Dois-je l’informer de l’inutilité de son arthroscopie ?
Comme les soldats devant sauver le soldat Ryan, je considère la situation Foupoudav (traduction de Fucked Up Beyond All Repair).
Qu’est-ce que j’ai été faire dans cette galère ?
Que des balles perdues à prendre à la prochaine visite chez le chirurgien (j’avais dit trois fois par semaine ! J’avais dit que du passif pendant un mois ! Comment, il ne vous prend qu’une demi-heure par séance ? …). Pourquoi j’ai accepté cette patiente ???
Faire de l’evidence-based-practice ?
Et indiquer à la patiente que le troisième chirurgien aurait du faire comme les deux premiers et surtout pas l’opérer, vu que l’étude du Lancet [1] a conclu qu’opérer ou faire semblant de le faire, c’est pareil.
Et que je dois à la fois prendre en charge une hypersensibilité d’origine centrale bien engrammée dans les circonvolutions cérébrales de la dame et les conséquences de la blessure chirurgicale volontairement infligée à cette épaule qui n’en demandait pas autant.
C’est pas si simple…
Pour moi, pour elle, effectivement. Ca va même être compliqué d’être utile.
Mais pour les chirurgiens ?
Ils le pensent aussi [2], mais pas pour les mêmes raisons : il y a de bons patients, des praticiens qui n’ont pas assez d’expérience, de mauvais acromions…
Références bibliographiques
[1] Beard DJ, Rees JL, Cook JA, et al. Arthroscopic subacromial decompression for subacromial shoulder pain (CSAW): a multicentre, pragmatic, parallel group, placebo-controlled, three-group, randomised surgical trial. Lancet 2018;391:329–38.
[2] Lädermann A, Neyton L, Saffarini M, Collin P. Should clinicians integrate the findings of The Lancet’s 2018 placebo-controlled subacromial decompression trial into clinical practice? BMJ Open Sport Exerc Med. 2018 Oct 4;4(1):e000454. doi: 10.1136/bmjsem-2018-000454.
