Résumer le patient en un point


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Un accéléromètre permet d’évaluer l’équilibre de façon moins coûteuse, moins complexe à mettre en oeuvre et plus fiable que la posturographie, puisque la variable étudiée correspond au comportement du centre de gravité dans l’espace, et non à sa projection sur une plaque, dans des conditions statiques.

Comment ?

L’accéléromètre est une barre mobile suspendue à des ressorts micro-usinés, qui offrent une résistance au mouvement (et à l’accélération) de la barre. Lorsque cette barre dévie, les ressorts perçoivent leur accélération. Un dispositif peut contenir jusqu’à trois barres avec leurs ressorts respectifs, ce qui permet d’évaluer les déplacements dans les trois plans de l’espace (accéléromètres tri-axiaux).

L’unité de mesure utilisée par ces appareils est le g. Elle est basée sur l’accélération que produit la gravité sur tous les objets dans des conditions idéales (sans résistance ni frottement d’aucune sorte). Une accélération de 1 g est considérée égale à la gravité standard qui est de 9.8 mètres par seconde au carré (m/s2), unité de mesure de l’accélération.

Données connues

  • Les paramètres spatio-temporels de la démarche sont prédictifs des capacités d’équilibre et du risque de chute chez les personnes âgées.
  • Informer un patient objectivement sur ses capacités d’équilibre améliore ses performances. 

Une revue systématique sur le sujet

Le but de cette revue était d’analyser l’utilisation des accéléromètres pour évaluer l’équilibre chez les personnes âgées.  

Au total, 19 articles ont été inclus. 

L’analyse des paramètres spatio-temporels et de l’amplitude des accélérations enregistrées par les dispositifs était la variable d’étude la plus courante. 

Il ne reste plus qu’à passer à la pratique…

Quels outils ?

Certaines études utilisent basiquement un téléphone portable ou une tablette. Dans ces études, les résultats ont montré qu’un smartphone peut donner une mesure valide et précise de la stabilité posturale et est capable de stratifier le risque de chute chez les personnes âgées.

Et ça marche aussi sur les jeunes adultes en bonne santé, les personnes d’âge moyen et personnes âgées dans différentes conditions sensorielles, les paramètres de marche et d’équilibre étant dérivés des signaux d’accélération prouvés comme étant valides et fiables.

Quelle fréquence ?

La fréquence d’acquisition des données est inférieure à 55 Hz dans six des articles analysés. Dans les autres études analysées, elle est était d’environ 100 Hz, voire 128 Hz. Toutefois, cet aspect méthodologique important (plus c’est fréquent, plus c’est précis) ne semble pas être décrit dans sept des enquêtes analysées.

Ou les placer ?

La pratique la plus courante consiste à le placer en regard de L3, L5 ou le sacrum. 

Certaines études ont placé plusieurs capteurs à plusieurs endroits simultanément. Cela complexifie la tâche, mais en général, la réduction du nombre de capteurs entraîne une perte de précision allant de 91,1% (trois capteurs), 73,3 à 84,4% (deux capteurs) à 64,4‒70,0% (un capteur). 

En enregistrant les déplacements de la tête, du bassin et des deux chevilles, c’est plus long mais plus précis.  

Quel logiciel pour votre téléphone ?

Je fouille dans la biblio de l’article. Si vous avez des pistes, ou l’habitude de vous servir de cet outil, je suis preneur de vos avis.


Références bibliographiques 

sensors-logoLeirós-Rodríguez R, García-Soidán JL, Romo-Pérez V. Analyzing the Use of Accelerometers as a Method of Early Diagnosis of Alterations in Balance in Elderly People: A Systematic Review. Sensors (Basel). 2019 Sep 9;19(18). pii: E3883. doi: 10.3390/s19183883

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