Une chirurgie vertébrale qui augmente les contraintes neurales

Cette étude s’est attachée à la mesure de la pression foraminale lors d’interventions chirurgicales et son impact sur les racines nerveuses lombo-sacrées. La physiologie des racines nerveuses lombo-sacrée dans les foramens restent controversée.

Les auteurs ont évalué prospectivement la pression locale du foramen vertébral en L4-5 et L5-S1 chez 18 patients présentant un spondylolisthésis de L4.

Tous les patients ont bénéficié (?) d’une arthrodèse postérolatérale de L4-5 avec laminectomie en L3-L4-L5.

Pendant l’opération, la pression locale du foramen a été mesurée en utilisant un capteur de pression de cathéter en procubitus, en position neutre et extension lombale, et la mesure a été effectuée avant et après intervention, sur les deux étages.


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Je profite de l’été pour ce retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Lundi 15 Septembre 2014


Résultats :

Sans titre

Conclusions : 

L’augmentation forte de pression foraminale en extension est confirmée par cette étude in vivo. Elle n’est pas mince… 

Les auteurs font part dans leur discussion, d’une altération de la conduction nerveuse du tibial antérieur lors de l’augmentation de pression foraminale, altération mesurée dans une de leurs études antérieures (Measurement of the local pressure of the intervertebral foramen and the electrophysiologic values of the spinal nerve roots in the vertebral foramen. Spine 2006;31:3076-80). 

Personnellement, c’est toujours la même interrogation… : par quel moyen la méthode MDT peut elle alors avoir autant de résultats thérapeutiques sur des sciatiques en compressant davantage des racines endolories ? Peut être que, comme dans le concept de restauration fonctionnelle du rachis, il s’agit de rendre le patient de plus en plus compliant avec sa douleur, en répétant les mouvements douloureux, comme si, à force de se donner des coups de marteau sur le doigt, celui-ci s’insenbiliserait ? 

Si votre patient souffre de névralgies avant chirurgie pour spondylolisthésis, rien n’indique que la situation s’améliorera après. Bien sûr, la fixation chirurgicale bloque les augmentations de pression en extension sur l’étage traité (c’est bien le moins…), mais elle majore ces augmentations de pression sur l’étage sous-jacent : la part de contrainte en extension non prise en charge par l’étage opéré est subie par le voisinage. 

Encore des arguments en faveur de l’abandon du concept anatomique des rachialgies… 


Références bibliographiques : 

Morishita Y, Maeda T, Ueta T, Naito M, Shiba K. Pathophysiological Effects of Lumbar Instrumentation Surgery on Lumbosacral Nerve Roots in the Vertebral Foramen: Measurement of Local Pressure of Intervertebral Foramen. Spine (Phila Pa 1976). 2014 Jul 15. Article sous presse 

Résumé de l’article disponible en ligne 

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2 commentaires

  1. Je ne pense vraiment pas que ces éléments remettent en cause les améliorations des patients répondants au MDT. Ni le côté mécanique du traitement.

    Souvent les patients avec un Radiculopathie passent par des exercices latéraux (glissement ou rotation) au départ du traitement. Alors que le plan saggital les aggrave.

    Puis il est possible de retourner au plan saggital. Soit directement soit couplé avec le plan frontal. Il y a bien quelque chose qui a changé mécaniquement = l’extension ne les aggrave plus mais les améliore !

    La vraie question est la suivante = le problème est il vraiment au niveau foraminal ?

    Si ce n’est pas le cas (= la majorité des patients) , alors cette augmentation de pression ne compte pas.

    Attention à ne pas vouloir tout mettre sans le même panier pour vouloir se prouver que l’on a raison.

    S’ils centralisent et vont de mieux en mieux on a raison de le faire. Dans le cas contraire s’abstenir, ou utiliser d’autres techniques ( traction, mobilisation neuromeningee…) qui permettent de retester le mouvement répété et voir s’il fonctionne.

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  2. Rigoureusement, tu ne peux pas affirmer que la majorité des patients n’ont pas de problèmes foraminaux… Cela risque de plus de ne pas être démontrable, puisque les douleurs ne proviennent jamais de la région foraminale, ni du disque intervertébral, ni, ni, …. 🙂

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