Je me fais épingler par l’éditorialiste qui n’aurait pas épinglé le dry needling dans le JMMT


DSCN0348.JPGA peine posé en pleine campagne les doigts de pieds en éventail au bord de la piscine, en plein 14 juillet, je tombe sur les commentaires de la note du jour : l’auteur du sujet de ma note m’écrit pour me faire part de son courroux : je n’ai pas compris le sens de son éditorial, qui n’est en fait pas du tout critique envers le dry needling. 

Damned ! 

Plutôt flatté de me voir lu illico, je suis par contre fort contrarié d’avoir mal compris cet édito et surtout de propager de fausses nouvelles…

Habituellement, je ne fais pas de notes sur les éditoriaux, parce que, bien sûr, ce ne sont que des opinions, des croyances de rédacteurs. Celle-ci a été publiée uniquement parce que je croyais observer que des auteurs bien impliqués dans le DN et les points-gâchettes commençaient à mettre un bémol dans la véracité de ces pratiques, à douter de leur pertinence.

C’est mon côté ingénu et fleur bleue, on ne se refait pas.

A force de voir passer depuis 10 ans des études remettant en doute l’existence des points-gâchettes, jugeant que piquer la peau des rhumatisants c’est un poil plus efficace que de laisser un patient sur une liste d’attente mais pas plus, que c’est aussi efficace que de manipuler une vertèbre ou masser à l’aide du pouce mais pas plus, qu’il y a quand même quelques effets secondaires malencontreux, je me suis dit :

  • Que l’avantage d’être kinésithérapeute par rapport à d’autres professions c’est de ne pas avoir de dogme et de pouvoir remettre en cause les pratiques passées et 
  • Que c’était bien que le JMMT participe à cette évolution. 

Je suis un beunêt.

Nous avons nous aussi nos chapelles qui ne supportent pas les écrits blasphématoires. 

Je vous met le lien vers l’éditorial. Il introduit un numéro spécial sur le DN, qui ne change pas franchement la donne. Je vous conseille de ne pas vous arrêter à la présence d’une référence bibliographique venant appuyer les dires des auteurs, mais d’aller vérifier de quel type de référence il s’agit et de ce qu’elle dit en réalité : 

  • Un livre, un journal rapportant des propos de praticiens, n’ont pas force de preuve, 
  • Une étude ne concluant pas à la supériorité d’une pratique ne la justifie pas

Il y a 5 ans, j’aurais fait ce travail et épluché un par un ces articles pour pointer du doigt les faiblesses du discours. Aujourd’hui je m’en fous. Chacun fait ce qu’il lui plait.

Je crois que mon boulot consiste uniquement à brutaliser sans douleur l’appareil musculo-squelettique du patient pour persuader son cerveau que la région trop sensible est en bonne santé. Parfois, une inhibition descendante d’origine centrale en résulte, de façon transitoire ou durable. Parfois pas. Point barre. 

Je pense que toutes les méthodes, concepts, pratiques sont basées sur ce principe et que les formateurs perdent leur âme à vouloir complexifier le message. Mais je comprends parfaitement pour quelle raison ils le font. 

Il fait très beau. KiNotes est un blog personnel qui n’a rien à vous vendre. Le jour se lève sur la campagne.

Le reste…

2 commentaires

  1. « La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information »
    Albert Einstein

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  2. Il faut du courage pour admettre qu’on a fait une erreur et la rectifier.

    Pour être honnête, après avoir vu le commentaire de John Quintner qu’il a sobrement appelé « Needlegate », je pensais que Dommerholt épinglait vraiment le DN jusqu’à ce que je lise l’éditorial.

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