Étirements du psoas iliaque


Si une vieille étude de Physical Therapy indique l’intérêt des cures d’auto-étirement des fléchisseurs de hanche en procubitus, il était difficile jusqu’à présent de mesurer précisément l’extensibilité du psoas iliaque. L’élastographie échographique permet dorénavant de le faire… et témoigne qu’il faut un maintien statique d’au moins une minute (et si possible attendre 5 minutes !) pour diminuer la raideur de l’iliaque. On n’a pas fini de se regarder dans le bloc des yeux avec le patient 😀 Prévoir de le faire le lendemain de la victoire sur les All Blacks pour avoir des choses à se dire, ou le faire en procubitus.

Mobilisation passive et posture en extension en procubitus

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Procédure 

Le kinésithérapeute est homolatéral à la hanche à traiter. Sa main caudale est glissée sous la face antérieure de cuisse du patient et posée sur la face postérieure de cuisse opposée afin d’assurer la contre-prise. La prise s’effectue à la face postérieure du grand trochanter et non sur la région lombaire, à l’aplomb de l’axe de flexion / extension, de manière à fixer les EIAS sur la table et ne pas entraîner d’extension lombaire. Elle doit être en dehors du trajet du nerf sciatique. Elle réalise un appui sur l’axe du mouvement.

Variante en contracté-relâché 

Le patient réalise un appui actif de la cuisse sur l’avant-bras du kinésithérapeute, puis se relâche, afin de gagner sur l’extension, étirer les fléchisseurs de hanche, dont le psoas.

Variante avec appui abdominal

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Dans la même position, l’appui du thorax ou de l’abdomen du kinésithérapeute accentue l’intensité de la prise. 

Prise et contre-prise peuvent être inversées, mais une contre-prise sur le sacrum à l’aide de l’avant-bras ou de la main, en direction caudale, une prise réalisée en levant le membre inférieur à l’aide de l’avant-bras (prise en berceau du membre inférieur, genou tendu) sont moins efficaces et plus pénibles voire impossibles à réaliser chez des patients imposants. 

Le kinésithérapeute peut utiliser l’abattant d’une table articulée pour majorer la flexion controlatérale. Il peut posturer le patient en sanglant fermement le bassin.

Variante avec appui thoracique

3

Le kinésithérapeute se place distalement et pose l’extrémité de la cuisse du sujet sur son épaule. A l’aide de ses mains, il réalise un puissant appui fessier en utilisant la technique des doigts croisés. La mobilisation est réalisée par l’utilisation du couple de forces entre l’épaule qui se relève et provoque l’extension de la hanche et l’appui fessier qui maintient cette dernière sur la table. 

Étirement du psoas iliaque en décubitus 

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Procédure 

Le patient est en décubitus en bout de table, le kinésithérapeute fait face au patient. Placer le patient les coxo-fémorales au ras de la table. Poser le pied controlatéral sur son épaule, afin d’amener le rachis lombaire en flexion. Laisser descendre le membre inférieur à traiter en extension, le genou libre, afin de ne pas mettre en tension le droit fémoral. Placer une résistance à la face antérieure de l’extrémité inférieure de la cuisse. 

Le patient peut contacter de son pied la jambe du kinésithérapeute. Demander une résistance en flexion de hanche et rotation latérale. Gagner en contracté-relâché. Une tension douloureuse doit s’installer au niveau du trigone fémoral.

Variante 

Il est possible de réaliser un appui de l’avant-bras sur la face antérieure de jambe controlatérale ou de demander au patient de maintenir son genou en flexion.

Combien de temps maintenir la position ?

D’après cette étude, dans cette position, la raideur du muscle iliaque diminue avec 1 minute d’étirement statique et continue à diminuer après 5 minutes de maintien. La mesure a été réalisée à l’aide d’une élastographie échographique. Je suppose qu’ils ont évalué l’iliaque parce que mesurer la raideur du psoas reste plus compliquée [Nojiri 2019]. 

Étirement des psoas en procubitus

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Procédure 

Le patient est en procubitus en bout de table, les membres supérieurs croisés en dehors de table. Le kinésithérapeute empaume les coudes et les élève. Une contraction isométrique du patient peut être demandée préalablement pour favoriser la prise de conscience du relâchement.

À noter que :

  • Plaçant en extension la région lombaire, cette technique peut lui être préjudiciable s’il ne s’agit pas de favoriser son extension. A contrario, elle peut être favorable à la prise en charge d’une pelvi-spondylite rhumatismale ou d’une lombalgie d’origine discale.
  • Une douleur peut survenir chez des patients souffrant d’instabilité vertébrale lombale (voir le chapitre consacré au rachis lombaire instable).

Cure de procubitus avec étirements actifs

 Trois positions sont conseillées au patient :

«Une fois par jour, couchez-vous sur le ventre sur votre lit. Vous ne devez pas absolument pas ressentir de douleur au creux des reins, mais une tension dans le pli de l’aine. Placez un oreiller sous le ventre si vous n’arrivez pas à vous coucher à plat sans douleur lombaire.

1°- Glissez un traversin plié en deux sous la cuisse pour majorer l’étirement de vos fléchisseurs de hanche. Maintenez la position 5 minutes.

2°- Amenez le pied en direction du plafond jambe tendue et maintenez la position durant 30 secondes. Répétez 10 fois chaque exercice, entrecoupés de quelques secondes de repos

3°- Amenez le pied en direction du plafond jambe fléchie et maintenez la position durant 30 secondes. Répétez 10 fois chaque exercice, entrecoupés de quelques secondes de repos».

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Évolution des amplitudes au cours de l’auto-traitement en extension de hanche selon Winters.  Abscisse : Au départ, 3° semaine, 6° semaine. Ordonnée : amplitude d’extension de hanche en degrés. Losanges : groupe d’étirements actifs. Carrés : groupe d’étirements passifs

BoussoleValidité 

Un maximum de gain en amplitude au test de Thomas est obtenu à 3 semaines d’auto-traitement sur des patients souffrant de coxarthrose. Il n’y a pas d’avantage à pratiquer une posture passive plutôt qu’un travail actif [Winters 2004].

Auto-étirement de l’ilio-psoas

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«En vous aidant d’un meuble, placez-vous en fente, la jambe du côté à étirer en arrière, en appui sur les orteils, le genou n’étant pas en contact avec le sol. L’autre membre inférieur doit être en avant, pied au sol, hanche, genou et pied fléchis. Faites avancer la hanche à étirer vers l’avant et le bas de façon à ressentir une tension au niveau de la racine de la cuisse. Vous ne devez pas avoir de sensation douloureuse au niveau lombaire. Faites cet étirement en maintenant cette position une dizaine de secondes dès que vous y pensez et que les conditions s’y prêtent.»


Références bibliographiques 

Shusuke Nojiri, Masahide Yagi, Yu Mizukami & Noriaki Ichihashi (2019): Static stretching time required to reduce iliacus muscle stiffness, Sports Biomechanics, DOI: 10.1080/14763141.2019.1620321

Winters M et al. Passive versus active stretching of hip flexor muscles in subjects with limited hip extension: a randomized clinical trial. Phys Ther. 2004;84:800-807

Un commentaire

  1. Intéressant pour l’autoposture en procubitus que je ne pensais pas à conseiller, merci. En soin, j’utilise un ballon type Soft ball/ Pilates dégonflé, c’est très stable, pas fatigant selon le gabarit du patient, et je peux me concentrer sur les contreappuis lombosacrés..

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