
Des études in vivo antérieures suggèrent que le rapport entre la rotation lombaire totale et la rotation pelvienne (rythme lombo-pelvien) au cours du mouvement sagittal du tronc est essentiel pour évaluer les charges vertébrales et distinguer entre la lombalgie et la population asymptomatique.
Il est admis qu’une réduction de la rotation pelvienne comme de la flexion lombaire se retrouvent chez les lombalgiques comparativement aux sujets sains.
De même, il est également prouvé que le rythme lombo-pelvien est essentiel pour l’évaluation des forces et des moments réels musculaires et articulaires prédits par diverses modélisations musculo-squelettiques calculés.
Est-ce général ou local ? Quid de la part du pelvis et des lombaires ? Raisonnablement, ces deux sujets pourraient avoir les mêmes contraintes, aux mêmes endroits, lors du même mouvement ?

Matériel & méthodes
Cette étude a examiné les effets rachidiens de trois rythmes lombo-pelviens définis sur la base de mesures in vivo lors d’une flexion modérée (60 °) en utilisant une approche combinée de modélisation musculo-squelettique du haut du corps comme de la colonne lombo-sacrée.
Les forces musculaires et les charges articulaires prédites par le modèle musculo-squelettique, ainsi que les forces gravitationnelles, ont été appliquées à la modélisation pour calculer la force et le moment du disque, la pression intradiscale, la contrainte des fibres annulaires et le partage de la charge.
Les résultats
- Un rythme caractérisé par une rotation pelvienne élevée et une flexion lombaire faible implique plus globalement les muscles et accroît le rôle du disque dans la résistance aux contraintes vertébrales.
- A contrario, avec une faible rotation pelvienne, les muscles sont recrutés plus localement et la majoration des tensions ligamentaires permet de diminuer les contraintes discales.
- Un rythme normal avec des rotations lombaires et pelviennes équilibrées permet une répartition presque égale de la charge des disques et des ligaments, ainsi qu’une synergie plus équilibrée entre les muscles globaux et locaux. Le rythme lombo-pelvien a ainsi moins d’effet sur la pression intradiscale et la contrainte des fibres annulaires.
Conclusion
Ce travail a démontré que les contraintes subies par la colonne vertébrale lors de la flexion antérieure peuvent dépendre fortement du rythme lombo-pelvien.
Références bibliographiques
T. Liu, K. Khalaf, S. Adeeb, M. El-Rich, Effects of Lumbo-Pelvic Rhythm on Trunk Muscle Forces and Disc Loads during Forward Flexion: A Combined Musculoskeletal and Finite Element Simulation Study, Journal of Biomechanics (2018), doi: https://doi.org/10.1016/j.jbiomech.2018.10.009

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