Analyse de la posture cervicale selon Sahrmann


Sans titreSelon Shirley Sahrmann, tout serait lié à la prépondérance des muscles extrinsèques du cou réalisant les mouvements linéaires sur les muscles intrinsèques réalisant des mouvements angulaires, de la chaîne parallèle sur la chaîne série…

Comme si la faiblesse ou la sidération des muscles profonds toniques placés en série était (mal) compensée par l’activité des muscles superficiels phasiques placés en parallèle.

Un cou en extension : 

Une extension cervicale avec translation antérieure de la tête est pour Sahrmann [1] le tableau postural cervical le plus commun. Associé avec une cyphose thoracique exagérée, il induit une contrainte compressive importante sur les articulaires postérieures. Cette anté-projection de la tête peut survenir à la fatigue, après 10 minutes de travail sur écran. 

Cette posture serait liée à des fléchisseurs intrinsèques faibles, soit une altération des remparts convexitaires antérieurs, et dépendante des structures scapulaires et thoraciques sous-jacentes, des structures neurales du plexus brachial. 

Elle conduit à des douleurs en extension et rotation fréquentes qui pourraient être améliorées par la répétition du mouvement douloureux dans deux conditions : 

  • Après correction des asymétries scapulaires et thoraciques, 
  • Après élévation des scapulas et/ou de la cage thoracique pour détendre les muscles cervico-scapulaires et/ou les tensions neurales du plexus brachial. 

Elle peut être majorée par l’utilisation exacerbée du rachis cervical lors d’expressions corporelles et/ou lors de la lecture, notamment en cas d’utilisation de verres progressifs privilégiant la netteté à la partie inférieure des verres correctifs. 

Structures cervicales en cause : 

Le maintien de la position entraine des extenseurs courts, des fléchisseurs longs et faibles. Les articulaires postérieures sont en compression, une hyper-extension cervicale supérieure pourrait conduire à des céphalées par altération de l’activité des extenseurs du rachis cervical supérieur. 

Un cou droit : 

La présence d’une rectitude cervicale traduit une diminution de la lordose naturelle, donc une augmentation de la flexion au repos. Elle est, pour Sahrmann, contemporaine d’une inversion de courbure thoracique, l’absence de possibilité en flexion d’un dos plat devant se compenser par une flexion cervicale plus importante. Elle indique la fréquence d’activité nécessitant de «se tenir droit» (militaires, danseurs) et considère que la mobilité nécessaire pour voir apparaître ce symptôme le limite aux sujets jeunes.

Analyse globale des mouvements cervicaux

Le syndrome d’extension douloureuse : 

Les muscles intrinsèques réalisant les mouvements angulaires d’extension du rachis cervical supérieur sont les grand et petit droit postérieurs, les obliques inférieur et supérieur, le semi-épineux de la tête, le splénius de la tête, le long de la tête (longissimus capitis). 

photo of man smoking in black background
Photo de Ivandrei Pretorius sur Pexels.com

Les muscles intrinsèques réalisant les mouvements angulaires d’extension du rachis cervical du rachis inférieur sont le semi-épineux du cou, le splénius du cou, le long du cou. Le multifide correspond à ces fonctions mais est trop profond pour avoir un avantage biomécanique. Ses insertions profondes sur les capsules articulaires évitent leur pincement lors de l’extension. 

Les muscles extrinsèques de l’extension permettent la translation postérieure de la tête. Ce sont les trapèzes supérieurs et élévateurs de la scapula. 

Objectif : 

Cette analyse est destinée à mettre en évidence les parts respectives des extenseurs profonds et superficiels du cou. 

Procédure : 

Sujet assis, lui demander de regarder le plafond en arrière le plus loin possible, sans bouger les épaules. Les sujets jeunes utiliseront la translation postérieure plutôt qu’une extension angulaire. L’extension sous-occipitale surviendra plus rapidement que l’extension inférieure. 

Les sujets plus âgés auront mal et seront limités dans leur mouvement parce qu’ils sont déjà en translation antérieure. 

Recherche d’une extension par les extrinsèques : 

Une perturbation commune de l’extension se traduit par un trop grand recrutement de ces derniers qui peut s’observer lorsqu’on demande à des patients en quadrupédie ou en procubitus avec appui sur les coudes (fixation des scapulas) de relever la tête. 

Il s’agit d’observer s’il existe une dissociation entre l’extension active cervicale supérieure et inférieure. 

Procédure : 

Le patient est en quadrupédie pour stabiliser activement ses ceintures scapulaires. Il reçoit l’instruction : «imaginez que vous avez un livre posé au sol entre les deux mains. Fléchissez la tête et le cou le plus loin possible puis étendez le cou le plus loin possible en gardant le regard sur le livre». Pour ce faire, le patient doit réaliser une extension cervicale inférieure en gardant la flexion cervicale supérieure, ce qui revient à solliciter ses extenseurs profonds, qui n’étendent que le cou, alors que les extenseurs superficiels étendent le cou et la tête. 

Valeurs : 

Le test est positif si le patient est incapable d’atteindre de l’ordre de 20° d’extension cervicale en gardant la région cervicale supérieure en position neutre. Il utilise alors excessivement  les muscles cervicaux superficiels en translatant la tête en dorsal, grâce au travail du semi-épineux de la tête qui peut être observable et en rentrant le menton. 

Fiabilité : 

BoussoleElle est bonne k = 0.67 IC95%[0.33–0.95] [2]. 

Validité : 

Il apparaît significativement plus fréquemment positif chez les sujets cervicalgiques. 

Le syndrome de flexion douloureuse : 

 

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