La gymnastique hypopressive abdominale à l’épreuve des faits (mise à jour)


Sans titre

Plusieurs études portent désormais sur l’efficacité de la méthode de Mr Caufriez dans le traitement des incontinences.

La gymnastique hypopressive abdominale, c’est mieux que de ne rien faire

Selon le résumé de cette étude, un programme structuré de 2 mois a montré des avantages à court terme en termes de tonus du plancher pelvien et d’incontinence urinaire d’effort. En outre, les participantes à l’étude ont signalé une amélioration de leur image corporelle et de leur sentiment de bien-être, ainsi qu’une satisfaction à l’égard du programme, comme l’a démontré le questionnaire à la fin de la période d’intervention [Soriano 2020].

Dans une incontinence urinaire urinaire d’effort, faut-il faire de la gymnastique hypopressive abdominale ou renforcer les muscles du plancher pelvien ?

les deux se valent

L’objectif de cette étude était de comparer les effets d’un programme d’exercices hypopressifs de huit semaines à ceux d’un programme d’entraînement individualisé des muscles du plancher pelvien, et à une combinaison des deux immédiatement après le traitement et lors des évaluations de suivi à 3, 6 et 12 mois.

L’étude était un essai prospectif, monocentrique, en aveugle, randomisé et contrôlé. 94 femmes atteintes de troubles du plancher pelvien ont été assignées au programme d’entraînement individualisé des muscles du plancher pelvien (n = 32), aux exercices hypopressifs (n = 31) ou au cumul des deux techniques (n = 31).

Tous les programmes comprenaient le même volet éducatif, ainsi que des instructions sur les interventions relatives au mode de vie.

Indicateurs

Les principaux résultats étaient le Pelvic Floor Distress Inventory, le Pelvic Floor Impact Questionnaire, les mesures de la force (manométrie et dynamométrie) et de la tonicité basale du plancher pelvien (dynamométrie).

Résultats

Il n’y avait pas de différences statistiquement significatives entre les groupes au départ, ni après l’intervention. Dans l’ensemble, les femmes ont réduit leurs symptômes, amélioré leur qualité de vie, amélioré la force de leur plancher pelvien et en ont augmenté la tonicité au repos.

Selon les auteurs, aucune technique ne se démarque d’une autre, donc.

La gha c’est moins bien

Selon le résumé de cet article, dans le cadre de l’incontinence urinaire d’effort, lorsque la gymnastique hypopressive abdominale (GHA) est comparée avec l’entraînement des muscles du plancher pelvien, si les deux groupes ont un effet bénéfique sur les troubles urinaires, la le travail des muscles pelviens est d’une efficacité supérieure à la GHA pour tous les indicateurs [Jose-Vaz 2020].

Posologie 

12 semaines de prise en charge, à raison de deux fois par semaine en groupe de trois patientes supervisé par un kinésithérapeute.

Est-ce qu’on observe une différence à l’IRM & lors des examens cliniques des muscles pelviens après GHA ?

Le renforcement des muscles du périnée peut être réalisé avec une électrode de sonde vaginale / anale permettant un biofeedback ou des stimulations électriques, des cônes vaginaux ou d’autres dispositifs de résistance.

Elle peut également être réalisée sans instrumentation, en utilisant des contractions volontaires directes (exercices de Kegel), ou des contractions indirectes avec l’activation du muscle transverse par des exercices hypopressifs.

Ce renforcement serait plus efficace sans stimulation électrique ou biofeedback qu’avec mais c’est controversé.

Une étude belge [Dierick 2018] a évalué l’impact d’une période de 3 semaines d’entraînement intensif des muscles du plancher pelvien, avec ou sans instrumentation, sur les changements cliniques et observés à l’IRM des muscles pubo-rectaux et ilio-coccygiens.

Population-cible

Jeunes femmes nullipares asymptomatiques.

