Ces sandales (MLUS, je suppose pour medio-latéral unstables shoes) à semelles hémisphériques, ont été modifiées pour stimuler un plus grand mouvement dans le plan frontal (inversion et éversion).
Cette étude coréenne [2] a examiné les effets de 4 semaines d’exercices d’équilibre avec ces chaussures instables modifiées dans le plan médio-latéral sur l’activation et la capacité fonctionnelle des muscles de la cheville.
Sujets et méthodes :
Trente étudiants sans traumatisme récent ou passé de la cheville ont été répartis aléatoirement à un groupe expérimental ou à un groupe témoin.
Le groupe expérimental a participé à un programme d’exercices à raison de 3 fois par semaine pendant 4 semaines, consistant en des jambières d’une jambe et des exercices semi-squatés avec une semelle intermédiaire non latérale.
Le groupe témoin a continué ses activités régulières sans participer au programme.
Procédure & posologie :
Le groupe expérimental a réalisé, sur le côté dominant, des appuis unipodaux et des demi-squats, avec port de la sandale, à raison de 5 séries de 10 répétitions trois fois par semaine, à domicile.
Les exercices se faisaient yeux ouverts, les épaules en flexion à 90 degrés. En position de squat, les genoux étaient fléchis à 120 degrés et maintenus ainsi pendant trente secondes, avec une période de repos d’une minute après chacun des 5 séries.
Indicateurs :
Les activités électromyographiques des muscles peroneus longus et brevis ont été enregistrées lors de la descente des escaliers avant et après le programme d’exercices. Le bilan fonctionnel a été testé avec le test Star Excursion Balance (SEBT) immédiatement avant et après le programme d’exercices.
Résultats :
L’activation des péroniers latéraux, le Star Excursion Balance Test n’ont pas montré de différence significative entre pré et post exercices, entre le côté dominant et l’autre, dans les deux groupes.
Conclusion :
Et si on augmentait l’intensité ? Et si on prenait des sujets pathologiques ? Et si les muscles de la cheville n’étaient pas responsables de l’équilibre du sujet ?
Une limitation de cette étude est que les exercices ont été effectués sans surveillance. Une autre, que les résultats du SEBT pourraient ne pas montré de différence significative en avant / après parce que des sujets en bonne santé ont déjà des scores élevés.
Dans l’étude précédente [1] les sandales (photo issue de l’article) avaient augmenté l’activation des péroniers de quasiment plus de 50% en unipodal. A les voir, ça se comprend…mais la plausibilité biologique du traitement n’en fait pas a elle seule un traitement efficace.
Il faut tomber sur une autre étude, de 2003, et basée sur des sujets présentant des chevilles instables, pour avoir un avis sur l’efficacité [3].
Son résumé conclut par : «Training with Exercise Sandals might not be any more effective in improving postural stability than performing functional balance training without Exercise Sandals. However, Exercise Sandals did not impair postural stability and, consequently, might serve as an alternative therapy to improve postural stability», ce qui peut se traduire par :
« Basically, it’s not worse, but it’s not better. Afterwards, if it amuses you, if it made the kids laugh and if you find someone who pays for it? »
Peut être qu’une étude plus récente apporte des conclusions différentes ? Who knows ?
Référence bibliographique :
[1] J.Troy Blackburn, Christopher J. Hirth, Kevin M. Guskiewicz. Exercise Sandals Increase Lower Extremity Electromyographic Activity During Functional Activities. J Athl Train. 2003 Jul-Sep; 38(3): 198–203.
[2] Nam SB, Choi BR. Effect of a 4-week balance exercise with medio-lateral unstable sole on ankle joint functional ability. J Phys Ther Sci. 2017 Jul;29(7):1134-1136. doi: 10.1589/jpts.29.1134.
Articles en rapport avec le sujet
[3] Thomas B Michell, Scott E Ross, J. Troy Blackburn, Christopher J Hirth, Kevin M Guskiewicz Functional Balance Training, With or Without Exercise Sandals, for Subjects With Stable or Unstable Ankles. J Athl Train. 2006 Oct-Dec; 41(4): 393–398.

