Après traumatisme de la coiffe : chirurgie ou physiothérapie ?


Photo de Javon Swaby sur Pexels.com

Cet essai prospectif randomisé cherchait à savoir si la chirurgie ou la physiothérapie étaient plus efficace après une déchirure aiguë et traumatique de la coiffe des rotateurs.

Elle s’intéressait plus particulièrement au déchirure du supra épineux.

Population

Les patients étaient recrutés dans deux centres : hôpital universitaire et hôpital de comté

Période de janvier 2014 à juin 2017

Deux groupes :

  • intervention chirurgicale de réparation 32 patients
  • physiothérapie 26 patients

Les patients recrutés avaient soit fait une chute, eu un impact, une traction soudaine ou un étirement soudain sur l’épaule.

La taille médiane des déchirures sagittales était de 9,7 mm (fourchette, 4-21 mm).

Critères d’inclusion

  • pas de plaintes préalable de l’épaule
  • douleur à l’épaule
  • diminution de l’élévation du bras
  • une IRM montrant une déchirure de la coiffe au niveau du supra épineux

Critères d’exclusion

  • retard de plus de 3 mois entre le traumatisme et l’intervention
  • plaintes auparavant au niveau de l’épaule
  • arthrose glénoïdale humérale
  • arthrose de l’articulation acromion claviculaire
  • fracture ou luxation de l’épaule
  • opérations antérieurs de l’épaule
  • maladie systémique de l’épaule
  • cancer
  • fibromyalgie
  • instabilité de l’épaule
  • épaule gelée
  • atteinte neurologique affectant la fonction du bras
  • incapacité à comprendre le suédois, abus de drogues, troubles cognitifs

Physiothérapie

Dans le groupe sans intervention, l’épaule n’était jamais immobilisée.

Dans le groupe de l’intervention chirurgicale, la physiothérapie commençait à 4 semaines.

Le programme s’appuyait sur l’expérience des physiothérapeutes et sur plusieurs ressources dont celle ci vous pouvez cliquez épaule

Dans les 2 groupes, le programme de rééducation était identique. Il comprenait 3 phases. La rééducation était réalisée par un physiothérapeute étant spécialisé au niveau des épaules et ayant plus de 10 ans d’expérience.

Evaluation

L’évaluation était réalisée à 3, 6 et 12 mois.

L’évaluation s’est faite à l’aide de l’échelle de Constant-Murley, de l’indice de la coiffe des rotateurs de Western Ontario, de l’échelle EVA (1 à 10) et de l’échelle analogique de Euro quality-of-life.

Les patients portaient des vêtements lors de l’évaluation pour cacher leur cicatrice aux évaluateurs.

Au niveau statistique, la valeur p<0.05 a été retenues statistiquement significatives. Avec une puissance de 80% et une signification de 5%, la taille de l’échantillon requis a été calculée à 42 patients. L’étude en incluait 58.

Résultats

Le groupe ayant eu une réparation tendineuse avait une moyenne de 83 Constant-Murley (25 QR) et le groupe de physiothérapie 78 (QR, 22) à 12 mois, avec une différence de 4,5 entre les groupes (5 à 9, intervalle de confiance de 95% ; P =0 .68).

Les valeurs pour l’indice de la coiffe des rotateurs de Western Ontario étaient 91% (QR, 24) contre 86% (QR, 24), avec une différence de 5,0 entre les groupes (4 à 9, 95% de confiance intervalle ; P = 0.62). Il n’y avait pas de différence dans l’échelle de notation numérique ou dans l’échelle analogique de Euro quality-of-life

On a trouvé des déchirures chez 6,5 % des patients réparés et une progression des déchirures > 5 mm chez 29,2 % des patients non réparés.

Conclusion

Il n’y a pas de différence cliniquement significative entre les patients opérés et non opérés lors d’une déchirure traumatique du supra épineux.

Les auteurs s’interrogent sur le risque d’augmentation de la déchirure à long terme lors d’un traitement basé uniquement sur la physiothérapie. De plus, ils reconnaissent une taille d’échantillon réduite due aux critères d’inclusion strictes.

L’article évoque aussi une autre étude transversal de Hinsley et al (1) (464 personnes examinées), cette étude a essayé de déterminer une taille de déchirures au delà de laquelle une douleur est susceptible d’être présente. Selon eux, une valeur limite serait une taille supérieure à 25 mm.

La physiothérapie est montré comme aussi efficace que la chirurgie reste encore une interrogation sur le long terme et l’évolution des déchirures. Mais est ce que l’augmentation des déchirures modifiera la fonction et la douleur du patient là est la question.

Références bibliographiques

suedeRanebo MC, Björnsson Hallgren HC, Holmgren T, Adolfsson LE. Surgery and physiotherapy were both successful in the treatment of small, acute, traumatic rotator cuff tears: a prospective randomized trial. J Shoulder Elbow Surg. 2020 Mar;29(3):459-470. doi: 10.1016/j.jse.2019.10.013. Epub 2020 Jan 7. PMID: 31924516.

  1. Hinsley H, Nicholls A, Daines M, Wallace G, Arden N, Carr A. Classification of rotator cuff tendinopathy using high definition ultrasound. Muscles Ligaments Tendons J 2014;4:391-7. 20. 

Un commentaire

  1. Le lien ne fonctionne pas… Merci Hoel HUONEtudiant Bachelor en PhysiothérapiePréparateur Physique & Personal Trainer+ 33 (0)6.49.59.32.66

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