L’extension cervicale active est limitée


person wearing gold colored rings holding head
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Généralités 

Architecture des extenseurs du cou

1Ils sont organisés en quatre plans [38] : 

1- Élévateur de la scapula (extension, inclinaison latérale et rotation homolatérale) et trapèze supérieur (extension, inclinaison latérale et rotation controlatérale)

2- Splénius de la tête (extension, inclinaison latérale et rotation homolatérale) 

3- Semi-épineux de la tête (extension, inclinaison latérale)

4- Semi-épineux du cou, multifide et rotateurs, pour le rachis cervical inférieur (extension, inclinaison latérale et rotation controlatérale). Petit et grand obliques postérieurs, obliques supérieur et inférieur (activé en rotation homolatérale comme controlatérale) pour le rachis cervical supérieur. 

Activité électro-myographique des extenseurs cervicaux selon Bouisset [3]. 

MUSCLES CERVICAUX EXT IL ROT HOMO ROT  CONT
Grand droit postérieur + + +
Petit droit postérieur + + +
Oblique inférieur + +
Splénius de la tête +++ +++
Splénius du cou +++ +++  +++
Dentelé postérieur et supérieur + + +
Elévateur de la scapula +
Semi-épineux de la tête ++ ++
Longissimus capitis ++ ++ ++
Spinaux superficiels ++ ++ ++
Multifide  ++ ++ ++
Inter-transversaires ++ ++

Anatomie des extenseurs profonds du cou 

Les muscles les plus profonds des régions cervicales et cranio-cervicales sont considérés comme muscles posturaux en raison de leurs bras de levier relativement petits, des attaches aux vertèbres adjacentes et d’une proportion élevée de fibres rouges, toniques.

Le semi-épineux du cou

Ses fibres proviennent des processus transverses de T1 à T5 / T6 et s’insèrent sur les processus épineux de C2 à C5 / C7 respectivement. Le muscle forme, avec le multifide et les rotateurs, le muscle transverso-spinalis. 

cropped-boussole-6.pngSon activité est réduite et moins définie chez les patients souffrant de douleurs cervicales, indiquant une perturbation du contrôle moteur de ce muscle [38], des contractions anarchiques et aberrantes [37]. 

Le multifide cervical

Il peut être divisé en deux couches. 

1- La couche superficielle se compose de trois bandes de fascicules provenant des capsules articulaires postérieures de C4 / C5 à C6 / C7, tous insérés sur le processus épineux de C2. 

2- La couche profonde, plus postéro-médiale, provient des capsules articulaires et s’insère sur les lames supérieures : les fascicules provenant de C4 / C5 se terminent sur C2, ceux de C5 / C6 sur C3 et ceux de C6 / C7 sur C4. 

Les sarcomères du muscle seraient, comme en région lombaire, à une longueur optimale dans une posture légèrement fléchie, posture préférable pour leur travail. 

Le multifide a une insertion directe sur les capsules articulaires cervicales, corroborant son rôle hypothétique dans les cervicalgies aiguës et dans le contrôle postural [1]. 

Pathologies des extenseurs profonds du cou

Modification de leur structure lors de la cervicalgie

cropped-boussole-6.pngComme au niveau lombaire, il est supposé que les muscles profonds soient sidérés dans une cervicalgie chronique et d’une section moindre que chez le sujet sain. La petitesse des structures ne permet pas aujourd’hui de se prononcer sur ces faits autrement que de façon contradictoire. Cependant, la dégénérescence graisseuse des muscles profonds, autre facteur retrouvé en lombaire, est observée dans le semi-épineux et le multifide après cervicalgie attribuée à un fléau cervical, de façon significativement plus importante que dans une autre cervicalgie commune. Elle est fortement liée à la sensibilité au froid. Son association avec de fortes douleurs et d’importants états de stress est un facteur de pérénisation des symptômes. Des taux d’infiltration graisseuse égaux ou supérieurs à 20% permettent la prédiction d’un pronostic défavorable à 3 mois [11]. 

