Le thrust thoracique : patient assis ou en décubitus ?


Cette étude s’est attachée à comparer l’efficacité de la manipulation thoracique sujet assis par rapport à la manipulation thoracique en décubitus sur la douleur cervicale et l’amplitude de mouvement en flexion. 

Il existe des preuves que la manipulation thoracique soit un traitement efficace pour les patients souffrant de douleur cervicale. Ces preuves sont basées sur une variété de techniques. Bien que chacune d’entre elles puisse être efficace, peu de recherches ont comparé les techniques pour déterminer celle qui produit les meilleurs résultats. 

Méthode : 

Un total de 39 patients cervicalgiques ont été assignés de façon aléatoire soit à une manipulation thoracique sujet assis soit à une manipulation thoracique ciblée en décubitus dorsal (dog-technic). 

La mesure de la douleur et de l’amplitude de flexion ont été prises avant et après les interventions. 

Procédure patient assis : 

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Le traitement assis consiste à tracter brusquement le patient assis en bord de table, bras croisé «à l’égyptienne» par ses coudes. Si un bruit articulaire est entendu, la manœuvre est terminée. Dans le cas contraire, la manœuvre est répétée. Si aucun bruit articulaire est entendu au deuxième essai, la manœuvre est considérée comme réussie quand même. 

Procédure patient en décubitus : 

Le physiothérapeute identifie un maximum de deux segments hypomobiles, par un test préalable en procubitus en mobilisation passive postéro-antérieure, puis applique en décubitus une manipulation vertébrale thoracique sur le ou les deux segments identifiés. 

Deux positions sont proposées en fonction des choix du physiothérapeute et de la taille du patient : 

Position où le patient croise ses doigts en arrière de sa nuque : 

Le physiothérapeute place, comme indiqué lors de la formation de thérapie manuelle clinique de Kinés-Up !, son avant-bras en «col-de-cygne» sur les coudes du patient, l’autre main étant glissée sous le thorax au niveau de l’étage vertébral à traiter. La tête est maintenue fléchie par la traction des mains du patient. 

Contrairement à la technique précédente, il s’agit de la seule technique pouvant être effectivement réalisée sur un chien, d’où le nom de dog-technic.

Les avant-bras du physiothérapeute sont placés de façon identique ; la flexion du cou est active; le thrust est de haute vélocité, juste avant que l’animal ne plante ses crocs dans l’avant-bras du physiothérapeute.

A noter que cette version peut être une alternative pour les physiothérapeutes de sexe féminin, l’avant-bras en col de cygne s’interposant entre la poitrine de la physiothérapeute et les coudes du patient, ce qui limite les plaintes pour agression sexuelle chez les patients procéduriers.

Position ou les bras du patient sont croisés à l’égyptienne, mains sur les épaules : 

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Là encore, le physiothérapeute a droit à deux essais sonores. L’absence de craquement au deuxième essai est considéré comme une manipulation vertébrale réussie, même si le patient pense que la vertèbre «n’est pas remise puisqu’elle n’a pas craqué comme elle le fait à chaque coup avec mon ostéopathe habituel, qui est parti en vacances». 

Résultats : 

La réduction de la douleur était significativement plus élevée chez les patients recevant la manipulation thoracique dorsale ciblée sur un étage plutôt que pour la manipulation thoracique assise appliquée n’importe où (P <0,05). 

Les auteurs ont observé une tendance à l’amélioration plus importante de la flexion dans le groupe de manipulation thoracique en décubitus dorsal, mais cela n’apparait pas significatif et les augmentations d’amplitude ne sont pas loin du changement minimal détectable par la mesure inclinométrique. 


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Je profite des vacances pour ce retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Lundi 19 Décembre 2016


Conclusion : 

Il faudrait préférer la technique en décubitus, potentiellement plus efficace. 


Référence bibliographique : 

Steve Karas, Megan J Olson Hunt. A randomized clinical trial to compare the immediate effects of seated thoracic manipulation and targeted supine thoracic manipulation on cervical spine flexion range of motion and pain. J Man Manip Ther. 2014 May; 22(2): 108–114. doi: 10.1179/2042618613Y.0000000052 

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