Le GLA:D, toujours à la pointe pour la rééducation de l’arthrose des membres inférieurs


Quelques séances individuelles d’information du patient suivies d’une prise en charge de 6 à 12 patients en même temps. Vous voulez être à la pointe de l’evidence-based-practice ? C’est aussi une bonne idée pour quitter le débat sans fin de la modicité du prix de l’acte individuel…

Le programme Good Life with osteoArthritis from Denmark(GLA:D®) a été introduit au Danemark en 2013, au Canada en 2015 et en Australie en 2016 afin de mettre en pratique les conclusions des guides cliniques pour le traitement de l’arthrose du genou et de la hanche.

Le programme GLA:D®

C’est un programme de traitement structuré comprenant 2 à 3 séances d’éducation du patient et 12 séances d’exercices supervisés dispensés pendant 8 semaines par des praticiens de santé certifiés. 

Le programme du GLA:D disponible ici en PDF

Les pré-requis préalables : former les kinésithérapeutes et informer les patients.

Former les kinésithérapeutes

Un cours de deux jours. Le physiothérapeute a accès ensuite à une «boîte à outils» numérique contenant tout le nécessaire pour démarrer GLA: D au cabinet, dispensaire ou hôpital, y compris un accès à une plate-forme en ligne avec manuels, présentations Power Point à utiliser dans l’éducation du patient, et tout autre matériel pertinent.

Cela garantit que les physiothérapeutes formés seront capables de dispenser des soins similaires conformément aux directives cliniques à travers le pays.

Des traitements supplémentaires sont autorisés si le physiothérapeute les juge pertinents pour chaque patient. Les informations indiquant si et quels traitements supplémentaires ont été administrés ne sont toutefois pas enregistrées dans le registre.

Informer et faire participer activement les patients

Pour les patients, GLA: D comprend une intervention minimale avec trois séances d’éducation dispensées en deux semaines et douze séances d’exercices actifs sous la surveillance d’un physiothérapeute deux fois par semaine pendant six semaines.

L’éducation des patients comprend deux séances données par un physiothérapeute qualifié et une séance dirigée par un ancien participant à GLA: D («patient expert»).

Les séances proposées par le physiothérapeute visent à informer le patient sur l’arthrose et son traitement, en mettant l’accent sur l’exercice, ses effets bénéfiques sur les symptômes et la santé en général, ainsi que sur les conseils personnels.
La troisième séance a pour but de donner aux patients la possibilité de s’identifier avec un patient expert, qui a considérablement amélioré ses symptômes après avoir suivi GLA: D.

Les trois séances visent à impliquer activement les patients et à leur faire partager leurs expériences.

Les patients sont fortement encouragés à participer au programme d’exercice en groupe NEuroMuscular EXercices (NEMEX), et qui comprend 12 séances d’une durée de 60 minutes chacune.

Les kinésithérapeutes supervisent généralement de 6 à 12 patients en même temps.

Les patients qui, pour une raison quelconque, ne souhaitent pas ou ne peuvent pas participer à l’exercice supervisé peuvent suivre le programme d’exercices à domicile en suivant les instructions détaillées de leur physiothérapeute ou combiner des exercices supervisés et à domicile.

Après le programme de 8 semaines, le patient est encouragé à continuer à faire de l’activité physique et à faire de l’exercice, avec son physiothérapeute ou dans sa communauté locale, pour maintenir les effets du traitement à long terme.

Validité sur le court-terme

Indicateurs 

Les changements moyens absolus de l’intensité de la douleur, du nombre de stations debout sur chaise en 30 s, du temps du test de marche de 40 m et des scores de la sous-échelle de qualité de vie Knee injury and Osteoarthritis Outcome Score(KOOS)/Hip dysfunction and Osteoarthritis Outcome Score (HOOS) entre le début et immédiatement après le traitement ont été rapportés sous forme de moyennes et d’intervalles de confiance à 95%, ainsi que la proportion de répondeurs au traitement pour chaque pays.