Traitements

Précocité de la prise en charge active dans une cervicalgie non traumatique

Les techniques actives ont fait la démonstration de leur efficacité, a contrario des techniques cervicales passives.

Même après une cervicalgie attribuée à un fléau cervical, rien n’empêche l’actif immédiat…

3

Rien n’oblige un kinésithérapeute à débuter sa prise en charge par un abord passif, à ne pas utiliser d’abord le muscle pour mobiliser l’articulation qu’il croise, à ne pas utiliser sa contraction pour inhiber celle de son antagoniste supposé limiter le mouvement, si ce n’est le poids des habitudes.

Prise en charge des extenseurs profonds

cropped-boussole-6.pngLeur prise en charge active est recommandée le plus tôt possible et non après la fin des douleurs, ce qui est un non-sens. Les contractions contre faible résistance les recrutent préférentiellement : 20% de la contraction maximale volontaire (CMV) les sélectionne préférentiellement, comparativement à 50 ou 100% de la CMV, intensité où la contraction des muscles superficiels prédomine [23] 

Observations & signes cliniques

Observation de l’extension globale du cou 

Les extenseurs profonds permettent des mouvements angulaires d’extension du rachis. Les exenseurs superficiels induisent des mouvements linéaires et permettent la translation postérieure de la tête.

Procédure 

Afin de mettre en évidence les parts respectives des extenseurs profonds et superficiels dans l’extension du cou du sujet assis, lui demander de regarder le plafond en arrière le plus loin possible, sans bouger les épaules. L’extension sous-occipitale doit survenir plus rapidement que l’extension inférieure du rachis. Les sujets plus âgés auront mal et seront limités dans leur mouvement parce qu’ils sont déjà en translation antérieure.

Observation de l’extension cervicale active en quadrupédie

Il s’agit d’observer s’il existe une dissociation entre l’extension active cervicale supérieure et inférieure. 

Procédure 

Le patient est en quadrupédie pour stabiliser activement ses ceintures scapulaires. Il reçoit l’instruction : «imaginez que vous avez un livre posé au sol entre les deux mains. Fléchissez la tête et le cou le plus loin possible puis étendez le cou le plus loin possible en gardant le regard sur le livre». Pour ce faire, le patient doit réaliser une extension cervicale inférieure en gardant la flexion cervicale supérieure, ce qui revient à solliciter ses extenseurs profonds, qui n’étendent que le cou, alors que les extenseurs superficiels étendent le cou et la tête.

Valeurs 

Le test est positif si le patient est incapable d’atteindre de l’ordre de 20° d’extension cervicale en gardant la région cervicale supérieure en position neutre. Il utilise alors excessivement  les muscles cervicaux superficiels en translatant la tête en dorsal, grâce au travail du semi-épineux de la tête et en rentrant le menton.

cropped-boussole-6.pngFiabilité 

La fiabilité inter-examinateurs est bonne k = 0.67 IC95%[0.33–0.95] [39] 

Validité 

 Le test apparaît plus fréquemment positif chez les sujets cervicalgiques [39].

Mesures 

Mesure échographique de la section des muscles postérieurs du cou

Procédure 

2

Afin d’évaluer la section du grand droit postérieur de la tête (GDP), des extenseurs cervicaux (EC), du semi-épineux de la tête (SET), le patient est placé en procubitus, la tête dans le trou de la têtière, en légère flexion. 

Le grand droit postérieur est situé entre le processus épineux vestigial de C1 et la ligne courbe semi-circulaire inférieure. Il est en profondeur des autres. Le processus épineux de C2, identifié à la palpation, sert de repère osseux. La sonde déplacée latéralement permet d’identifier la lame de C2, donc celle de C1 au-dessus. 

