La lombalgie en acte individuel : pourquoi ça marche ?


 

La physiothérapie individualisée est un traitement efficace pour la lombalgie. 

300 participants à un essai contrôlé randomisé (153 hommes, 147 femmes, âge moyen 44,1 ans) souffrant de lombalgie (d’une durée de 6 à 26 semaines) ont reçu soit une physiothérapie individualisée, soit des conseils. 

Les variables susceptibles d’expliquer le fonctionnement de la physiothérapie individualisée ont été mesurées dans le cadre d’une analyse multivariée. 

Les patients ont été suivis lors de la période d’intervention (0-10 semaines après le début de l’étude – changements « précoces ») et lors de la période de suivi (10-52 semaines après le début de l’étude – changements « tardifs »). 

Résultats : 

La physiothérapie individualisée a directement réduit le handicap précoce chez les personnes souffrant de lombalgie. Elle a exercé des effets indirects sur l’intensité de la douleur, les attentes en matière de récupération, le sommeil, la peur, l’anxiété et la dépression, par le biais de sa capacité à faciliter l’amélioration précoce du handicap. 

L’amélioration précoce de l’invalidité a conduit à une réduction précoce de la dépression, à la fois directement et par des voies plus complexes impliquant la peur, les attentes de récupération, l’anxiété et l’intensité de la douleur. 

La physiothérapie individualisée a eu la plus grande influence lors de la période d’intervention.

Travailler sur les incapacités physiques diminue les peurs. Le patient devient moins anxieux et in fine moins sujet à la dépression

Les résultats suggèrent que les effets d’un traitement de physiothérapie individualisée impliquent des interactions complexes entre de multiples variables qui sont principalement influencées pendant la période d’intervention.

Les auteurs ont constaté que les changements dans la douleur et les variables psychosociales telles que la peur, l’anxiété et la dépression dépendaient d’un changement précoce dans l’incapacité. 

Les participants présentant des améliorations précoces importantes des variables entre le début de l’étude et la 10e semaine (la fin du traitement) avaient tendance à obtenir des améliorations supplémentaires plus faibles après la sortie de l’hôpital entre la 10e et la 52e semaine. 

Cette constatation pourrait avoir deux explications. Il se pourrait qu’après avoir obtenu un rétablissement substantiel au cours des 10 premières semaines, il restait peu de possibilités d’amélioration supplémentaire chez les participants ayant répondu rapidement. 

Cela pourrait également suggérer que les participants qui ont moins réagi au traitement dans les premiers temps ont obtenu un rétablissement progressif après la sortie de l’hôpital, ce qui est plus évident dans le groupe de conseil. 

Étant donné qu’il n’y avait pas d’influence directe du groupe sur les variables de changement tardif, il est probable que les améliorations ultérieures dans le groupe de conseil puissent être attribuées au rétablissement naturel. 

Ces résultats pourraient également suggérer que des séances de rappel visant à maintenir les progrès et la motivation des participants après une amélioration précoce significative pourraient être bénéfiques.

Quel type de kinésithérapie ?

10 séances de kinésithérapie de 30 minutes sur une période de 10 semaines. 

La physiothérapie était individualisée en fonction de la présentation du patient. Les éléments de traitement disponibles comprenaient des informations patho-anatomiques ou neurophysiologiques, l’éducation, des stratégies d’autogestion (posture, rythme, gestion de la douleur, gestion du sommeil, stratégies de relaxation), des stratégies de gestion de l’inflammation (médicaments anti-inflammatoires, taping, évitement des mouvements/postures provocateurs), des exercices (activation musculaire spécifique, activité/exercice graduel orienté vers un objectif), thérapie manuelle, gestion des préférences directionnelles et des stratégies cognitives et comportementales.

Conclusion : 

La physiothérapie individualisée pour la lombalgie semble fonctionner principalement en facilitant une réduction précoce de l’incapacité, ce qui entraîne des améliorations dans les facteurs bio-psycho-sociaux. 

L’étude actuelle ne peut exclure que des mécanismes non mesurés (tels que la cicatrisation des tissus ou la réduction de l’inflammation) puissent être à l’origine de la relation entre le traitement par physiothérapie individualisée et l’amélioration du handicap. 


Références bibliographiques 

Bernard X W Liew, Jon J Ford, Marco Scutari, Andrew J Hahne. How does individualised physiotherapy work for people with low back pain? A Bayesian Network analysis using randomised controlled trial data. PLoS One. 2021 Oct 11,16(10):e0258515. doi: 10.1371/journal.pone.0258515. 

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