Résultats :

Les patients des trois pays ont amélioré de 26 à 33 % l’intensité moyenne de la douleur, de 8 à 12 % la vitesse de marche, de 18 à 30 % la capacité à se tenir sur une chaise et de 12 à 26 % la qualité de vie liée à l’articulation entre le début et la fin du traitement, sans qu’il y ait de différences cliniquement pertinentes entre les patients atteints d’arthrose de la hanche et du genou [Roos 2021]. 

Une heure de rééducation deux fois par semaine pendant au moins 8 semaines…

Ces améliorations correspondent à des tailles d’effet intra-groupe modérées à importantes et 43 à 47 % des patients ont connu une réduction de la douleur cliniquement pertinente.

Conclusion :

Environ la moitié ou plus des patients dans les trois pays ont été classés comme répondeurs pour la douleur et la fonction objective après la mise en œuvre de GLA:D®.

Ces résultats indiquent des résultats positifs pour les patients associés à la participation au programme GLA:D® dans différents systèmes de soins de santé, grâce à la mise en œuvre d’une éducation des patients et d’une thérapie par l’exercice fondées sur des lignes directrices pour l’arthrose du genou et de la hanche.

Validité sur le long-terme

Une autre analyse [Skou 2018] a inclus 12 796 patients.

L’impact du niveau d’activité physique sur la variation de l’intensité de la douleur au genou (0-100) immédiatement après l’intervention et à 12 mois a été estimé à l’aide d’un modèle à effets mixtes ajusté pour l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle (IMC), le niveau d’éducation et la comorbidité.

Le niveau d’activité physique a été évalué à l’aide de l’échelle d’activité de l’Université de Californie de Los Angeles (UCLA).

La douleur initiale était plus intense chez les patients physiquement inactifs que chez ceux dont le niveau d’activité physique était faible à très élevé (6-15 points de moins; P <0,001).

La douleur a diminué de 13,4 points (IC 95%; 9,7 à 17,1) après le programme de traitement et de 12,8 points (7,7 à 18,0) à 12 mois chez les patients inactifs, avec des améliorations similaires chez les patients ayant un niveau d’activité physique plus élevé (P = 0,278 à 0,851).

Conclusion

Le médicament «activité physique» est efficace chez tout le monde. Chez les patients souffrant de gonarthrose, un soulagement similaire et persistant de la douleur à long terme a été mis en évidence grâce à la thérapie par l’exercice supervisé et à l’éducation, quel que soit le niveau initial d’activité physique.

Les patients ayant un niveau d’activité physique élevé à très élevé peuvent s’attendre à un soulagement de la douleur grâce à une thérapie d’exercice supervisée et à une éducation similaires à celles de patients plus inactifs.

Donc, sur un an, après 2 mois de rééducation ?

Les personnes atteintes d’arthrose ont amélioré en moyenne de 0,12 m/s leur vitesse de marche, de -12,7 mm leur douleur, d’avant à immédiatement après l’intervention avec de légères améliorations supplémentaires à 12 mois [Pihl 2020]

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Bien que les personnes présentant des comorbidités aient obtenu des scores de base moins bons dans tous les domaines que les personnes sans comorbidités, elles ont obtenu des niveaux d’amélioration similaires immédiatement et 12 mois après l’intervention.

Les comorbidités ne sont pas associées à des résultats de santé plus mauvais ou meilleurs après un programme d’exercice et d’éducation de 8 semaines chez les personnes atteintes d’arthrose, ce qui suggère que l’exercice est une option de traitement viable pour les personnes atteintes d’arthrose, indépendamment des comorbidités.

Combien ça coûte tout ça ?

Réalisé chez le kinésithérapeute, un programme supervisé de 8 semaines d’éducation du patient et de kinésithérapie pour l’arthrose du genou ou de la hanche, est rentable à l’horizon d’un an. C’est ce qu’avance cette étude [Grønne 2021] portant sur 16 255 patients danois.

Malgré les coûts de la kinésithérapie nécessaire pour participer au programme GLA:D, et bien que le changement absolu moyen de la qualité de vie liée à la santé soit relativement faible, l’intervention est toujours considérée comme rentable. Ces résultats soutiennent une mise en œuvre à grande échelle dans la pratique clinique.

Des analyses antérieures du programme GLA:D, mais avec le double du nombre de séances supervisées, la perte de poids, les semelles et les médicaments contre la douleur si nécessaire, ont donné des résultats similaires. D’autres études vont dans le même sens.

