Manoeuvres de repositionnement et VPPB

VPPB8

Une revue systématique

Note publiée originellement le Dimanche 8 Mai 2011

Le but de cette revue systématique est de déterminer si des patients diagnostiqués comme présentant un vertige paroxystique bénin aux dépends du canal postérieur et traités par manœuvres de repositionnement voient la résolution de leur problème au test de Dix-Hallpike 24 heures ou plus après traitement. 

Dans 2 études contrôlées randomisées en double-aveugle, il est indiqué que la résolution est 22 IC95%[3,41 – 141.73] fois et 37 IC95%[8.75-159.22] fois plus importante après manœuvre de repositionnement qu’après manœuvre placebo. Impressionnant… 

Les auteurs dissertent sur la meilleure façon de faire (procédure de repositionnement ou manœuvre libératoire, auto-traitements, combinés ou isolés au traitement par un praticien) [Helminski 2010]. 

Globalement :

Les procédures de repositionnement canalaires sont plus efficaces qu’un traitement placebo dans la prise en charge du VPPB lié à une perturbation du canal postérieur.

Il n’y a pas de différence significactive entre la manoeuvre libératoire de Semont et la manoeuvre de repositionnement d’Epley en terme d’efficacité.

Si elles sont convenablement enseignées au patient, les techniques d’auto-traitement sont efficaces.

Le traitement le plus efficace est une combinaison de manoeuvre d’Epley et d’auto-traitement de cette même manoeuvre enseignée au patient.

Auto-traitement 

Ci-dessous les vidéos en annexe de l’article de Neurology illustrant les auto-traitements de la manoeuvre de Semont et d’Epley [Radtke 2004].

 


La manoeuvre de repositionnement d’Epley dans le VPPB. Application des preuves expérimentales à la pratique quotidienne

Note publiée originellement le Samedi 4 Octobre 2014

Un article dans Physical Therapy décrit comment adapter sa pratique, à partir de l’actualisation des connaissances (Linking Evidence and Practice). La prise en charge d’un patient sert d’illustration. Vous trouverez les références bibliographiques des affirmations sous-jacentes dans l’article. 

Vous y trouverez des vidéos provenant du NEJM (New England Journal of Medecine) illustrent les tests et manoeuvres en fonction des atteintes, avec visualisation du mouvement des otoconies (à consommer en prenant son temps). 

Manoeuvres pour diagnostiquer et traiter un VPPB (NEJMvideo)

De quoi parle t’on ?

Le vertige positionnel paroxystique bénin est un trouble mécanique de l’oreille interne provoqué par la stimulation anormale de 1 ou plusieurs des trois canaux semi-circulaires. Les otoconies sont déplacées de l’utricule et s’installent dans une des trois canaux semi-circulaires, ce qui change la dynamique de la circulation endolymphatique. 

Le changement de pression du fluide dans la cupule fait dévier les cellules ciliées, et génére un nystagmus oculaire caractéristique. 

Physio-pathologie

Il existe 3 mécanismes de VPPB, le plus courant étant la situation de débris dans le bras long du canal endolymphatique ; ce mécanisme est appelé lithiase canalaire. Les débris peuvent également être trouvés dans le bras court du canal ou fixé à la cupule, lestant la membrane ; ce mécanisme est appelé lithiase cupulaire. 

Le canal le plus souvent en cause est le canal semi-circulaire postérieur. 

Diagnostic

Le diagnostic de VPPB est basé sur l’interrogatoire et les résultats des tests positionnels. Les patients qui se plaignent de vertiges en étant couchés ou au saut du lit sont 4,3 fois plus susceptibles d’avoir un VPPB. Le test de Dix-Hallpike et le test en couché latéral sont les tests habituels pour évaluer le canal postérieur. Une comparaison n’a révélé aucune différence significative entre les deux tests. 

Les critères de diagnostic du VPPB lié à un problème de canal postérieur sont des vertiges associés à la torsion caractéristique du nystagmus (pôle supérieur de l’œil dirigé vers l’oreille la plus basse, à savoir, l’oreille concernée) et battements vers le haut, avec un temps de latence de 1 à 45 secondes avant le début et une durée de moins de 60 secondes, s’épuisant avec la répétition du positionnement. 

