Ils deviennent quoi les fessiers après un syndrome trochantérien ?


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Photo de Pedro Sandrini sur Pexels.com

J’ai un peu du mal avec les «trochantérites», mais ces douleurs semblent avoir les mêmes conséquences sur le long (?) terme que d’autres situées dans d’autres régions (cervicale, lombaire, épaule) : le remplacement des fibres musculaires par de la graisse. Comme dans d’autres études, il faut pondérer par l’IMC des sujets, ce qui peut expliquer des résultats contradictoires. Il doit quand même y avoir une tendance.

Les abducteurs de hanche sont un groupe musculaire clé qui présente une force réduite. Les objectifs de cette étude cas-témoins [Cowan 2020] étaient de comparer la taille et la qualité des muscles fessiers et du tenseur du fascia latae (TFL) (infiltration graisseuse) chez des femmes présentant un GTPS (greater trochanteric pain syndrome)  symptomatique à des témoins féminins asymptomatiques correspondant à leur âge. 

Une imagerie par résonance magnétique a été réalisée chez 16 femmes présentant un GTPS (âge moyen 55.75 ans, étendue entre 23-69) et 15 témoins asymptomatiques (âge moyen 55.60 ans, étendue entre 31-66). 

Les volumes musculaires du grand fessier, du moyen fessier, du petit fessier et du TFL ont été calculés. 

L’infiltration graisseuse a été évaluée à l’aide du système de classification de Goutallier pour tous les muscles dans leur intégralité, ainsi que pour les segments antérieurs et postérieurs du moyen et du petit fessier. Les volumes musculaires et l’infiltration graisseuse ont été comparés entre les groupes. 

Résultats :

Des volumes musculaires significativement plus faibles ont été identifiés dans le groupe symptomatique pour les parties supérieures (p = 0,01) et inférieures (p = 0,04) du grand fessier, du moyen fessier (p = 0,03) et du petit fessier (p = 0,02). Il n’y avait pas de différence au niveau du TFL (p = 0,18). 

Les participantes symptomatiques présentaient une infiltration graisseuse significativement plus importante dans le muscle grand fessier supérieur (p = 0,021) et inférieur (p = 0,049) lorsque l’IMC était ajusté, et dans le muscle petit fessier (p = 0,018), en particulier dans la partie postérieure (P = 0,04). 

Les parties antérieures des petits fessiers ont montré des quantités élevées d’infiltration graisseuse dans les deux groupes. L’atrophie du muscle fessier et l’infiltration graisseuse chez les femmes atteintes de GTPS suggèrent que les muscles grand et petit fessier peuvent être une cible importante pour la rééducation. 

Tendinopathie glutéale : Étiologie et diagnostic

Une mise au point sur le sujet  [1]. 

Décrite aussi comme syndrome du grand trochanter, trochantérite, bursite trochantérienne, par analogie aux scapulalgies, la bursite comme les altérations des petit et moyen fessiers ont été invoquées comme facteurs prédisposants, bien que radiologues peinent à retrouver la bursite dans 4 cas sur 5. 

Facteurs de risques : 

Elle touche plutôt les femmes, ménopausées notamment. La présence concomitante d’une lombalgie est aussi un facteur de risque, et sûrement la source de confusions diagnostiques, d’autant que les deux involuent souvent de pair. 

La morphologie du bassin est aussi évoquée, une trop grande largeur trochantérienne, une coxa-vara, une adiposité gynoïde. Les résultats sont contradictoires. 

La différence de longueur du membre inférieur n’est pas retrouvée. 

Anatomo-pathologie : 

Les auteures restent au niveau des causes musculo-squelettiques sans envisager d’autres hypothèses, neurales notamment. Elles sont pourtant classiquement évoquées, comme la méralgie paresthésique attribuée à une lésion du nerf cutané latéral de la cuisse, d’évolution spontanément régressive, mais sans études contrôlées randomisées pouvant permettre de se prononcer plus en avant. 

Le territoire cutané de ce nerf est un peu plus distal que les douleurs retrouvées dans cette tendinopathie. 

Le nerf glutéal supérieur, dont la parésie entraine une faiblesse des moyen et petit fessier comme du TFL observée lors du signe de Trendelenburg, quitte la cavité pelvienne par le canal sus-piriformien, chemine entre moyen et petit fessiers qu’il innerve, mais il n’a pas de fibres sensitives, ni cutanées. 

Le nerf ilio-hypogastrique (ancien grand abdomino-génital) est un nerf moteur et sensitif, chemine le long de la crête iliaque qu’il croise (il peut être palpable à ce niveau, chez les sujets à la peau fine). Son territoire cutané correspond à la région incriminée dans les «tendinopathies glutéales». 

Tenir debout en unipodal, sans douleur : 

La capacité que peut avoir un sujet à tenir sans douleur le bassin horizontal, en appui unipodal en s’aidant juste de deux appuis digitaux pour garder l’équilibre, durant trente secondes pourrait être un bon test, pouvant discriminer les patients des sujets sains, mais pas les «trochantérites» des coxarthrosiques. 

Variante : 

Laisser le sujet se placer en appui unipodal sans exiger de lui de maintenir le bassin horizontal pourrait solliciter plus la partie tendineuse des fessiers, placer la hanche dans un environnement plus habituel. La reproduction des symptômes dans les trente secondes positiverait le test. 

Présence d’une douleur à l’abduction contrariée : 

Demander au patient une abduction isométrique contre résistance pour reproduire le symptôme décrit par le patient. 

Validité : 

Comparativement à un IRM sur des patients souffrant de douleurs latérales de hanche, ce test, couplé à la palpation de la zone trochantérienne à la recherche d’une douleur, du test de Patrick, du test d’Ober (originellement utilisé pour évaluer la raideur du tractus ilio-tibial est considéré comme pouvant mettre en évidence une douleur ou une diminution du mouvement) montre une faible concordance entre physiothérapeutes et radiologues, comme entre radiologues [2]. 

Imagerie : 

L’échographie procure moins d’artéfacts que l’IRM, moins de faux positifs. 


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Mardi 29 Septembre 2015


Références bibliographiques : 

australieRachael Mary Cowan, Adam Ivan Semciw, Tania Pizzari, Jill Cook, Melissa Kate Rixon, Gaurav Gupta, Lindsey Marie Plass, Charlotte Louise Ganderton. Muscle Size and Quality of the Gluteal Muscles and Tensor Fasciae Latae in Women with Greater Trochanteric Pain Syndrome. Clin Anat. 2020 Oct;33(7):1082-1090. doi: 10.1002/ca.23510.

[1] Alison Grimaldi, Angela Fearon. Gluteal Tendinopathy: Pathomechanics and Implications for Assessment and Management. J Orthop Sports Phys Ther, Epub 17 Sep 2015. doi:10.2519/jospt.2015.5829 

Article disponible en ligne

[2] Stephanie J. Woodley, Helen D. Nicholson, Vicki Livingstone, Terence C. Doyle, Grant R. Meikle, Janet E. Macintosh, Susan R. Mercer. Lateral Hip Pain: Findings from Magnetic Resonance Imaging and Clinical Examination.  J Orthop Sports Phys Ther. 2008;38(6):313-328

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