Pour le multifide cervical, le semi-épineux du cou et les rotateurs, C7 sert de repère pour identifier les articulaires C5-C6 la sonde étant verticale, puis elle est à nouveau placée horizontalement. L’insertion latérale du multifide sur la facette articulaire et la capsule est identifiée. L’épaisseur est mesurée entre deux lignes échogènes identifiant le fascia postérieur et C5. C4 sert de repère ensuite pour localiser le semi-épineux du cou et de la tête.

cropped-boussole-6.pngFiabilité 

La fiabilité inter-examinateurs est bonne pour le muscle SET et modérée voire pauvre pour les muscles GDP et EC, plus profonds [28]. 

L’intérêt de cet examen est encore fortement discuté. Plusieurs facteurs sont limitants, comme la normalisation des repères, la connaissance de l’anatomie et la fonction du muscle cible, le repérage précis des limites musculaires [14]. 

Mesure de la force des extenseurs au capteur de pression 

Elle ne permet pas de dissocier le travail des muscles profonds et superficiels. Il est vraisemblable que ces derniers soient prépondérants dans les forces développées. 

Procédure 

A l’aide d’un capteur de force (ex. MicroFET Hand-Held Dynamometer ®), sur un sujet assis, il est possible de déterminer en Newtons la force isométrique des fléchisseurs ou des extenseurs, à l’aide d’un appui sur le front ou la face postérieure du crâne. A défaut de ce type d’instrument, un tensiomètre modifié permet, selon le même principe de quantifier la force maximale isométrique, mais ses indications sont en millimètres de mercure (mmHg).

cropped-boussole-6.pngValeurs 

Globalement, la force décroît en allant de l’extension à la flexion, avec un rapport flexion / extension de l’ordre de 0,55 chez les femmes, 0,73 chez les hommes [18]. Il ne semble pas y avoir de variations majeures en fonction des âges et une faible corrélation entre stature et force [4, 34]. Les hommes sont 1,2 à 1,7 fois plus forts que les femmes [4].

Les cervicalgiques pourraient sur-estimer la force isométrique déployée, a contrario des sujets sains qui ont plutôt tendance a sous-estimer leurs capacités [ Li 2019].

Valeurs moyennes de force isométrique 

Valeurs moyennes en N (e-t) (sujets sains assis) N Flexion M Flexion F Extension M Extension F Rotation F Inclinaison Latérale gauche M Inclinaison latérale gauche F
Chiu (2002) 91 90 68 98 74
Kumar (2001) 40 57(14) 30(11) 79(21) 56(16) 60(17) 40(12)
Salo (2006) 220 74 (20) 190 (30) 8(2)

cropped-boussole-6.pngFiabilité

La fiabilité inter-examinateurs est bonne à excellente, mais sur des dispositifs expérimentaux et non cliniques [18].

Test d’endurance des extenseurs (Sorensen cervical)

La mesure est globale; elle ne dissocie pas les extenseurs superficiels des profonds, les premiers ayant vraisemblablement une part plus importante dans le maintien de la posture contrainte.

Procédure 

Le patient est en procubitus la tête en débord de table, les bras le long du corps. Il est sanglé de façon à stabiliser la cage thoracique. Un inclinomètre est maintenu sur l’occiput à l’aide d’un bandeau circulaire en velcro. Un fil à plomb est attaché au bandeau ; il affleure le sol. Le patient est invité à se placer en double-menton et à maintenir le plomb à distance du sol.

Le test est arrêté si le patient ne peut maintenir la tête dans cette position, ou s’il étend de plus de 5° la tête (perte du double-menton) pendant au moins 3 secondes, ou s’il désire arrêter. Après le test, il est invité à rester une minute en procubitus tête sur la table.

Variante 

Dans la même position, un poids de 2 kg pend à une bande Velcro à partir du milieu de la face postérieure du crâne. Il affleure le sol sans le toucher. Le sujet est invité à maintenir la position le plus longtemps possible, sans bouger. L’endurance est mesurée en secondes. 

cropped-boussole-6.pngValeurs

L’endurance moyenne est de l’ordre de 250 ± 150 secondes (étendue de 50 à 660 secondes) chez les patients cervicalgiques. Elle apparait plus importante chez les hommes [29].

