Quatre façons de se pencher en avant. Quatre types de lombalgiques ?


Rédigé par le Jeudi 27 Septembre 2018

 

Un autre regard sur le patient

 


Classiquement, lors de la flexion du sujet debout, on évoquait des stratégies top-down ou bottom-up.

Dans le premier cas, les muscles lombaires s’activent avant les fessiers, comme si le patient lombalgique sur-protégeait sa région lombaire.
Dans le second, l’activité des muscles lombaires survient après celle des fessiers, solidarisant les différents éléments des pieds à la tête.

S’y rajoute une des caractéristiques du lombalgique, le maintien d’une activité musculaire en flexion complète, a contrario du tronc du sujet sain, appendu à son bassin par son système ligamentaire et aponévrotique et ses éléments passifs.

Cette étude a cherché plus loin en examinant s’il existait des modèles de cinématiques lombo-pelviennes en flexion et des données EMG pouvant définir des sous-groupes de mouvements.

Méthode

Il s’agissait d’une étude observationnelle transversale de 126 personnes sans antécédents de lombalgie significative et de 140 personnes présentant une lombalgie persistante (n = 266).

Les capteurs de mouvement et l’EMG de surface ont permis de collecter les données en flexion (mobilité du tronc, lombaire, pelvienne), vitesse, coordination, synchronisation des séquences et activité des muscles extenseurs paramètres ainsi qu’en station assise (position relative, type d’inclinaison du bassin).
Une classification a été utilisée pour dégager des modèles à partir de ces paramètres.

Résultats

Quatre sous-groupes à forte probabilité d’appartenance ont été trouvés.

– Le sous-groupe 1 (n = 133 personnes, 26% de lombalgiques) présentait la plus grande plage de flexion du tronc, le mouvement le plus rapide, le relâchement complet en flexion et des mouvements lombaires et pelviens synchronisés.

– Le sous-groupe 2 (n = 73, 71% de lombalgiques) présentait la plus grande amplitude lombaire, moins de relâchement en flexion et une asynchronie de 0,9 s du mouvement pelvien.

– Le sous-groupe 3 (n = 41, 83% de lombalgiques) avait la plus petite amplitude lombaire, un retard de 0,6 s du mouvement lombaire (par rapport au mouvement pelvien) et moins de relâchement en flexion que le sous-groupe 2.

– Le sous-groupe 4 (n = 19 personnes, 100% de lombalgiques) présentait le moins de relâchement en flexion, le mouvement le plus lent, le plus grand retard du mouvement pelvien et la plus petite amplitude pelvienne.

Ces schémas pourraient être décrits comme standard (sous-groupe 1), dominant lombaire (sous-groupe 2), dominant pelvien (sous-groupe 3) et en contrôle maximal (? guarded) (sous-groupe 4).

Les scores de limitation de la douleur et de l’activité spécifiques au sous-groupe 4 étaient plus élevés par rapport aux autres groupes et un plus grand pourcentage de personnes souffrant d’irradiations dans les membres inférieurs se retrouvaient dans les sous-groupes 2 et 4.

Conclusion

Quatre sous-groupes présentant une cinématique différente en flexion lombo-pelvienne ont été retrouvés avec une distribution inégale parmi les personnes avec et sans antécédents de lombalgie chronique.
Ces sous-groupes pourraient avoir des implications pour lesquelles les patients sont susceptibles de répondre aux interventions basées sur le mouvement.

Références bibliographiques

Laird RA, Keating JL, Kent P. Subgroups of lumbo-pelvic flexion kinematics are present in people with and without persistent low back pain. BMC Musculoskelet Disord. 2018 Aug 28;19(1):309. doi: 10.1186/s12891-018-2233-1

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