Les articulations tibio-fibulaires sont limitées


Généralités

Il est communément admis de vérifier la mobilité des articulations tibio-fibulaires supérieures et inférieures en préalable à toute mobilisation de la cheville. 

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Radiographie de profil d’une articulation tibio-fibulaire supérieure

Ceci peut être tempéré : 

  • Les mouvements d’ascension doivent être difficiles à obtenir sur des fibulas dont la surface articulaire regarde franchement vers le haut.
  • La fibula est un os d’une grande flexibilité. L’enraidissement de ses articulations retentit peu sur la mobilité de la cheville.

Il existe des corrélations régionales : 

Tibio-fibulaire supérieure et genou

Cette articulation est dépendante de celle du genou par l’insertion du biceps, du ligament collatéral latéral. Il peut exister, rarement, une communication entre elle et l’articulation fémoro-tibiale. Elle peut être le point de départ de gonalgies postérieures. L’implantation de cette articulation diffère selon les individus : postéro-latérale la plupart du temps, elle peut aussi être franchement postérieure, avec une mobilité vraisemblablement plus limitée. 

Tibio-fibulaire inférieure et cheville

Le défaut de mobilité tibio-fibulaire inférieure est contemporain des entorses latérales de cheville. La pince tibio-fibulaire, complétée par les ligaments tibiaux fibulaires inférieurs, est plus large en avant qu’en arrière. Ce n’est pas une mortaise puisque tibia et fibula ne forment pas un pont osseux. La souplesse de cette pince est entretenue par la dorsi-flexion du pied ainsi que par la souplesse importante en torsion de la fibula.

Observations & signes cliniques

Les techniques d’observations sont souvent les mêmes que celles de traitement.  

Observation de la mobilité tibio-fibulaire supérieure 

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Procédure

Le patient est en décubitus, jambe en crochet. Le praticien est homolatéral à la région à traiter, assis sur la table, face au patient. Passant la main sous le genou du patient, il vient contacter la tête de la fibula par une prise tri-digitale. Tout en limitant le glissement du tibia de l’autre main, il effectue des mouvements de glissement antéro-latéral et postéro-médial de la tibio-fibulaire supérieure. 

Remarques 

  • La région est naturellement douloureuse, le nerf fibulaire contourne le col fibulaire. Utiliser le corps charnu du gastrocnémien latéral comme interface confortable entre index, médius et fibula. 
  • Respecter une direction antéro-latérale à postéro-médiale pour ressentir la mobilité. Elle ne se fait pas dans un plan sagittal strict.

Observation de la mobilité tibio-fibulaire inférieure 

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Objectifs

Il s’agit d’observer la mobilité en glissements de cette articulation, toute limitation étant à traiter par l’accentuation des manœuvres de test. 

Procédure 

Le patient est en décubitus, le kinésithérapeute à ses pieds. Pouce et index d’une main mobilisent la fibula, pendant que le pouce de l’autre main contacte le bord antérieur de l’articulation. La mobilité millimétrique est alors palpable sous le pouce crânial.

L’appui du pouce est souvent problématique de par la souffrance du faisceau antérieur du ligament collatéral latéral, même à un stade séquellaire d’entorse. 

Mobilisations passives de la tibio-fibulaire supérieure

Mobilisation passive en glissement antérieur de la tibio-fibulaire supérieure par prise thénarienne

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Procédure 

Le sujet est en décubitus dorsal, la hanche et le genou fléchis, le pied reposant à plat sur la table. Le kinésithérapeute est situé controlatéralement par rapport à l’articulation à mobiliser ; sa main distale saisit l’extrémité supérieure du tibia afin d’éviter un déplacement vers l’avant et en rotation médiale de cet os. L’autre main s’engage dans le creux poplité et l’éminence thénar vient se placer sur la partie postérieure et médiale de la tête fibulaire. Les doigts des deux mains peuvent venir se croiser sur la face latérale de la jambe. Afin d’assurer une meilleure stabilité de l’ensemble du membre inférieur, le thérapeute peut stabiliser le genou de son thorax. La pression vers l’avant sur la tête fibulaire permet à celle-ci de glisser par rapport au tibia fixe. 