Fiabilité

Il est réputé reproductible [9]. 

Endurance des extenseurs au Sorensen cervical sans lest [20]

Patients  Moyennes(écart-type) en secondes
Cervicalgiques en traitement  350,4 (199,3)
Antécédents cervicalgiques 480,8 (167,8)
Sujets témoins 608,3 (39,9)

Validité 

cropped-boussole-6.pngLa tête lestée d’un poids de 2 kgs, les valeurs sont en moyenne de 165 secondes (espace interquartile entre 111 et 240s) pour les sujets cervicalgiques, comparées à 228 secondes (écart inter-quartile entre 190 et 240 s) pour les sujets sains [10]. 

Le test est considéré comme un indicateur précoce du risque de cervicalgie pour Lee, ne l’est pas pour Edmonston [20, 10]. 

La corrélation apparait moyenne avec l’endurance des fléchisseurs, l’EVA, le Neck Disability Index [29]. 

Variante destinée à différentier l’endurance des muscles profonds 

Le patient est en procubitus, tête en dehors de table, les membres supérieurs le long du corps. Il est sanglé à la hauteur de T6. Le front repose sur un tabouret. Une sangle Velcro circulaire est posée sur le crâne, à la hauteur des oreilles. Un pointeur laser est fixé sur la sangle à la hauteur du regard. Une charge externe (2 kg pour les sujets féminins, 4 kg pour les sujets masculins) est posée sur la partie postérieure du crâne. Chaque participant est invité à maintenir un double menton. Le test débute lors du retrait du tabouret. Il se termine lorsque la tête dévie de la position de départ de plus de 5° pendant au moins 5 secondes, voire moins de 5 secondes si la déviation survient plus de 5 fois. Le déplacement angulaire est calculé à partir du déplacement linéaire du faisceau laser sur le sol, grâce à une conversion trigonométrique. Cela permet de déterminer en temps réel les seuils requis de déplacements angulaires de la tête. Le test était interrompu en présence de douleur ou d’inconfort majeur, ou au bout de 10 minutes.

Le temps de maintien maximal en position de double menton est considéré comme indiquant l’endurance globale des extenseurs. La survenue d’une extension lors du test est considérée comme la limite de l’endurance des extenseurs profonds.

La déviation en dehors de ces valeurs angulaires en flexion globale du cou ou en extension est considérée comme traduisant une altération globale des extenseurs ou une altération localisée aux extenseurs profonds.

cropped-boussole-6.pngFiabilité 

La fiabilité du test est modérée en inter-examinateurs [16]. 

 

Mesure élective de la force isométrique du semi-épineux du cou

Population-cible

Cervicalgiques chroniques entre 18 et 60 ans.

Procédure

La force des extenseurs du cou est mesurée en procubitus, la tête dans le vide, les épaules en bord de table. Une sangle en velcro fixe la colonne vertébrale supérieure à la table. Le sujet est invité à garder la tête en position neutre.

Le kinésithérapeute place le dynamomètre portatif sur l’arc vertébral de la deuxième vertèbre cervicale, pour favoriser l’activation du muscle semi-épineux du cou, et applique une force verticale. Le sujet résiste en extension.

La prise de mesure doit être en deçà d’un réveil de la douleur cervicale.

Valeurs (de l’ordre de)

Un seul test de force maximal est réalisé afin de minimiser une potentielle perte de force avec augmentation de la douleur cervicale liée à la répétition.

La mesure est effectuée sans provocation de douleur au cou.

Force isométrique mesurée en kg Avant traitement Après 6 semaines de traitement 3 mois après
Extenseurs 4.5 ± 0.4 5.2 5.2

Apparemment, la force se maintien 1,5 mois après traitement [Suvarnnato 2019].