Méthodes

24 jeunes femmes en bonne santé ont été inscrites à l’étude et 17 ont réalisé les 9 séances d’exercices d’entraînement de 30 minutes et ont effectué toutes les évaluations.

Les participantes ont été assignées au hasard dans deux groupes d’entraînement: des contractions volontaires combinées avec des exercices hypopressifs ou des exercices de biofeedback combinés avec des stimulations électriques transvaginales.

Des évaluations IRM cliniques et pondérées en T2 ont été réalisées avant et après la prise en charge.

Indicateurs

L’évaluation clinique a été faite en position gynécologique par un kinésithérapeute expérimenté, en aveugle du groupe de la patiente, avant et après renforcement.

Plusieurs méthodes ont été utilisées :

  • Le périnéomètre mesurant le déplacement crânial d’une sonde vaginale lors de la contraction du périnée
  • Le testing du releveur (Modified Oxford Grading System)
  • La palpation du tonus de repos des muscles périnéaux
  • La qualité de l’aspiration diaphragmatique (selon Caufriez)
  • L’IRM (6 heures de mesures de distances périnéales diverses à chaque évaluation…)

Procédure concernant la gymnastique hypopressive

Des exercices abdominaux hypopressifs ont été enseignés aux participantes par 2 kinésithérapeutes et réalisés individuellement sous leur contrôle, en respectant la séquence de base proposée par Caufriez :

1- Une respiration lente et profonde
2- Une expiration complète
3- Une aspiration diaphragmatique (3 séries de 8 à 12 répétitions). Elle était obtenue en ouvrant les côtes, en expirant au maximum en rétractant le ventre et en libérant complètement l’air contenu dans les poumons, et en aspirant le diaphragme en agissant comme si l’on voulait «aspirer son ventre sous les côtes» et maintenir cette position en apnée pendant 20 s.
Le choix de la position debout, quadrupèdique ou allongée lors des mouvements actifs était laissé à la discrétion du kinésithérapeute.
4- Après l’aspiration diaphragmatique, une contraction périnéale volontaire était réalisée et maintenue tout au long des mouvements actifs.

Posologie

Une séance complète durait 30 min.

Validité

Comparativement à une électrostimulation intra-vaginale (Myomed 632, Enraf Nonius) de 15 minutes suivie de 15 minutes d’entrainement en biofeedback le Modified Oxford Grading System, bien qu’amélioré dans les deux groupes, semble être significativement en faveur de la méthode hypopressive.

Les volumes des muscles testés diminuent significativement à l’IRM dans les deux méthodes.

Conclusion

Une courte période intensive de renforcement des muscles du plancher pelvien induit des changements cliniques et morphologiques observables au repos suggérant une diminution du volume des ilio-coccygiens et du contenu adipeux des releveurs.

Commentaire

Rien n’indique qu’au moins sur sujet sain le passage par l’électrothérapie et/ou le biofeedback soit obligatoire.

Comme toujours, il manque un troisième groupe de sujets laissées sans prise en charge thérapeutique d’aucune sorte et nous sommes piégés par la multiplication des indicateurs qui font que, pour le muscle pubo-rectal droit, dans un groupe, le petit p fait un petit pet de plus, et donc, …

Est-ce que la GHA améliore les symptômes du prolapsus ?

En 2018, pour vérifier si des exercices hypopressifs (GH) peuvent améliorer les symptômes du prolapsus des organes pelviens de manière égale ou supérieure au classique renforcement des muscles du plancher pelvien (RMPP), une étude contrôlée randomisée a été réalisée conjointement par les départements de physiothérapie et de gynécologie de l’université brésilienne d’Überlandia [Resende 2019].

Méthodes

Des femmes souffrant d’un prolapsus de stade II non traité, ayant la capacité de contracter leurs muscles du plancher pelvien ont été invitées à participer.

Indicateurs

  • Les symptômes du prolapsus mesurés par le score Prolapse Quality of Life (P-QoL)
  • Leur gravité mesurée par le score Pelvic Organ Prolapse Quantification System
  • La fonction des muscles du plancher pelvien.

