Tendinopathie glutéale : Étiologie et diagnostic


person putting hands on pocket
Photo de Pedro Sandrini sur Pexels.com

Une mise au point sur le sujet  [1]. 

Décrite aussi comme syndrome du grand trochanter, trochantérite, bursite trochantérienne, par analogie aux scapulalgies, la bursite comme les altérations des petit et moyen fessiers ont été invoquées comme facteurs prédisposants, bien que radiologues peinent à retrouver la bursite dans 4 cas sur 5. 

Facteurs de risques : 

Elle touche plutôt les femmes, ménopausées notamment. La présence concomitante d’une lombalgie est aussi un facteur de risque, et sûrement la source de confusions diagnostiques, d’autant que les deux involuent souvent de pair. 

La morphologie du bassin est aussi évoquée, une trop grande largeur trochantérienne, une coxa-vara, une adiposité gynoïde. Les résultats sont contradictoires. 

La différence de longueur du membre inférieur n’est pas retrouvée. 

Anatomo-pathologie : 

Les auteures restent au niveau des causes musculo-squelettiques sans envisager d’autres hypothèses, neurales notamment. Elles sont pourtant classiquement évoquées, comme la méralgie paresthésique attribuée à une lésion du nerf cutané latéral de la cuisse, d’évolution spontanément régressive, mais sans études contrôlées randomisées pouvant permettre de se prononcer plus en avant. 

Le territoire cutané de ce nerf est un peu plus distal que les douleurs retrouvées dans cette tendinopathie. 

Le nerf glutéal supérieur, dont la parésie entraine une faiblesse des moyen et petit fessier comme du TFL observée lors du signe de Trendelenburg, quitte la cavité pelvienne par le canal sus-piriformien, chemine entre moyen et petit fessiers qu’il innerve, mais il n’a pas de fibres sensitives, ni cutanées. 

Le nerf ilio-hypogastrique (ancien grand abdomino-génital) est un nerf moteur et sensitif, chemine le long de la crête iliaque qu’il croise (il peut être palpable à ce niveau, chez les sujets à la peau fine). Son territoire cutané correspond à la région incriminée dans les «tendinopathies glutéales». 

Tenir debout en unipodal, sans douleur : 

La capacité que peut avoir un sujet à tenir sans douleur le bassin horizontal, en appui unipodal en s’aidant juste de deux appuis digitaux pour garder l’équilibre, durant trente secondes pourrait être un bon test, pouvant discriminer les patients des sujets sains, mais pas les «trochantérites» des coxarthrosiques. 

Variante : 

Laisser le sujet se placer en appui unipodal sans exiger de lui de maintenir le bassin horizontal pourrait solliciter plus la partie tendineuse des fessiers, placer la hanche dans un environnement plus habituel. La reproduction des symptômes dans les trente secondes positiverait le test. 

Présence d’une douleur à l’abduction contrariée : 

Demander au patient une abduction isométrique contre résistance pour reproduire le symptôme décrit par le patient. 

Validité : 

Comparativement à un IRM sur des patients souffrant de douleurs latérales de hanche, ce test, couplé à la palpation de la zone trochantérienne à la recherche d’une douleur, du test de Patrick, du test d’Ober (originellement utilisé pour évaluer la raideur du tractus ilio-tibial est considéré comme pouvant mettre en évidence une douleur ou une diminution du mouvement) montre une faible concordance entre physiothérapeutes et radiologues, comme entre radiologues [2]. 

Imagerie : 

L’échographie procure moins d’artéfacts que l’IRM, moins de faux positifs. 


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Mardi 29 Septembre 2015


Références bibliographiques : 

[1] Alison Grimaldi, Angela Fearon. Gluteal Tendinopathy: Pathomechanics and Implications for Assessment and Management. J Orthop Sports Phys Ther, Epub 17 Sep 2015. doi:10.2519/jospt.2015.5829 

Article disponible en ligne

[2] Stephanie J. Woodley, Helen D. Nicholson, Vicki Livingstone, Terence C. Doyle, Grant R. Meikle, Janet E. Macintosh, Susan R. Mercer. Lateral Hip Pain: Findings from Magnetic Resonance Imaging and Clinical Examination.  J Orthop Sports Phys Ther. 2008;38(6):313-328

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