Contrôle moteur et MDT, une concordance limitée


 

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La présence d’une instabilité chez le lombalgique, imputable à une perturbation du contrôle moteur, est l’un des postulats de la méthode MSI (Movement System Impairment). 

La préférence directionnelle avec ou sans phénomène de centralisation sont des constatations habituelles de la méthode MDT (Mechanical Diagnosis and Therapy). 

Il apparaît normal que des concordances se retrouvent entre les différentes méthodes d’examen pour une même pathologie. C’est ce qui est recherché depuis peu [1,2], sans trop de réussite. Cet article du JOSPT [3] participe à la démarche. 

Bien qu’il existe des preuves que la méthode MDT puisse sur le court-terme réduire la douleur et les déficits des lombalgiques en traitant le patient avec des exercices réalisés selon des directions spécifiques concordant avec la préférence directionnelle, le mode d’action apparaît obscur. 

Cette étude de cohorte prospective a cherché à déterminer si les signes cliniques d’une altération du contrôle moteur rachidien s’amélioraient selon que le patient lombalgique présente ou non une préférence directionnelle avec ou sans phénomène de centralisation. 

Les 114 patients ont bénéficié d’une évaluation de type MDT standardisée réalisée par des praticiens certifiés et expérimentés et ont été classés en trois groupes : 

  • Préférence directionnelle avec phénomène de centralisation 
  • Préférence directionnelle sans phénomène de centralisation 
  • Pas de préférence directionnelle. 

Avant et après l’examen MDT, 4 signes cliniques en faveur d’une perturbation du contrôle moteur ont été recherchés par un évaluateur indépendant. Il s’agissait de : 

  • La présence de mouvements aberrants lors d’une flexion du rachis debout (signe d’instabilité, arc douloureux lors de la flexion ou du retour de flexion, utilisation de l’appui manuel sur les cuisses, inversion du rythme lombo-pelvien) 
  • La perturbation du test d’élévation active de la jambe levée, 
  • Le test de Trendelenburg, 
  • Le prone instability test. 

L’hypothèse de départ était qu’une large proportion de patients présentant une préférence directionnelle avec phénomène de centralisation pourrait améliorer leurs tests d’instabilité vertébrale mieux que ne le feraient les patients sans préférence directionnelle ou avec préférence directionnelle sans phénomène de centralisation. 

Résultats : 

44 % des patients présentaient une préférence directionnelle avec phénomène de centralisation, 20% présentaient une préférence directionnelle sans phénomène de centralisation, 35% ne présentaient pas de préférence directionnelle. 

Certains signes cliniques apparaissent modifiés en fonction des sous-groupes, et vont dans le sens de l’hypothèse de départ, d’autres non. 


Références bibliographiques : 

[1] Karayannis N, Jull GA, Hodges PW.. Physiotherapy movement based classification approaches to low back pain: comparison of subgroups through review and developer/expert survey. BMC Musculoskel Disord 2012;13:1–33 

Accès gratuit à l’article 

[2] Karayannis N, Jull GA, Hodges PW. Movement-based subgrouping in low back pain: synergy and divergence in approaches. Physiotherapy (2015) 

Accès gratuit à l’article 

[3] Apeldoorn AT et al. The Influence of Centralization and Directional Preference on Spinal Control in Patients With Nonspecific Low Back Pain. J Orthop Sports Phys Ther 2016;46(4):258-269 

Résumé disponible en ligne

Shirley Sahrmann et le contrôle moteur

 

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