
Les auteurs ont comparé les résultats des patients ayant bénéficié de kinésithérapie à ceux de patients n’en bénéficiant pas. Ils ont également évalué s’il existait un nombre de séances à partir desquelles l’évolution se stabilisait.
Méthodes
De février 2011 à juin 2015, une cohorte multicentrique de patients présentant des douleurs attribuées à la présence d’une déchirure de la coiffe des rotateurs ont rempli un questionnaire démographique et de santé détaillé ainsi qu’un score Shoulder Pain and Disability Index (SPADI) au départ de l’étude et à 3, 6, 12 et 18 mois.
Il s’agissait de déterminer si une thérapie physique délivrée au cours des trois premiers mois prédisait les scores SPADI et si un effet-dose pouvait être mis en évidence.
Résultats
Parmi les 55 patients de la cohorte, la kinésithérapie pratiquée au cours des trois premiers mois était prédictive de meilleurs scores SPADI comparativement à l’absence de traitement physique (p = 0,02).
Les scores étaient similaires entre les groupes à 6, 12 et 18 mois.
Un seuil de 16 séances de kinésithérapie a été observé pour la douleur et l’amélioration fonctionnelle au cours du suivi, après quoi aucune amélioration significative n’a été observée.
Conclusion
Faire de la kinésithérapie améliore statistiquement à 3 mois ces patients mais l’effet ne perdure pas. En fonction de l’estimation du seuil de différence minimale cliniquement importante utilisée pour le score SPADI, les résultats peuvent être interprétés comme cliniquement utiles ou non….
Faire plus de 16 séances n’améliore pas plus ces patients.
Commentaire
Bel exemple d’étude pouvant avoir un impact sur la politique conventionnelle…
Références bibliographiques
Dickinson RN, Ayers GD, Archer KR, Fan R, Page C, Higgins LD, Kuhn JE, Baumgarten KM, Matzkin E, Jain NB. Physical therapy versus natural history in outcomes of rotator cuff tears: the Rotator Cuff Outcomes Workgroup (ROW) cohort study. J Shoulder Elbow Surg. 2019 May;28(5):833-838. doi: 10.1016/j.jse.2018.10.001.
