
Cette étude Delphi s’est donnée trois objectifs :
– Faire l’inventaire des opinions d’experts sur l’indication de la physiothérapie quand, hormis la cervicalgie, aucun signes, symptômes et test diagnostic ne sont positifs.
– Savoir quels instruments de mesures sont utilisés et à quel moment ils le sont pour conforter et objectiver le raisonnement clinique.
– Établir un consensus parmi les experts sur la pratique d’un raisonnement clinique.
Résultats
Les experts affirment que la douleur seule n’est pas une indication de la physiothérapie et qu’il doit y avoir d’autres signes / symptômes présents et / ou au moins un ou plusieurs tests de diagnostic positifs pour corroborer l’indication de la physiothérapie.
Ils utilisent une large gamme d’instruments de mesure, dont majoritairement EVA et NDI. D’autres auto-questionnaires, basés sur des considérations psychosociales, la kinésiophobie, sont utilisés mais dans une moindre mesure.
Les tests physiques restent cependant quatre fois plus utilisés que les questionnaires.
Commentaires ActuKiné
Malgré tout, les habitudes ont la vie dure : les défauts de mobilité segmentaires sont encore considérés comme une cause de cervicalgie.
C’est un raccourci, puisque les experts jugent prépondérants le biopsychosocial et l’hyper-sensibilité d’origine centrale dans la cervicalgie, mais on voit bien que nous sommes en plein dans le changement de paradigme.
Étonné de leur réponses thérapeutiques : bien classiques, bien classiques, … Le massage est toujours cité, la manipulation vertébrale ne l’est pas. Mais après tout, ce sont des physiothérapeutes néerlandais, pas des « kinés ostéo ».
Références bibliographiques
Maissan F, Pool J, Stutterheim E, Wittink H, Ostelo R. Clinical reasoning in unimodal interventions in patients with non-specific neck pain in daily physiotherapy practice, a Delphi study. Musculoskelet Sci Pract. 2018 Oct;37:8-16. doi: 10.1016/j.msksp.2018.06.001.