Mobilisation en glissement postérieur de la tibio-fibulaire supérieure avec extension du genou

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Procédure 

Le sujet est en décubitus dorsal. Au départ du mouvement, la hanche et le genou sont semi fléchis. Le thérapeute, situé latéralement par rapport à l’articulation à mobiliser, place l’éminence thénar sur la partie antérieure et latérale de la tête fibulaire ; l’autre main saisit l’extrémité distale de la jambe. Le praticien effectue alors une traction brusque de direction caudale sur la jambe, amenant la hanche et le genou en extension, alors que la main crâniale s’oppose à l’avancée de la fibula par rapport au tibia.

Mobilisation passive en glissement antérieur de la tibio-fibulaire supérieure avec impulsion 

Procédure

Réalisée par my favorite osteopathic teacher !

Le patient est en décubitus, jambe en crochet. Le kinésithérapeute place la 2° articulation méta-carpo-phalangienne de sa main crâniale dans la fosse poplitée du patient, refoule latéralement les tissus mous jusqu’à ce que sa méta-carpo-phalangienne contacte fermement la partie postérieure de la tête fibulaire. La main caudale agrippe la cheville et le pied. La jambe est placée en rotation latérale et flexion jusqu’au ressenti de la restriction articulaire, soit la fermeté du contact entre la méta-carpo-phalangienne de la main crâniale et la tête de la fibula. Une mobilisation passive de grande vitesse et de faible amplitude est alors appliquée sur le tibia, visant à rapprocher le talon de la fesse homolatérale du patient.

Cette manoeuvre souvent traumatisante ne respecte pas la mobilité physiologique de l’articulation. Elle fait classiquement partie des manoeuvres utilisées dans l’abord de l’entorse de cheville [4], mais nous n’avons retrouvé aucune validation isolée dans la littérature.

Variante

Interposer la partie proximale de l’avant-bras à la place de la main crâniale limite l’inconfort de la manoeuvre.

Mobilisations passives de la tibio-fibulaire inférieure

Mobilisation passive de la tibio-fibulaire inférieure en glissement antérieur 

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Procédure 

En présence d’une limitation du glissement antérieur de la fibula, le kinésithérapeute glisse son éminence thénar contractée sous la malléole latérale.

Le pilon tibial est mobilisé verticalement de l’autre main. Sur une table ferme, l’appui antéro-postérieur sur le tibia, la résistance postéro-antérieure sur la fibula entraînent un glissement tibio-fibulaire antérieur.

Variante en procubitus

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Le sujet est en procubitus, la hanche en extension, le genou légèrement fléchi. La partie antéro-médiale de l’extrémité inférieure du tibia repose sur un sac de sable ou sur un coussin non compressible ; le thérapeute maintient cette extrémité par une prise digito-palmaire. Le talon de l’autre main vient s’appliquer sur la partie postérieure de la malléole fibulaire et y applique une force dirigée vers l’avant afin de mobiliser la fibula par rapport au tibia.

Mobilisation passive de la tibio-fibulaire inférieure en glissement postérieur

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Le sujet est en décubitus dorsal. Le kinésithérapeute, en bout de table, contacte le bord antérieur de la malléole latérale avec son éminence thénar. L’autre main stabilise le tibia.

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Le kinésithérapeute exerce une mobilisation antéro-postérieure en se plaçant à l’aplomb du pied, fermant la main sur la malléole latérale.

Variante jambe en crochet 

Le sujet est en décubitus dorsal, plante du pied reposant sur la table. L’avant-pied du patient est fixé d’une main. Le pied est en flexion plantaire afin de permettre une meilleure mobilité de cette articulation, en engageant la partie la plus étroite du talus dans la pince tibio-fibulaire. La prise entre pouce et index de la malléole latérale réalise un mouvement antéro-postérieur.

Validité de ces techniques 

BoussoleDans les entorses de cheville, un déplacement antérieur de l’extrémité inférieure de la fibula, de l’ordre de 3mm est retrouvé [13]. Il peut être simplement dû au gonflement articulaire.

La mobilisation passive rythmique de la malléole latérale améliore la dorsi-flexion passive de cheville sur cadavre [9], mais pour des mobilisations passives cycliques peu compatibles avec un traitement manuel (1000 applications d’une force de 30N, mobilisation passive lente et de grande amplitude correspondant à un grade III selon Maitland).


Références bibliographiques

[9] Fujii M et al. Does distal tibiofibular joint mobilization decrease limitation of ankle dorsiflexion ? Manual Therapy. Volume 15, Issue 1. Janvier 2010. Pages 117-121

[13] Hubbard TJ, Hertel J. Anterior positional fault of the fibula after sub-acute lateral ankle sprains. Manual Therapy. Volume 13, Issue 1, February 2008, Pages 63-67

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