Le rouleau lombal


motorcycle in the middle of the road
Photo de Pragyan Bezbaruah sur Pexels.com

Démarrer une vieille anglaise : la technique du kick

Les vieilles motos anglaises étaient réputées pour faire de l’huile et présenter une certaine difficulté à démarrer à froid.

Par analogie, certaines versions du rouleau lombal utilisent un grand bras de levier fémoral pour agir sur la composante inférieure.

Impressionnantes dans les mouvements imposés, il est possible que leur dosage, entre des mains expertes, puisse les rendre pratiquables sur des patients plus fragiles, mais on va dire alors que c’est un métier.

Peut être pas le traitement de choix en première intention de vos vieilles patientes, anglaises ou pas, ostéo- non pas pathes mais porotiques.

Variantes plus «toniques» du lumbaroll

Vous noterez que, jusqu’à présent, le mouvement manipulatif se faisait plutôt en flexion du rachis lombal et qu’ici, manifestement, l’extension est au moins recherchée, comme dans le premier exemple, maintenue, comme dans le deuxième et troisième.

Une technique en « recouvrement de facette »

L’auteur indique qu’il s’agit du traitement d’une FRS D soit, selon la terminologie Fryette qui n’a plus cours depuis fort fort longtemps, l’idée qu’une vertèbre L4 puisse aller sans difficulté en flexion inclinaison latérale D et rotation D et ne pas pouvoir réaliser d’extension inclinaison latérale G rotation G. Ici encore, la «postériorité» est sur la table, mais elle indique le côté libre. 

Le thrust se fait en extension, inclinaison G et rotation G. 

Comment mettre en évidence cette limitation, selon Mitchell : 

Sur un patient en procubitus, lui demander de se mettre en appui sur les mains et de bien cambrer la région lombale. Une voussure postérieure apparaitra du côté D, puisque L4 est libre de glisser en convergence (imbrication facettaire) à D sur L5 mais ne peut le faire à G. 

Quelle est la validité de ce concept : 

Aucune validité retrouvée à ce jour. Mitchell estime qu’en lombaire, ce type de blocage est le plus fréquent. 

Impression personnelle, bien sûr sans aucune valeur de preuve : la présence de postériorité en extension se rencontre mais elle me semble aussi fréquemment retrouvée au même étage en flexion sur les mêmes sujets. A quoi celà correspond ?

Auto-thrust lombal : le chirotractor

Limitations dans le plan frontal

Cette fois ci, le côté limité est placé en supra-latéral, mais il ne s’agit que d’une mobilisation passive à l’aide du grand bras de levier des membres inférieurs. Comme précédemment, une technique de Muscle Energy (contracté-relâché) peut être utilisée.

Ce qui est connu aujourd’hui (pratiques basée sur les preuves) :

Rien que de bien classique pour les adeptes de la kinésithérapie spécialisée dans les manoeuvres autrefois maudites…

Descriptif

Le patient est couché du côté le moins douloureux. Le kinésithérapeute est en face de lui. Il fléchi le membre inférieur supralatéral jusqu’à sentir un mouvement inter-épineux sur le segment sélectionné et place ensuite le pied supralatéral dans le creux poplité du membre infra-latéral.

Il tracte ensuite le bras et l’épaule infra-latéraux de façon a induire une inclinaison latérale infralatérale et une rotation supralatérale, jusqu’à ressentir un mouvement dans l’espace inter-épineux considéré.
Le pouce crânial du praticien est placé sur la face supra-latérale du processus épineux de la vertèbre supérieure, les avant-bras du patient placés autour de l’avant-bras crânial du kinésithérapeute.
La mise en place est maintenue alors que le patient est roulé en direction du kinésithérapeute.
Ce dernier réalise de l’avant-bras caudal un thrust sur le pelvis de haute vitesse et faible amplitude, dans une direction ventrale.

Adaptations en fonction du patient

Si le patient est incapable de déterminer un côté douloureux, celui-ci est choisi arbitrairement.

La hauteur du segment à manipuler peut être déterminée par l’évaluation de la raideur segmentaire lombale en procubitus, lors de poussées postéro-antérieures sur l’épineuse.

Elle est plutôt adressée à la partie inférieure de la colonne lombale puisque le traitement manipulatif de celle-ci est plus productif que celui de la partie supérieure du rachis lombal.

L’importance du choix est relatif, puisque les effets ne semblent pas être liés à un niveau spécifique.

En l’absence d’un craquement articulaire, la manipulation vertébrale est répétée ; si cette deuxième technique est aussi non-productive, le kinésithérapeute réalise la technique en couchant le patient de l’autre côté.

Chicago, rouleau lombal ou technique de mobilisation passive postéro-antérieure de type Maitland ?

Cleland et Childs se prononcent en faveur des techniques manipulatives lorsque la lombalgie dont souffre le patient présente les critères des règles de prédiction clinique édictés dans la vidéo en infra ; il n’y a pas de différences entre la technique Chicago et le rouleau lombal, mais les deux techniques apparaissent d’une efficacité supérieure à la mobilisation passive, immédiatement après 2 séances de traitements, à 1 mois comme à 6 mois.

Une pour les lombaires, l’autre pour les sacro-iliaques ?

Une autre étude ne trouve pas non plus de différences entre ces deux techniques manipulatives, lorsqu’elle servent à traiter un «syndrome sacro-iliaque», défini par un ensemble de signes cliniques positifs cumulés, comme le test de Patrick, le signe de Gaenslen, un test en compression sacro-iliaque, une douleur en abduction résistée, le test de Yeoman, un test de provocation postérieur de la douleur.


Références bibliographiques

Cleland JA, Fritz JM, Kulig K, Davenport TE, Eberhart S, Magel J, Childs JD. Comparison of the effectiveness of three manual physical therapy techniques in a subgroup of patients with low back pain who satisfy a clinical prediction rule: a randomized clinical trial. Spine (Phila Pa 1976). 2009 Dec 1;34(25):2720-9.

Cleland JA, Fritz JM, Childs JD, Kulig K. Comparison of the effectiveness of three manual physical therapy techniques in a subgroup of patients with low back pain who satisfy a clinical prediction rule: study protocol of a randomized clinical trial. BMC Musculoskelet Disord. 2006 Feb 10;7:11.

Article disponible en ligne

Chiradejnant A, Maher CG, Latimer J and Stepkovitch N (2003): Efficacy of “therapist-selected” versus “randomly-selected” mobilisation techniques for the treatment of low back pain: A randomised controlled trial. Australian Journal of Physiotherapy 49: 233–241

Article disponible en ligne

Fahimeh Kamali, Esmaeil Shokri. The effect of two manipulative therapy techniques and their outcome in patients with sacroiliac joint syndrome. Journal of Bodywork & Movement Therapies (2012) 16, 29-35

 

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