Quelques tests usuels comparés au Neck Disability Index
Le Neck Disability Index (NDI) est le gold-standard des études portant sur les cervicalgies. Il est valide y compris dans sa version française.
Lire ici son analyse par Jacques Vaillant [4]
L’évolution des mesures de forces ou d’amplitudes cervicales devrait donc au moins être liée à celle du NDI.
L’objectif de la présente étude était d’examiner la réactivité de quatre tests cliniques peu coûteux et faciles à réaliser dans un contexte clinique, y compris le test de flexion crânio-cervicale, les amplitudes actives cervicales, le test des extenseurs cervicaux et les seuils de douleur à la pression, en comparaison avec le NDI.
Méthodes
Cette étude [1] est une analyse secondaire des données recueillies dans un essai contrôlé randomisé publié précédemment.
Les participants, cervicalgiques chroniques, y avaient été randomisés pour comparer les effets de l’entraînement physique, des exercices et de l’éducation à la neuro-physiologie de la douleur combinés ou de l’éducation à la neuro-physiologie de la douleur prise isolément [2].
Les participants ont été testés sur les tests cliniques au départ et à 4 mois de suivi. Une approche fondée sur le seuil optimal de discrimination à l’aide de courbes (ROC) a été utilisée pour évaluer la réactivité des tests cliniques.
Le Neck Disability Index a été utilisé pour distinguer entre ceux qui s’étaient améliorés et ceux qui étaient restés inchangés sur un suivi de 4 mois (amélioration d’au moins 7 points du score).
La différence minimale cliniquement importante (MCID), ainsi que la sensibilité, la spécificité, les valeurs prédictives positives et négatives, en plus des rapports de vraisemblance positifs et négatifs ont été calculés.
Résultats
Au total, 164 participants ont complété le suivi de 4 mois. Cent quarante-quatre participants ont été classés comme inchangés alors que 20 patients ont été considérés comme améliorés (!).
Vingt-six participants n’ont pas terminé tous les tests cliniques, laissant un total de 138 à inclure dans les analyses. L’aire sous la courbe (AUC) variait de 0,50 à 0,62 pour les tests cliniques, et tous étaient en dessous d’un niveau acceptable (La surface sous la courbe donne une représentation graphique de la performance de discrimination de l’échelle, plus elle augmente, plus elle est performante. Si la courbe trace une diagonale qui sépare le graphique en deux parties égales (surface de 0.5), l’échelle est inopérante [3]).
La MCID était généralement importante et la sensibilité et la spécificité correspondantes étaient faibles avec une sensibilité allant de 20 à 60% et une spécificité de 54 à 86%.
Conclusion
La réactivité des tests cliniques inclus est généralement faible lorsque l’on utilise le changement du score NDI comme point d’ancrage entre le début de l’étude et le suivi de 4 mois.
D’autres études sur la réactivité sont justifiées, en utilisant éventuellement d’autres seuils qui pourraient correspondre à des dimensions similaires aux tests cliniques, qui ne mesurent peut être pas les mêmes choses :
– Les auteurs citent des études précédentes donnant des résultats plus encourageants, mais ils comparaient des seuils de pression douloureuse à l’impression globale de changement (GRoC).
– Ils auraient pu choisir une valeur seuil moindre qu’un changement de 7 points au NDI mais cela n’aurait pas influencé majoritairement leur résultat.
Commentaire AK
Si l’on veut reposer son traitement sur des bases factuelles, il vaut apparemment mieux donner un NDI à remplir au patient que de se prendre la tête avec la mesure de seuils de douleur à la pression, des amplitudes articulaires mesurées à l’IPad ou des compressions de coussinet Chatanooga pour calculer la force des «remparts convexitaires» antérieurs.
Et de toute manière, il fait quoi votre patient, à la première séance quand vous rentrez ses données sur le logiciel pendant 10 minutes ? Il joue à Candy Crush ? Un NDI, ça va l’occuper utilement.
Reste que 20 patients améliorés sur 144, ça fait pas besef…Va falloir s’agiter grave pour prouver notre efficacité.
Référence bibliographique
[1] Jørgensen R, Ris I, Juhl C, Falla D, Juul-Kristensen B. Responsiveness of clinical tests for people with neck pain. BMC Musculoskelet Disord. 2017 Dec 28;18(1):548. doi: 10.1186/s12891-017-1918-1.
Articles en rapport avec le sujet
[2] Ris I, Juul-Kristensen B, Boyle E, Kongsted A, Manniche C, Søgaard K. Does a combination of physical training, specific exercises and pain education improve health-related quality of life in patients with chronic neck pain? A randomised control trial with a 4-month follow up. Man Ther. 2016;26:132–140. doi: 10.1016/j.math.2016.08.004
[3] Piette P. Métrologie appliquée à la kinésithérapie : mesures, tests et bilans, concepts fondamentaux. EMC – Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation 2016;0(0):1-15 [Article 26-007-A-40]
[4] Jacques Vaillant. Echelle algo-fonctionnelle pour le rachis cervical. Kinésithér Scient 2013,0544:43-44 – 10/06/2013

