Ondes de chocs et gonarthrose


Deux articles parus ce mois-ci sur le sujet. Une étude contrôlée randomisée et une revue systématique.

La première indique des effets thérapeutiques très modestes (p < 0,05) et laisse penser que le cartilage peut être abimé par 4 séances d’ondes de chocs, ce qui est plutôt inquiétant.

La revue systématique considère que l’effet thérapeutique des ondes de chocs sur une gonarthrose est majeur et fortement bénéfique.

Qu’en penser du coup ?

Raisonnablement, vouloir percuter le cartilage fémoral déjà fort abimé d’un gonarthrosique, je ne vois pas quelle justification thérapeutique on peut trouver à la manœuvre. Faire du bruit sur une articulation pour conforter le cerveau du patient sur la non-fragilité de «son» genou ? Il se trouve que justement ce genou est fragile. Abimer un cartilage qui l’est déjà plutôt que favoriser la sécrétion synoviale par une activité en décharge sans contrainte ? Comprend pas l’intérêt.

Population-cible

Patients gonarthrosiques avec une classification radiologique Kellgren-Lawrence de stade II ou III.

Matériel 

Swiss DolorClast ®. Sonde de 15 mm.

Indicateurs 

EVA, indices WOMAC et Lequesne au début, 5 et 12 semaines après le traitement. L’IRM pour mesurer les altérations cartilagineuses.

Procédure 

1
Le genou est l’une des rares articulations où l’on peut palper les surfaces articulaires. De là à les percuter ?

Le patient est en décubitus, le genou fléchi à 90 °. Le physiothérapeute repère à la palpation les points douloureux et les limites fémoro-patellaires et tibio-fémorales. 

La peau en contact avec la sonde est recouverte de gel pour ultrasons. Un maximum de 4 points douloureux sont traités, en évitant les structures vasculaires et neurales.

Les paramètres de traitement comprennent un total de 2000 impulsions à la fréquence de 8 Hz pour une pression pneumatique de 2,5 bars. Les 1000 premières impulsions sont réparties uniformément sur les points douloureux. Les autres impulsions sont réparties sur les rebords fémoro-patellaires et fémoro-tibiaux. 

Aucune anesthésie locale ou autre antalgie n’a été utilisée.

Posologie 

4 séances en 4 semaines.

Validité 

BoussoleComparativement à un groupe contrôle recevant un simulacre d’ondes de chocs (même installation mais pression à 0,2 bar), des patients traités en réalité apparaissent améliorés de façon statistiquement significatives selon tous les indicateurs, mais avec des effets négatifs sur le cartilage selon l’évaluation IRM à 12 semaines comparativement à l’évaluation princeps (p=0.004). 

Effets indésirables, effets sur le cartilage

La survenue d’effets indésirables transitoires était similaire dans les deux groupes. 

L’abrasion progressive du cartilage hyalin est l’un des signes distinctifs des dommages causés par l’arthrose. La dégénérescence du cartilage articulaire résulte d’une diminution du protéoglycane et un gain de teneur en eau, suivi d’une réduction du collagène de type II et d’une modification de l’orientation des fibres de collagène. 

La cartographie T2 à l’IRM est sensible à la teneur en eau, à la concentration et à la structure anisotrope du collagène de type II dans le cartilage.

Elle permet de mesurer quantitativement les changements cartilagineux du genou après traitement par ondes de choc. 

De fait les valeurs de T2 dans le groupe expérimental ont considérablement augmenté après l’intervention. Les auteurs évoquent que les ondes de chocs peuvent produire une augmentation de l’hydratation du cartilage articulaire et de ses lésions [Zhong 2019]. 

Validité retrouvée dans une autre étude parue ce mois-ci

Boussole50 études, portant sur 4844 patients, avec une score PEDro moyen de 6 (étendue entre 5-9) ont fait l’objet de méta-analyses montrant un effet globalement positif des ondes de chocs sur la gonarthrose (odds-ratio 3.22, IC95%[ 2.21-4.69]) avec une réduction de la douleur cliniquement significative et une amélioration de l’indice WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index).

La réussite du traitement dépend de facteurs comme le temps de suivi et l’intensité délivrée, mais pas de la forme d’onde de choc utilisée. Beaucoup d’études montrant des effets positifs sur le moyen-terme (6 mois) administrent ce traitement au delà de 5 semaines [Liao 2019].

D’autres auteurs enfoncent le clou dans une revue systématique avec méta-analyse, pour de mêmes résultats [Li 2019]


Références bibliographiques 

Li T, Ma J, Zhao T, Gao F, Sun W. Application and efficacy of extracorporeal shockwave treatment for knee osteoarthritis: A systematic review and meta-analysis. Exp Ther Med. 2019 Oct;18(4):2843-2850. doi: 10.3892/etm.2019.7897.

Liao CD, Tsauo JY, Liou TH, Chen HC, Huang SW. Clinical efficacy of extracorporeal shockwave therapy for knee osteoarthritis: a systematic review and meta-regression of randomized controlled trials. Clin Rehabil. 2019 Sep;33(9):1419-1430. doi: 10.1177/0269215519846942.

Articles en rapport avec le sujet

cov150hZhong Z, Liu B, Liu G, Chen J, Li Y, Chen J, Liu X, Hu Y. A Randomized Controlled Trial on the Effects of Low-Dose Extracorporeal Shockwave Therapy in Patients With Knee Osteoarthritis. Arch Phys Med Rehabil. 2019 Sep;100(9):1695-1702. doi: 10.1016/j.apmr.2019.04.020.

Article disponible en ligne

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