Fiabilité 

?

Traitements  

Diagonale de sollicitation dynamique des agonistes de la convergence cervicale

Il s’agit d’un mouvement en chaine série, qui nécessite de la précision de la part du patient pour obtenir le mouvement désiré, étage par étage, grâce à la précision des prises manuelles du kinésithérapeute.

4
Position de départ

La technique permet, à des degrés divers, de mobiliser une articulaire postérieure limitée en convergence passive, de lever la sidération des extenseurs profonds du rachis, d’obtenir l’indolence par la répétition du mouvement douloureux et le dosage de la résistance, de majorer la qualité et la précision de l’activité musculaire.

Procédure 

Le patient est en décubitus, le kinésithérapeute assis à sa tête.

5
Position d’arrivée

Soit un refus de convergence des zygapophyses droites. En partant d’une position de divergence complète, ici à droite, soit en flexion inclinaison latérale gauche et rotation gauche, la main droite du kinésithérapeute sollicite les extenseurs droits à l’aide d’un appui sur la région occipito-mastoïdienne droite. La main gauche du kinésithérapeute accompagne et guide le mouvement en stabilisant la tête du sujet. Demander un mouvement dynamique en diagonale contre-forte résistance en portant le regard vers le haut, l’arrière et la droite, jusqu’à convergence droite maximale, à plusieurs reprises.

Il s’agit ni plus ni moins qu’une diagonale de Kabat…

Variante patient assis 

6
Position de départ

Soit une limitation en convergence à droite. Patient assis sur une table basse, le kinésithérapeute prend sous son épaule gauche la tête du patient, en « turban ». Sa main repose largement sur la face latérale droite et postérieure du rachis cervical. Son buste est en contact avec l’épaule gauche du patient.

Après avoir expliqué le mouvement demandé au patient (description d’une diagonale allant de la flexion inflexion latérale et rotation gauches à l’extension inflexion latérale et rotation droites), demander au sujet de se redresser, de manière à focaliser le mouvement sur la région cervicale.

7
Position d’arrivée

Faire réaliser le mouvement contre-résistance manuelle plusieurs fois. Tester à la recherche d’une normalisation des signes de limitation. Vérifier l’indolence auprès du patient.

Variante kinésithérapeute en arrière du patient

Pour une limitation en convergence droite, patient assis, le kinésithérapeute peut se placer en arrière de lui, en opposant une résistance manuelle à la région occipito-mastoïdienne droite en direction crâniale, ventrale et médiale et en proposant un contre-appui antérieur sur l’épaule opposée, ici gauche. Le patient réalise un travail dynamique contre forte résistance dans toute l’amplitude des splénius du cou et élévateur de la scapula droits. Il est limité à la région cervicale grâce au contre-appui thoracique.

Variante en procubitus

La encore, il s’agit de réaliser un travail en diagonale, inspiré du Kabat, de la flexion / inclinaison latérale / rotation gauches à l’extension inclinaison latérale / rotation droites.

Le sujet est en procubitus, accoudé à la table. Le kinésithérapeute est à hauteur de l’épaule gauche du patient. L’épaule droite est stabilisée par sa main gauche, la tête du patient est amenée sous son épaule gauche en flexion inclinaison latérale et rotation homolatérale par un appui occipito-temporal de la main droite. Il est demandé au patient  de regarder le plafond vers le haut et la droite. 

Sollicitation préférentielle du semi-épineux du cou

1a
Photos provenant de l’article. Sollicitation du semi-épineux du cou à G.

Il est nécessaire de différentier le travail des muscles profonds par la localisation de la résistance.

Procédure 

Patient assis adossé ou en procubitus en appui des coudes sur la table pour fixer la ceinture scapulaire. Le rachis cervical supérieur maintenu en flexion par un double-menton actif, le patient est invité à résisté contre l’appui du kinésithérapeute sur le processus épineux de C2, stabilisé entre pouce et index.

