Se pencher en avant et se relever, c’est de la rééducation 


Utiliser des mouvements répétitifs pour diminuer la douleur, ça me rappelle une méthode qui a fait ses preuves. Mais là, franchement, le modèle discal…

Vous avez mal quand vous vous penchez en avant ? Alors faites le sept fois…

Cette étude [Tsang 2021] s’est donnée pour but d’étudier le dysfonctionnement et la récupération du mouvement et du contrôle moteur lombo-pelvien chez les personnes souffrant de lombalgie chronique après une rééducation structurée qui met l’accent sur la rééducation et l’entraînement du mouvement et du contrôle moteur, me traduit DeepL…

Le mouvement lombo-pelvien et le contrôle moteur de 30 adultes (15 lombalgiques chroniques, 15 témoins sains) ont été évalués à l’aide d’un mouvement 3D et d’une analyse électromyographique pendant le test répété de flexion avant, en plus des mesures de résultats cliniques. 

La cinématique régionale et le schéma de recrutement musculaire du groupe symptomatique ont été analysés avant et après la rééducation de 6 semaines, et comparés aux témoins sains. 

Procédure 

Tous les participants ont reçu l’instruction d’effectuer des flexions antérieures répétées en position debout en tendant les mains le plus loin possible vers le bas tout en gardant les coudes et les genoux complètement étendus. Aucune tentative n’a été faite pour corriger le mouvement afin d’examiner le schéma de mouvement naturel adopté par chaque participant.

Pour les participants qui ne pouvaient pas atteindre le sol, le point le plus bas atteint par son majeur a été défini comme le point final en plaçant une mousse sur le sol pour la standardisation de la tâche pour les participants individuels.

Les participants devaient effectuer la flexion 7 fois de suite à la vitesse de leur choix. Chaque cycle de mouvement de flexion est défini comme suit :  » se pencher depuis la position debout standardisée jusqu’à atteindre le point final fixé et revenir à la même position debout « .

Les participants ont pu s’entraîner 3 à 5 fois avant le test proprement dit. Il a été demandé à tous les participants de s’abstenir de pratiquer une activité physique intense sur leurs membres inférieurs dans les 48 heures précédant les sessions d’évaluation et de réévaluation.

Résultats 

Une amélioration significative du mal de dos, de la capacité fonctionnelle et de l’auto-efficacité du groupe symptomatique a été constatée après la rééducation. 

Les patients souffrant de lombalgie chronique non spécifique ont été capables de retrouver un niveau comparable à celui des témoins sains en termes de mouvements lombo-pelviens et de contrôle moteur à l’issue d’un programme de rééducation de 6 semaines, malgré le dysfonctionnement affiché au départ. 

La réorganisation du contrôle moteur est spécifique à chaque phase, les changements les plus profonds et les plus positifs ayant été observés pendant la phase de flexion. 

L’amélioration des deux mesures de résultats physiques suggère qu’un programme de réhabilitation spécifique qui met l’accent sur l’optimisation du contrôle moteur pendant les mouvements aiderait à promouvoir la récupération fonctionnelle de ce sous-groupe spécifique de lombalgie.

Intérêt en pratique ?  

Vous pouvez utiliser le geste traumatisant comme geste rééducatif. Peut-être que, comme Butler le préconise dans Explain Pain, dans un premier temps le faire dans l’eau, en décubitus, la tête en bas, …. Mais comme les structures lombaires basses ne risquent pas de lâcher (sauf dans le cas d’une ostéosynthèse L5-S1), pourquoi pas. 

Il va juste falloir être affûté au niveau du discours…

Le résumé de cette étude [Krug 2021] semble faire un distinguo entre ce qui peut-être fait en Chine et en Occident.

Donc, du coup, avant de recommander à tous vos patients lombalgiques d’aller ramasser les patates pendant des heures pour se rééduquer (ou repiquer du riz si vous travaillez en Camargue), il va falloir franchement travailler sur les peurs. A commencer par les vôtres ?

Objectifs : 

Des études antérieures menées dans un pays à revenu élevé ont démontré que les personnes souffrant ou non de lombalgie ont un préjugé implicite selon lequel se pencher et soulever des charges avec une colonne lombaire fléchie est dangereux. 

Ces études présentent deux limitations majeures : 

  • L’utilisation d’un seul groupe par étude
  • Les personnes ayant récupéré d’une lombalgie n’ont pas été étudiées. 

Cette étude a cherché à évaluer les préjugés implicites entre la posture du dos et la sécurité liée à la flexion et au lever chez des personnes indemnes de douleurs, ayant des antécédents de lombalgie ou souffrant actuellement de lombalgie dans un pays à revenu intermédiaire, et d’explorer les corrélations entre les mesures implicites et explicites au sein des groupes.

Méthodes : 

Étude transversale exploratoire incluant 174 participants (63 sans douleur, 57 avec des antécédents de lombalgie et 54 avec une lombalgie actuelle). Les biais implicites entre la posture du dos et la sécurité liée à la flexion et au levé de charges ont été évalués à l’aide du test d’association implicite (IAT). 

Les participants ont rempli des questionnaires sur papier (Bending Safety Belief [BSB]) et en ligne (Tampa Scale of Kinesiophobia ; Back Pain Attitudes Questionnaire).

Résultats : 

Les participants ont montré un biais implicite significatif entre les images de flexion et de soulèvement du dos rond et les mots représentant un « danger », que les sujets soient lombalgiques, anciens lombalgiques ou non-lombalgiques. 

Les mesures explicites ont révélé que tous les participants avaient des croyances peu positives sur le dos, percevant la flexion du dos rond et le levage comme dangereux.

Il n’y avait aucune corrélation entre les mesures implicites et explicites au sein des groupes.

Conclusions : 

Dans un pays à revenu moyen, les personnes souffrant de lombalgie, celles qui n’en souffrent pas et celles qui se sont rétablies d’une lombalgie ont un préjugé implicite selon lequel il est dangereux pour le dos de se pencher en avant et de soulever des charges.


Références bibliographiques 

Sharon M H Tsang, Grace P Y Szeto, Angelina K C Yeung, Eva Y W Chun, Caroline N C Wong, Edwin C M Wu, Raymond Y W Lee. Recovery of the lumbopelvic movement and muscle recruitment patterns using motor control exercise program in people with chronic nonspecific low back pain: A prospective study. PLoS One. 2021 Nov 18;16(11):e0259440. doi: 10.1371/journal.pone.0259440. 

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

Roberto Costa Krug, Marcelo Faria Silva, Ottmar V Lipp, Peter B O’Sullivan, Rosicler Almeida, Ian Sulzbacher Peroni, J P Caneiro. An investigation of implicit bias about bending and lifting. Scand J Pain. 2021 Nov 24. doi: 10.1515/sjpain-2021-0145.

Photo de Vu0103n Long Bu00f9i sur Pexels.com

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