Le Prone Instability test : une analyse plus fine


Objectif

Il est destiné à vérifier la capacité de stabilisation des muscles lombaires en présence d’une douleur.

Procédure

Patient en procubitus en bout de table, hanches fléchies à 90°, pointes des pieds au sol, praticien latéral à lui. Ce dernier réalise une pression dorso-ventrale sur chaque épineuse lombaire, à la recherche d’une douleur segmentaire qui est attribuée au glissement antérieur de la vertèbre.

En présence d’une douleur, le patient est invité à se tenir à la table et à décoller les membres inférieurs, ce qui sollicite les extenseurs du rachis.

Le même test est reproduit à l’endroit douloureux.

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Valeurs

En l’absence de douleur lors du 2° test, il est considéré que les extenseurs rachidiens stabilisent le rachis lombal, en empêchant le cisaillement vertébral antérieur, ce qui confirme la présence d’une instabilité vertébrale segmentaire lombaire.

BoussoleFiabilité

La fiabilité inter-examinateurs de ce test est mauvaise [47] ou très bonne [22] en fonction des études.

Validité

Il ne doit pas permettre de diagnostiquer une instabilité mais peut être l’un des tests utilisés pour prédire s’il peut y avoir une réponse positive du patient à un traitement à base d’exercices [14].

Une analyse plus fine

Les auteurs de la présente étude [Sung 2019] ont comparé lors du test le comportement lombaire de 10 lombalgiques avec celui de 10 sujets sains. 

Sur les sujets lombalgiques

Ils ont mesuré la raideur lombaire obtenue lors de l’appui en mobilisation passive postéro-antérieure sur L2, L3, L4, L5. 

  • Deux capteurs (Polhemus), sur L1 et S2, analysaient leur variation de position lors de l’appui déformant la colonne lombaire 
  • Un capteur interposé entre main et épineuse mesurait la pression nécessaire pour provoquer une douleur.

Sur les sujets sains

Ils ont procédé de même sur L3 en appliquant une force de 22 N, réputée provoquer une douleur lombaire sur des sujets lombalgiques.

Ils ont recueilli dans les deux groupes l’activité EMG de surface des grands fessiers,, obliques externes, ischio-jambiers, grand dorsal, spinaux superficiels, multifides lors du mouvement d’extension des membres inférieurs réalisé lors du test.

Selon la littérature citée par les auteurs :

  • Une contraction des extenseurs lombaires de 30 à 50% de la contraction maximale volontaire (CMV) permet d’augmenter la raideur lombaire
  • L’extension de hanche induit une activation de 60 à 80 % de la CMV
  • Le multifide contribue aux 2/3 de la stabilité lombaire.

Résultats

  • La raideur rachidienne augmente lors du test chez tout le monde.
  • Aucun non-lombalgique n’est douloureux lors du test.
  • 9 des 10 patients lombalgiques le sont.
  • L’extension des membres inférieurs est assurée selon 3 schémas moteurs chez le non-lombalgique. Ils recouvrent 93% des variations d’activation motrice retrouvées. 
  • Seuls 2 des 3 schémas moteurs sont retrouvés chez le lombalgique. Ils semblent être moins fréquents. Peut être que les bons muscles n’ont pas été testés ? Les auteurs considèrent que le schéma moteur y est plus global, moins sophistiqué. En gros, ils se servent moins des muscles lombaires intrinsèques, plus des grands muscles superficiels.

Commentaire 

Moi ca me va bien toujours cette idée que le multifide est plutôt aux abonnés absents chez le lombalgique, mais se baser sur des électrodes de surface pour déterminer les patterns d’activation musculaire du lombalgique, cela suffit ?

A noter qu’ils posent leur électrodes 2 cm en dehors de l’épineuse de L5 pour tester électivement le multifide (puisque les spinaux superficiels sont aponévrotiques à cet endroit) et ça, ça me va bien aussi, puisque c’est réalisable en clinique 🙂


Références bibliographiques 

[14] Ferrari S et al. A literature review of clinical tests for lumbar instability in low back pain: validity and applicability in clinical practice. Chiropr Man Therap. 2015 Apr 8;23:14.

[22] Hicks GE et al. Interrater reliability of clinical examination measures for identification of lumbar segmental instability. Arch Phys Med Rehabil. 2003;84:1858-1864

[47] Ravenna MM et al. Low interrater reliability of examiners performing the prone instability test: a clinical test for lumbar shear instability. Arch Phys Med Rehabil. 2011 Jun;92(6):913-9.

coverSung W, Hicks GE, Ebaugh D, Smith SS, Stackhouse S, Wattananon P, Silfies SP. Individuals With and Without Low Back Pain Use Different Motor Control Strategies to Achieve Spinal Stiffness During the Prone Instability Test. J Orthop Sports Phys Ther. 2019 Aug 3:1-29. doi: 10.2519/jospt.2019.8577. Article en pré-publication.

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