Est-ce que le laser peut palper le psoas ?


Une étude [1] parue ce mois-ci cherche à démonter l’effet de la thérapie laser sur le contrôle postural du lombalgique et n’y arrive pas. 

Sans titre
Le rêve du palpeur fou : agir sur le psoas avec un abord postérieur. Ou pas.

Ils ont comparé les effets de deux classes de laser et de leurs homologues factices, dans quatre groupes de patients. Drôle d’idée de se polariser sur la posture plutôt que sur l’EVA ou les autres scores validés pour juger de la pertinence de ce traitement, mais plus généralement se pose la question de l’intérêt thérapeutique de l’émission laser et de ce qui se passe lorsqu’on l’applique. 

Il faut dire que, selon les auteurs, «… Laser therapy offers a specific dose of energy (photons) to the areas of the tissue to be treated. Laser light falling on the surface of the patient’s skin and subsequently on the border between successive structures, such as subcutaneous tissue, muscles, and ligaments, is subject to the laws of physics. However, despite the occurrence of wave reflection, refraction, and scattering, laser light is able to penetrate the hernia of the spinal disc and periarticular structures.» selon deux études citées dans leur introduction [2, 3].

Damned ! si le laser peut pénétrer les disques inter-vertébraux, il n’y a pas de raison que les psoas ne soient pas illuminés par la grâce rédemptrice du faisceau magique. 

La lecture du premier article [2] indique qu’il y a des lasers qui sont capables de découper en tranche les filets mignons et des lasers qui ne découpent pas, les nôtres.

Il nous perd dans les explications très techniques pour conclure que le mécanisme précis de l’interaction laser-tissu n’a pas été complètement expliqué 🙂 et, last but not least, il n’évoque qu’une pauvre étude portant sur le disque temporo-mandibulaire du lapin, niente sur les disques inter-vertébraux, franchement plus profonds. 

L’autre article [3] propose des mécanismes d’action sur le muscle in vitro, le cerveau de souris,  les dents, la peau blessée et le sciatique de rats, même de fols espoirs de repousse des cheveux humains à partir de ceux de poils de souris, mais encore rien sur le rachis et les influences profondes du rayon magique. 

Comme quoi, quand on croit que le laser peut guérir les hernies discales comme les rois de France guérissaient les écrouelles, on peut écrire n’importe quoi…


Références bibliographiques 

pologne.gif[1] Taradaj J, Rajfur K, Rajfur J, Ptaszkowski K, Ptaszkowska L, Sopel M, Rosińczuk J, Dymarek R. Effect of laser treatment on postural control parameters in patients with chronic nonspecific low back pain: a randomized placebo-controlled trial. Braz J Med Biol Res. 2019 Nov 25;52(12):e8474. doi: 10.1590/1414-431X20198474.

Articles en rapport avec le sujet

[2] Ruwaidah A. Mussttaf, David F. L. Jenkins & Awadhesh N. Jha (2019): Assessing the impact of low level laser therapy (LLLT) on biological systems: a review, International Journal of Radiation Biology, DOI: 10.1080/09553002.2019.1524944 

[3] Lucas Freitas de Freitas, Michael R Hamblin. Proposed Mechanisms of Photobiomodulation or Low-Level Light Therapy. IEEE J Sel Top Quantum Electron. 2016 ; 22(3): . doi:10.1109/JSTQE.2016.2561201. 

2 commentaires

  1. Petite faute d’orthographe au début de l’article… sans grande conséquence si on le lit jusqu’à la fin et sans vouloir démonter le travail réalisé 😉

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s