L’association d’un régime et d’une thérapie par l’exercice aux soins habituels pour les patients en surpoids et obèses souffrant d’arthrose du genou était rentable.

Retarder la chirurgie 

Dans cette étude, l’augmentation des coûts des soins de santé 1 et 3 ans après l’entrée dans le programme GLA:D était principalement liée à des interventions chirurgicales au niveau du genou ou de la hanche. 

Selon une approche thérapeutique progressive, la chirurgie de remplacement de l’articulation est considérée comme pertinente chez les patients souffrant d’arthrose au stade terminal lorsque toutes les options thérapeutiques non chirurgicales appropriées, telles que l’éducation du patient et la thérapie par l’exercice supervisée à dose et durée suffisantes, la perte de poids, les aides à la marche et les médicaments contre la douleur, n’ont pas réussi à réduire suffisamment les symptômes.

La kinésithérapie supervisée peut avoir un impact positif sur le nombre de patients devant subir une chirurgie de remplacement de l’articulation. Il a été démontré que si une PTG était évitée chez seulement 1 participant GLA:D sur 12, le programme générerait des économies dans le système de santé australien.

Plus de séances, c’est mieux

Les coûts de soins de santé sont inférieurs chez les patients qui respectent l’intervention (c’est-à-dire qui assistaient à au moins 10 séances d’exercice supervisé) par rapport à tous les patients inscrits au programme, ce qui indique que le dosage de la thérapie par l’exercice est important : 12 séances d’exercice supervisées ou plus sont plus efficaces que moins de séances supervisées.

C’est quoi, des soins rentables ?

Comme il n’existe pas de seuil officiel définissant un traitement rentable au Danemark, les auteurs ont comparé leurs coûts à deux seuils de consentement à payer différents, largement utilisés au niveau international. La valeur seuil de la volonté de payer pour des améliorations de la santé est arbitraire et dépend du contexte, tel que le budget et les autres options de traitement.

Ils sont inférieurs pour le genou et la hanche, avec un bémol pour la hanche puisque les valeurs prises par l’intervalle de confiance se chevauchent avec le seuil inférieur de consentement à payer (22 804 €). 


Références bibliographiques 

Dorte T Grønne, Ewa M Roos, Rikke Ibsen, Jakob Kjellberg, Søren T Skou. Cost-effectiveness of an 8-week supervised education and exercise therapy programme for knee and hip osteoarthritis: a pre-post analysis of 16 255 patients participating in Good Life with osteoArthritis in Denmark (GLA:D). BMJ Open. 2021 Dec 13,11(12):e049541. doi: 10.1136/bmjopen-2021-049541.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

danemarkK Pihl, E M Roos, R S Taylor, D T Grønne, S T Skou. Associations between comorbidities and immediate and one-year outcomes following supervised exercise therapy and patient education – A cohort study of 24,513 individuals with knee or hip osteoarthritis. Osteoarthritis Cartilage. 2020 Nov 18;S1063-4584(20)31166-3. doi: 10.1016/j.joca.2020.11.001.

australiecanadadanemarkE M Roos, D T Grønne, S T Skou et al. Immediate outcomes following the GLA:D® program in Denmark, Canada and Australia. A longitudinal analysis including 28,370 patients with symptomatic knee or hip osteoarthritis. Osteoarthritis Cartilage. 2021 Feb 6;S1063-4584(21)00033-9. doi: 10.1016/j.joca.2020.12.024.

Skou ST, Roos EM. Good Life with osteoArthritis in Denmark (GLA:D): evidence-based education and supervised neuromuscular exercise delivered by certified physiotherapists nationwide. BMC Musculoskelet Disord. 2017;18:72.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

 

Programme d’exercices NeMeX

Skou ST, Bricca A, Roos EM. The impact of physical activity level on the short- and long-term pain relief from supervised exercise therapy and education: a study of 12,796 Danish patients with knee osteoarthritis. Osteoarthritis Cartilage. 2018 Aug 2. pii: S1063-4584(18)31385-2. doi: 10.1016/j.joca.2018.07.010. Article sous presse

Résumé disponible en ligne

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