Le ganglion spinal mis en cause dans les rachialgies


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Le ganglion de la racine dorsale (GRD) est montré du doigt par Butler & Moseley dans Explain Pain. Ce qu’ils appellent le «mini-brain» est pour eux l’une des causes des cervicalgies et explique l’attitude en translation antérieure de la tête des patients, destinée à éviter sa compression produite par l’extension vertébrale. 


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Lundi 13 Janvier 2014


Jull & Falla décrivent cette attitude comme étant la conséquence d’une faiblesse des fléchisseurs profonds, incapables de tenir leur rôle de remparts convexitaires lors de la fatigue du cou des cervicalgiques, mais comme nous sommes toujours prêts a accepter une nouvelle hypothèse (nous n’en sommes pas à une près…), ça vaut toujours le coup d’aller fureter sur Medline pour chercher «dorsal root ganglion AND cervical pain», parce que la bibliographie des deux compères n’est pas récente, récente, même dans la dernière édition. 

Là, ça se complique. Parce qu’il y a bien des pistes fraîches, parfois en accès libre, mais elles sont biochimiques, neuro-inflammatoires et of course en anglais. 

Une étude en anglais (vu le nom des auteurs, on a échappé au tchèque) [1] a contraint de façon unilatérale le nerf sciatique (just proximal to his trifurcation, c’est où ?) de rats en le réduisant d’un tiers de diamètre par ligature. Comparativement aux rats témoins, il existe une altération biochimique des GRD qui s’étend le long de la moelle épinière jusqu’aux cervicales et de façon controlatérale (ne m’en demandez pas plus). 

Une mise au point par un chiropraticien américain dans une revue de médecine légale [2] passe en revue les causes de cervicalgies attribuée à un fléau cervical, signalant que l’extension brutale voire extension en rotation de tête est susceptible de comprimer ce GRD, selon une modélisation. 

Une autre mise au point (à ne pas rater, bien qu’à déchiffrer) [3] reprend ces notions d’une diffusion des troubles, algies, dermalgies, douleurs référées, puisque même dans un «banal» syndrome du canal carpien, le dessin de la douleur montre des souffrances ne respectant pas uniquement le territoire du médian. Coppieters et ses collègues donne ce GRD comme pouvant être responsable par neuro-inflammation de cette diffusion et recommande une approche plus large des symptômes. 

Une étude animale [4] retrouve cette hyperalgésie mécanique chez des rats auxquels on a imposé un traumatisme par fléau cervical. 

Et pour les traitements ? 

Ca se prépare, avec comme d’habitude des traitements invasifs [5], comme par exemple l’administration d’ondes radar in situ [6], consistant à échauffer le GRD sans le détruire en le calcinant, puisque l’augmentation de température est limitée à 42°C. Ca n’a pas l’air de marcher sur tous, mais quand même… 

Je sens que je vais booster mon Berrardo ; après tout un échauffement modéré avec des ultra-sons passant bien dans le gras contrairement à leurs ondes courtes, ça devrait le faire. Déjà que je trouvais assez fréquemment des douleurs limitée à un étage et à un côté chez les rachialgiques avec le potard à la limite du supportable (bon, c’est vrai, on trouve ce qu’on cherche et le niveau de preuves est nul, mais ça me laisse du temps pour causer avec le patient de sa douleur, et ça, c’est thérapeutique, ils disent les Butler & Moseley). 

M’enfin, pour les ultra-sons sur les cervicales, pas trop loin du cerveau et du bulbe… 


Références bibliographiques : 

[1] Dubový P, Brázda V, Klusáková I, Hradilová-Svíženská I. Bilateral elevation of interleukin-6 protein and mRNA in both lumbar and cervical dorsal root ganglia following unilateral chronic compression injury of the sciatic nerve. J Neuroinflammation. 2013 May 1;10:55. doi: 10.1186/1742-2094-10-55. 

Article disponible en ligne 

[2] Davis CG. Mechanisms of chronic pain from whiplash injury. J Forensic Leg Med. 2013 Feb;20(2):74-85. doi: 10.1016/j.jflm.2012.05.004. Epub 2012 Jul 4. 

Résumé de l’article disponible en ligne 

[3] Schmid AB, Nee RJ, Coppieters MW. Reappraising entrapment neuropathies–mechanisms, diagnosis and management. Man Ther. 2013 Dec;18(6):449-57. doi: 10.1016/j.math.2013.07.006. Epub 2013 Sep 2. 

Résumé de l’article disponible en ligne 

[4] Dong L, Quindlen JC, Lipschutz DE, Winkelstein BA. Whiplash-like facet joint loading initiates glutamatergic responses in the DRG and spinal cord associated with behavioral hypersensitivity. Brain Res. 2012 Jun 21;1461:51-63. doi: 10.1016/j.brainres.2012.04.026. 

Article disponible en ligne 

[5] Shanthanna H, Chan P, McChesney J, Paul J, Thabane L. Assessing the effectiveness of ‘pulse radiofrequency treatment of dorsal root ganglion’ in patients with chronic lumbar radicular pain: study protocol for a randomized control trial. Trials. 2012 Apr 28;13:52. doi:10.1186/1745-6215-13-52. 

Article disponible en ligne 

[6] Choi GS, Ahn SH, Cho YW, Lee DK. Short-term effects of pulsed radiofrequency on chronic refractory cervical radicular pain. Ann Rehabil Med. 2011 Dec;35(6):826-32. doi: 10.5535/arm.2011.35.6.826. 

Article disponible en ligne

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