Critique de la notion de lombalgie aiguë et chronique


Un mien ami considérait qu’il n’y avait que deux seuls types de patients franchissant la porte de son cabinet de kinésithérapie ; ceux qui guérissaient tous seuls et faisaient sa réputation, ceux qui ne guérissaient jamais et assuraient son chiffre d’affaires. 

Le guide clinique néerlandais sur la lombalgie [1] considère qu’il y a trois types de lombalgies : 

  • Celles qui sont résolues facilement en trois séances de thérapie manuelle 
  • Celles qui mettent un mois à se résoudre avec de l’actif en plus de la thérapie manuelle 
  • Celles qui ne se résolvent pas, à cause des facteurs psychosociaux dont souffre le patient. 

Alice Kongsted avait déjà planché sur le sujet [2] en interrogeant par SMS pendant un an des lombalgiques pour connaître l’évolution de leurs douleurs. Elle récidive [3] et simplifie les 8 profils particuliers trouvés par une classification un peu trop fouillée. 

Sans titre
Graphique provenant de l’article

En fait, en l’absence de classification, on arrive à une évolution quasiment traçée au cordeau , bien en accord avec les concepts d’aigu et chronique développés notamment par Butler et Moseley qui proposent qu’après 3 mois, si on a encore mal, c’est que le cerveau continue à jouer sa petite musique douloureuse, puisque la colonne vertébrale s’est auto-réparée. 

Ca se répare forcément en 12 semaines, un rachis dont les apports nutritionnels sont aussi mal foutus et vraisemblablement nuls à partir de 35 ans ? 

D’après ce que je comprends, il y aurait ceux qu’on ne peut jamais améliorer, ceux qui s’améliorent en soufflant dessus et la masse des autres dont les douleurs fluctuent en fonction du moment… 


Références bibliographiques : 

[1] KNGF Clinical Practice Guideline for Physical Therapy in patients with low back pain. Royal Dutch Society for Physical Therapy. ISSN 1567-6137. July 2013 

Guide clinique disponible en ligne 

[2] Kongsted A et al. Patients with low back pain had distinct clinical course patterns that were typically neither complete recovery nor constant pain. A latent class analysis of longitudinal data. Spine J. 2015 May 1;15(5):885-94. 

Article disponible en ligne 

[3] Kongsted A et al. What have we learned from ten years of trajectory research in low back pain? BMC Musculoskelet Disord. 2016 May 21;17(1):220. doi: 10.1186/s12891-016-1071-2 

Article disponible en ligne

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