Le test de 6 minutes de marche


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Le 6 minutes walk test (6MWT) est la mesure la plus couramment utilisée de la capacité d’endurance à la marche, notamment chez les personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP).  Il a originellement été développé pour évaluer la fonction pulmonaire.

Quelles normes pour les patients atteints de SEP ? Cette méta-analyse tente d’y répondre.

Population-cible

Une majorité de femmes de l’ordre de 45 ± 10 ans de moyenne d’âge [Cederberg 2019].

Procédure 

Elle manque de standardisation, mais il est préférable de demander au patient de marcher en ligne droite sans obstacles et demi-tours. Les encourager améliore les résultats [Cederberg 2019].

Beaucoup de sites font état de ce test fondamental, ma note n’étant qu’une illustration du test à l’occasion d’une parution dans Gait & Posture. Vous trouverez sur Rehabilitation mesures, Physiopedia, ou le site de l’IRBMS une exhaustivité que je n’ai pas reproduit ici.

Valeurs pour les patient atteints de SEP

Selon trente-quatre études portant sur 3204 personnes (patients SEP : 2683, sujets sains : 521), les personnes atteintes de SEP parcourent une distance plus courte que les sujets sains, soit en moyenne une différence de -177,2 ± 19,1 m.

Les personnes atteintes d’une invalidité légère marchaient plus loin que celles atteintes d’une invalidité modérée à sévère (différence moyenne = 185,19 ± 9,2 m). 

La distance moyenne globale est de l’ordre de 452.1 ± 103.2 mètres, une déficience légère permettant une distance de l’ordre de 516.6 ± 91.8 m, une déficience modérée à sévère de l’ordre de 331.8 ± 110.2 m. 

Valeurs pour les patients victimes d’AVC

Une revue systématique [Salbach 2017] indique que 5 articles évaluent le 6MWT dans le cadre d’une hémiplégie en phase aiguë (<1 mois) post-AVC. La systématisation de la procédure manque et il apparaît que les conditions de l’environnement, des aides à la marche, de la nécessité de faire des virages influencent les performances du test, ce qui limite la pertinence des normes. Ainsi :

Un 6MWT sur 10 mètres dans le couloir de l’hôpital et le refaire sur 30 mètres en CRF peuvent conduire à des différences qui ne sont pas dûes à l’évolution du patient. 

Les patients marchent plus loin avec une simple canne 115.5 ± 55 m, qu’avec une canne tripode (101.4 ± 54.1 m) ou une canne de marche nordique (98 ± 51.3 m)

Le changement minimal détectable est important, de 27.7 à 52.1 m [Salbach 2017].

Validité 

Des corrélations modérées à fortes (≥ 0,5) entre la distance et l’équilibre lors du 6MWT, la fonction motrice, la vitesse de marche, la mobilité et la capacité de monter les escalier sont été systématiquement observées. 

Reproductibilité  

Pour les patients AVC, les coefficients de corrélation intraclasse sont très bon, de 0.80 à 1.00 [Salbach 2017].


Références bibliographiques 

Cederberg KLJ, Sikes EM, Bartolucci AA, Motl RW. Walking endurance in multiple sclerosis: Meta-analysis of six-minute walk test performance. Gait Posture. 2019 Sep;73:147-153. doi: 10.1016/j.gaitpost.2019.07.125.

Articles en rapport avec le sujet

N.M. Salbach, K.K. O’Brien, D. Brooks, E. Irvin, R. Martino, P. Takhar, et al., Considerations for the selection of time-limited walk tests poststroke: a systematic review of test protocols and measurement properties, J. Neurol. Phys. Ther. 41 (1) (2017) 3–17, https://doi.org/10.1097/npt.0000000000000159.