Validité

L’ électro-myographie intra-musculaire montre sur des patientes cervicalgiques chroniques qu’il est nécessaire de placer la résistance en C2 pour ne pas être parasité par le splénius de la tête [36].

cropped-boussole-6.pngL’exercice permet une amélioration significative du NDI et de la force des extenseurs du cou, pour une posologie compatible avec la clinique (10 secondes de contraction isométrique indolore, répétées dix fois par série, à raison de 3 séries par séance et 30 secondes de repos entre chaque série. Deux séances par semaine sur 6 semaines) . Son effet est comparable à celui du travail des fléchisseurs profonds sur des cervicalgiques chroniques [Suvarnnato 2019]

Variante en quadrupédie 

Travail intense en chaîne parallèle d’extension 

Une fois s’être assuré de la capacité des extenseurs profonds à réaliser une extension pure contre faible résistance par les exercices précédents, il convient de les renforcer. 

Procédure 

Le patient est face à un mur. Les deux mains, posées à plat sur le mur, maintiennent une bande élastique de type Theraband ® enserrée par son milieu entre les dents du patient. Une extension cervicale est demandée, avec ou sans composante supplémentaire de rotation. Le maintien buccal de la bande induit le double menton, donc la translation postérieure. La participation des extenseurs superficiels est limitée par le double-menton [30].

Travail isométrique assis du multifide cervical 

L’infiltration graisseuse des multifides cervicaux est susceptible d’être modifié par la rééducation (modification du rapport entre fibres musculaires et graisse à la section). 

Procédure 

Un dispositif expérimental permet des mesures dynamométriques isométriques et isotoniques en flexion / extension cervicale, comme en flexion / extension cranio-cervicale. La moyenne de force maximale volontaire est recueillie en trois essais.

Posologie 

Un programme standardisé de 10 semaines d’exercices en résistance progressive permet l’abord de 4 secteurs, soit les flexion / extension cervicale à l’aide d’un appui crânien antérieur ou postérieur, extension / flexion cranio-cervicale à l’aide d’un appui mentonnier antérieur ou inférieur. 

Il se fait à raison de 2 séances par semaine, de 30 à 60 minutes par séance, avec une progression de 1 à 3 séries isométriques à 50–70% de la contraction maximale volontaire (CMV) pour les 5 premières semaines. 

À partir de la semaine 6 flexion et extension crânio-cervicales restent en isométrique, mais la flexion et extension cervicale devient isotonique et cible 60 à 80% de la CMV. Cette CMV calculée au départ de la rééducation est ré-évaluée à aux semaines 4 & 8 [41].

Contraction maximale isométrique volontaire en N.m selon Van Wyk 

CMV en course moyenne en N.m Hommes Femmes
Flexion crânio-cervicale 17,42 ± 5,75 9,27 ± 2,29
Extension crânio-cervicale  21,94 ± 6,21 10,98 ± 2,5
Flexion cervico-thoracique  25,43 ± 6,24 12,37 ± 3,12
Extension cervico-thoracique 43,39 ± 10,95 22,7 ± 3,79

cropped-boussole-6.pngValidité 

Des augmentations globales significatives de la section des muscles sont observées pour les fléchisseurs comme pour les extenseurs profonds, mais des réductions significatives du taux d’infiltration graisseuse ne sont observées que dans le muscle multifide. 

Ces changements coïncident avec une augmentation de la force musculaire et une réduction des déficits [24]. 

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Sans titreSuvarnnato T, Puntumetakul R, Uthaikhup S, Boucaut R. Effect of specific deep cervical muscle exercises on functional disability, pain intensity, craniovertebral angle, and neck-muscle strength in chronic mechanical neck pain: a randomized controlled trial. J Pain Res. 2019 Mar 7;12:915-925. doi: 10.2147/JPR.S190125.

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