Une étude qui fera date.
Type d’étude
Essai clinique prospectif, à trois bras, en simple aveugle, randomisé.
Lieux
Brisbane et Melbourne, Australie.
Participants
Individus âgés de 35 à 70 ans, présentant une douleur latérale à la hanche depuis plus de trois mois, au moins 4/10 sur l’échelle d’évaluation numérique de la douleur, et une tendinopathie glutéale confirmée par un diagnostic clinique et une imagerie par résonance magnétique; et sans injection de corticostéroïdes au cours des 12 mois précédents, physiothérapie actuelle, arthroplastie totale de la hanche ou troubles neurologiques.
Interventions
- Un programme d’éducation et d’exercices dirigé par un physiothérapeute lors de 14 séances réparties sur huit semaines (n = 69),
- Une injection de corticostéroïdes (n = 66),
- Ne rien faire (n = 69).
Type de prise en charge en kinésithérapie
Une annexe à l’article décrit par le menu les exercices, actifs et en charge essentiellement.
Très schématiquement toujours le même principe : puisque votre cerveau vous fait mal aux muscles de la hanche, on va lui prouver que vous ne risquez rien à les travailler…
Indicateurs principaux
Les indicateurs principaux étaient l’impression globale de changement de l’état de la hanche par les patients (GRoC, sur une échelle de 11 points) et l’EVA de la semaine précédente (0 = aucune douleur, 10 = douleur maximale).
Le suivi à plus long terme s’est fait jusqu’à 52 semaines.
Résultats
Sur 204 participants randomisés (dont 167 femmes, de 54,8 ± 8,8 ans de moyenne d’âge), 189 (92,6%) ont respecté le suivi de 52 semaines.
Un changement thérapeutique positif a été signalé à huit semaines par 51 des 66 patients en rééducation, 38 des 65 patients infiltrés et 20 des 68 patients non-traités.
Les traitements permettaient globalement de meilleurs scores d’amélioration que l’attente (différence du risque à 49,1% IC95%[34,6% à 63,5%]).
Le nombre nécessaire de patients à traiter pour améliorer un patient était de 2.0 IC95%[1,6 à 2,9] en physiothérapie, 2.9 IC95%[1.3 à 4.5] pour les infiltrés, 3,4 IC95%[2,2 à 7,6] pour les non-traités.
Les patients pris en charge en physiothérapie avait de meilleurs scores d’amélioration globale que ceux traités par infiltration (19,9% IC95%[4,7% à 35,0%] versus 5,0% IC95%[2,9 à 21,1]).
À huit semaines, la douleur signalée sur l’échelle d’évaluation numérique était en moyenne de 1,5 ± 1,5 pour la physiothérapie, de 2,7 ± 2,4 pour l’infiltration et de 3,8 ± 2,0 pour l’absence de traitement.
Les participants traités ont rapporté moins de douleur que ceux non-traités (différence moyenne -2,2 IC95%[ -2,89 à -1,54], -1,2 IC95%[-1,85 à -0,50], respectivement), et les participants en kinésithérapie ont rapporté moins de douleur que les infiltrés (-1,04 (-1,72 à -0,37)).
Un an après les problèmes de 51 des 65 patients traité en kinésithérapie étaient résolus, contre 36 des 63 patients infiltrés et 31 des 60 patients non-traités.
La douleur à cette date ne différait cependant pas entre patients infiltrés et traités en kinésithérapie.
Conclusions
Dans le cas de la tendinopathie fessière, l’éducation plus l’exercice et l’injection de corticostéroïdes ont entraîné des taux plus élevés d’amélioration globale signalée par les patients et une intensité de la douleur plus faible que l’abstention thérapeutique à huit semaines. La physiothérapie est plus efficace que l’injection de corticostéroïdes.
À 52 semaines de suivi, elle conduit à une meilleure amélioration globale que l’injection de corticostéroïdes, mais sans aucune différence dans l’intensité de la douleur.
Ces résultats soutiennent la kinésithérapie comme une approche de gestion efficace pour la tendinopathie glutéale.
Références bibliographiques
Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, Nicolson P, Kasza J, Hodges P, Wajswelner H, Vicenzino B. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy: prospective, single blinded, randomised clinical trial. BMJ. 2018 May 2;361:k1662. doi: 10.1136/bmj.k1662.
