results, we do not recommend the use of KFS test to clinicians. Calculated SEMs range from 4.8N to 22.3N, indicating that clinicians can only be confident that a change in reproduction error in KOA patients (pre and post therapy measurement) is true change when it exceeds 49.5N. » En gros, on ne peut tenir compte des différences que lorsqu’elles excèdent 5 kgs.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s