Contraintes fémoro-patellaires lors d’exercices du quadriceps avec ou sans mise en charge


Les études sont discordantes concernant les contraintes exercées sur la patella lors du renforcement du quadriceps. 

10 sujets jeunes et sains ont participé à cette étude. 

Trois exercices ont été comparés : 

  • Un squat en charge (SQUAT), de 0 à 90° de flexion, à la vitesse approximative de 30°/seconde (mesure par métronome).
  • Un travail en décharge en extension contre résistance variable (EXT-VR), sujet assis avec un poids attaché à la cheville
  • Un travail en décharge en extension contre résistance constante (EXT-CR) (Kin-Com, Isokinetic), dans la même position.

Les contraintes patellaires ont été mesurées dans les trois cas, chez les mêmes sujets. La cinématique a été recueillie à l’aide d’un appareil d’acquisition quantifiée du mouvement (Vicon ®), l’activité musculaire par EMG de surface, le moment des extenseurs a été obtenu par modélisation informatique. 

Résultats : 

Les contraintes patellaires varient considérablement. 

Le SQUAT produit les plus grandes contraintes à 90°, 75° et 60° de flexion. 

Les deux exercices en décharge produisent des contraintes majeures à 30°, 15° et 0° de flexion, comparativement au squat. 

L’exercice contre résistance variable (EXT-VR) produit significativement moins de contraintes que l’exercice contre résistance constante (EXT-CR) à 90°, 75° et 60° de flexion. 

Sans titre

Conclusion : 

Powers en déduit que, pour minimiser les contraintes fémoro-patellaires, il faut privilégier des squats en charge de 0° à 45° de flexion et des exercices avec charges variables dans le secteur de 45° à 90° de flexion. 

Commentaires ActuKiné : 

Je suis un peu embarrassé par cette conclusion. J’avais souvenir (Magee ?) que la surface de contact variait en fonction de la flexion, étant maximale à 90° de flexion et minimale à 0°. Autrement dit, peut importe le moment des forces exercées du moment que la surface d’application de la force soit importante. Les positions statiques à 90° de flexion me semblent bien tolérées alors de l’extension statique contre résistance manuelle à 0° de flexion est douloureuse chez ces patients. 

Powers n’est pas un novice dans le domaine et, dans sa discussion, il indique que les patients souffrant de syndrome fémoro-patellaire ont une moindre surface d’appui en citant cet article [2] (la rotation médiale fémorale ou rotation latérale tibiale majorées induisent une translation latérale de la patella) mais que «Although smaller contact areas would lead to higher patellofemoral joint stresses, the general trends for each of the exercises evaluated in the current study likely would be similar». 

Son estimation d’une tendance générale a force de preuve ? 

De toute manière, dans le JOSPT du mois, un article en accès libre en remet une couche sur les avantages à renforcer les stabilisateurs latéraux, extenseurs et rotateurs latéraux de hanche plutôt que le quadriceps dans les syndromes fémoro-patellaires… Puisque c’est comme ça… 


Références bibliographiques : 

[1] Powers CM, Ho KY, Chen YJ, Souza RB, Farrokhi S. Patellofemoral Joint Stress During Weight Bearing and Non-Weight Bearing Quadriceps Exercises. J Orthop Sports Phys Ther. 2014 Mar 27. Article sous presse 

Article disponible en ligne pour les adhérents OMT-France 

Articles en rapport avec le sujet 

[2] Salsich GB, Perman WH. Patellofemoral joint contact area is influenced by tibiofemoral rotation alignment in individuals who have patellofemoral pain. J Orthop Sports Phys Ther. 2007 Sep;37(9):521-8. 

Article disponible en ligne

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