Procédures

Elles sont décrites dans l’article, en accès libre.

Posologie

Le protocole comprenait trois sessions initiales pour apprendre à effectuer les exercices correctement, suivies de 3 mois d’exercices avec progression mensuelle.

L’intervention a consisté en 12 semaines de RMPP ou de gymnastique hypopressive, exercices à la maison couplés à des séances bimensuelles avec un physiothérapeute.
Les sujets ont rempli un agenda des exercices pour déterminer leur assiduité.

Validité

Le RMPP présentait de meilleurs résultats sur certains symptômes du prolapsus et sur son impact et les limitations sociales et personnelles qu’il induit. Le nombre de symptômes en fin de traitement était en moyenne de 1,7 (± 1,2), pour une moyenne de 2,8 (± 1,1) dans le groupe de gymnastique hypopressive.

La taille de l’effet était très faible : 1,01 en faveur du groupe RMPP IC95% [1,002 à 1,021].

Conclusion

Les deux groupes ont présenté une amélioration des symptômes du prolapsus, de la qualité de vie, de sa sévérité, avec un avantage modéré en faveur de la rééducation «classique».

Comme toujours, comparer uniquement deux méthodes n’est pas ce qu’il y a de plus rigoureux : il faudrait un 3° groupe en liste d’attente pour comparer ces méthodes thérapeutiques à… Rien.

Maintenant, il existe suffisamment de preuves en faveur de la prise en charge rééducative pour comparer simplement une méthode «expérimentale» à ce qui se fait classiquement. Ce que dit cette étude, c’est qu’on peut continuer à aimer le classique pour tonifier le plancher pelvien.

Et peut être utiliser la GH comme alternative dès lors que les manoeuvres intra-pelviennes sont difficiles ou impossibles à réaliser ?


Références bibliographiques

Dierick F, Galtsova E, Lauer C, Buisseret F, Bouché AF, Martin L. Clinical and MRI changes of puborectalis and iliococcygeus after a short period of intensive pelvic floor muscles training with or without instrumentation : A prospective randomized controlled trial. Eur J Appl Physiol. 2018 Jun 13. doi: 10.1007/s00421-018-3899-7. Article sous presse

Résumé disponible en ligne

bresilLuciene A Jose-Vaz, Carine L Andrade, Laura C Cardoso, Bruno T Bernardes, Vanessa S Pereira-Baldon, Ana Paula M Resende. Can abdominal hypropressive technique improve stress urinary incontinence? an assessor-blinded randomized controlled trial. Neurourol Urodyn. 2020 Aug 19. doi: 10.1002/nau.24489. 

Articles en rapport avec le sujet

espagnecanadaBeatriz Navarro-Brazález, Virginia Prieto-Gómez, David Prieto-Merino, Beatriz Sánchez-Sánchez, Linda McLean, María Torres-Lacomba. Effectiveness of Hypopressive Exercises in Women With Pelvic Floor Dysfunction: A Randomised Controlled Trial. J Clin Med. 2020 Apr 17;9(4):E1149. doi: 10.3390/jcm9041149.

(Article en accès libre)

bresilResende APM, Bernardes BT, Stüpp L, Oliveira E, Castro RA, Girão MJBC, Sartori MGF. Pelvic floor muscle training is better than hypopressive exercises in pelvic organ prolapse treatment: An assessor-blinded randomized controlled trial. Neurourol Urodyn. 2019 Jan;38(1):171-179. doi: 10.1002/nau.23819.

(Article en accès libre)

espagneL Soriano, C González-Millán, M M Álvarez Sáez, R Curbelo, L Carmona. Effect of an abdominal hypopressive technique programme on pelvic floor muscle tone and urinary incontinence in women: a randomised crossover trial. Physiotherapy. 2020 Sep;108:37-44. doi: 10.1016/j.physio.2020.02.004. 

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