L’EMG de surface en kinésithérapie quotidienne


L’outil est connu et reconnu depuis longtemps, mais nous ne nous le sommes pas approprié. Moi je dirais que surtout, rien dans la nomenclature des actes professionnels n’existe pour coter une analyse EMG de la marche ou d’un geste particulier. Ajoutez à cela le coût (mais les kinés ne rechignent souvent pas à investir dans du matériel onéreux), la difficulté de ne pas perdre du temps avec des outils pas trop ergonomiques, … Ce ne sont pourtant pas les examens à la portée des MK qui pourraient être utilisés (d’ailleurs pourquoi se limiter à l’EMG de surface quand on dispose d’une capacité à pratiquer le dry needling ?). Enfin moi, je dis ça…

Ce qui en limite l’usage

Les « barrières » entre les résultats de la recherche et leur application sont très larges et sont de longue date, culturelles, éducatives et techniques. Les barrières culturelles ont trait à l’acceptation et à l’utilisation générales du concept de mesure objective dans un cadre clinique et à son rôle dans la promotion de la médecine fondée sur les preuves. 

Il existe de grandes différences entre les pays en ce qui concerne la formation appropriée à l’utilisation de ces mesures quantitatives en général, et des mesures électro-myographiques en particulier. Ces différences se manifestent dans les programmes de formation, les diplômes délivrés et les possibilités de carrière dans l’enseignement et la recherche. 

fneur-11-00934-g001

Les barrières éducatives sont liées à la formation en mathématiques et en physique des cliniciens en réadaptation, ce qui conduit à des concepts de base insuffisants en matière d’interprétation des signaux, ainsi qu’à l’absence d’un langage commun avec les ingénieurs en réadaptation. 

Les obstacles techniques sont progressivement surmontés, mais les progrès sont encore entravés par le manque d’équipements conviviaux, l’insuffisance de la demande du marché, les dispositifs de type gadget, le prix relativement élevé des équipements et le manque d’intérêt généralisé des fabricants. 

Malgré les recommandations formulées dans le cadre du projet européen « EMG de surface pour l’évaluation non invasive des muscles (SENIAM) », vieux de 20 ans, de véritables normes internationales font toujours défaut et la pression internationale pour l’élaboration et l’application de telles normes est minime. 

Le besoin de changement dans la formation et l’enseignement est de plus en plus ressenti dans le monde universitaire, mais il est beaucoup moins perçu dans le système de prestation de soins de santé et les environnements cliniques. 

Les progrès technologiques rapides dans les domaines de la technologie des capteurs et des mesures (y compris les EMG de surface), des appareils d’assistance et de la réhabilitation robotisée, n’ont pas été motivés par les demandes cliniques. 

Les auteurs de cet article [Campanini 2020] avancent que les interventions les plus importantes et les plus urgentes concernent l’amélioration de la formation des praticiens, un transfert de technologie plus efficace et des opportunités académiques accrues pour les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes.

Analyse de la marche en cabinet à l’aide de l’EMG de surface : pourquoi ça ne se fait pas

fneur-11-00994-g0001L’électromyographie de surface est le principal outil non invasif utilisé pour enregistrer l’activité électrique des muscles lors de tâches dynamiques. Un certain nombre de techniques ont été développées pour obtenir et interpréter les schémas d’activation musculaire des patients présentant une altération de la locomotion. Cependant, l’ensemble des connaissances décrites dans ces études est très rarement traduit dans la pratique clinique de routine. 

L’objectif de ce travail [Agostini 2020] est d’analyser de manière critique les facteurs clés qui limitent l’utilisation extensive de ces techniques pertinentes chez les cliniciens. Une compréhension approfondie de ces facteurs limitatifs fournira une occasion importante de surmonter les limitations par des actions spécifiques, et de progresser vers une approche de la rééducation fondée sur des résultats et des mesures objectives.

fneur-11-00994-g0002


Références bibliographiques

allemagneitalieIsabella Campanini, Catherine Disselhorst-Klug, William Z Rymer, Roberto Merletti. Surface EMG in Clinical Assessment and Neurorehabilitation: Barriers Limiting Its Use. Front Neurol. 2020 Sep 2;11:934. doi: 10.3389/fneur.2020.00934.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

italieValentina Agostini, Marco Ghislieri, Samanta Rosati, Gabriella Balestra, Marco Knaflitz. Surface Electromyography Applied to Gait Analysis: How to Improve Its Impact in Clinics? Front Neurol. 2020 Sep 4;11:994. doi: 10.3389/fneur.2020.00994.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s