Validité des tests

La sensibilité du test Dix-Hallpike est estimée à 79% IC95%[65-94], et la spécificité est de 75% IC95%[33-100]. Pour le test en latéro-cubitus, la sensibilité est estimée à 90% IC95%[79 -100] et la spécificité est de 75% IC95%[34 -100). 

Traitement 

Une fois identifié, le VPPB peut être traité efficacement par une manœuvre de repositionnement des particules, comme le canalith repositioning maneuver (CRP) décrite par Epley. 

Le CRP est une série de 4 positions de tête utilisant les effets de la gravité pour déplacer la lithiase canalaire. Avec chaque position de tête, les débris se déposent dans la plus basse portion du canal, loin de l’ampoule, dans le bras commun, puis dans l’utricule. A chaque changement de position (étapes 2 à 4), le mouvement des débris à travers le canal et loin de l’ampoule peut créer des changements de pression à travers la cupule, générant un nystagmus, dont la direction peut prédire le succès de la manœuvre (?). 

La vidéonystagmographie doit être utilisée pour surveiller le nystagmus en réponse au mouvement des débris à travers les canaux. 

Posologie 

La procédure est répétée au moins 3 fois dans une session de traitement : la répétition du CRP plus d’une fois est beaucoup plus efficace qu’une manoeuvre isolée. 

Pour déterminer les résultats de la CRP, le test de Dix-Hallpike doit être pratiquée de façon optimale plus de 24 heures après le traitement. 

Le résultat positif est défini par l’absence de nystagmus positionnel paroxystique bénin et de vertige associé. 

Efficacité

Une revue systématique Cochrane mise à jour a recherché les preuves d’efficacité de la CRP par rapport à d’autres traitements ou à une absence de traitement pour les personnes atteintes de canal postérieur VPPB. 

L’examen a rapporté les résultats de 5 essais randomisés portant sur 292 adultes avec un diagnostic clinique de canal postérieur VPPB basé sur les signes décrits par le patient et un résultat positif au test Dix-Hallpike. Le résultat de la CRP a été comparée à une absence de traitement dans une étude ou un traitement placebo dans les 4 autres études. 

Les traitement placebo consistaient à placer le patient en position couchée sur le côté affecté pendant 5 minutes, première position latérale de la manœuvre libératoire, ou a effectuer la CRP comme si l’oreille opposée était touchées. 

Le risque global de biais a été évalué faible pour 4 essais mais n’a pas pu être déterminée pour 1 essai. 

Le regroupement des données ont montré une différence statistiquement significative dans la résolution des symptômes et de la normalisation du test de Dix-Hallpike en faveur de la CRP. 

À court terme (moins d’un 1 mois), le taux de résolution des symptômes subjectifs pour les patients traités avec le CRP étaient de 32% à 80%, ceux obtenus avec le traitement placebo étaient de 10% à 34%, celle obtenue avec le contrôle était de 35%. 

Les chances en faveur de la résolution complète des symptômes subjective étaient 4,42 IC95%[2.62-7.44] avec le CRP qu’avec le traitement placebo ou le contrôle. 

L’ampleur de l’effet thérapeutique de la CRP par rapport à celle du traitement contrôle était significative dans les 5 études. 

Les chances de modifier favorablement le test de Dix-Hallpike étaient 6,40 fois plus élevées avec la CRP qu’avec le traitement contrôle. 

Complications 

Il n’y avait pas rapporté des effets indésirables ou de complications graves de traitement (les complications rapportées comprenaient l’incapacité à tolérer des positions en raison de dysfonctionnements du rachis cervical, des vomissements pendant le traitement, des nausées et des évanouissements). 


Références bibliographiques

Janet O. Helminski et al. Effectiveness of the Canalith Repositioning Procedure in the Treatment of Benign Paroxysmal Positional Vertigo. PHYS THER October 2014 94:1373-1382; published ahead of print June 5, 2014, doi:10.2522/ptj.20130239

Janet Odry Helminski, David Samuel Zee, Imke Janssen, and Timothy Carl Hain. Effectiveness of Particle Repositioning Maneuvers in the Treatment of Benign Paroxysmal Positional Vertigo: A Systematic Review. Phys Ther May 2010 90:663-678

Article disponible en ligne

Radtke A, von Brevern M, Tiel-Wilck K, et al. Self-treatment of benign paroxysmal positional vertigo: Semont maneuver vs Epley procedure. Neurology. 2004;63:150–152

Article disponible en ligne

 

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