Y-a t’il un lien entre proprioception et lombalgie ?


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Cette revue systématique [1] s’est donnée pour objectif de rechercher les altérations proprioceptives chez le lombalgique et les comparer avec celles du sujet sain. Vingt-deux études (1203 participants) ont été incluses. 

Sources de données : 

Quatre bases de données électroniques (PubMed, EMBASE, CINAHL, SPORTDiscus) et des listes de référence d’articles pertinents ont été recherchées jusqu’en mars-avril 2014. 

Sélection de l’étude : 

Des études ont comparé la proprioception lombaire chez les patients atteints de lombalgie avec celle de sujets témoins ou ont évalué prospectivement la relation entre proprioception et lombalgie. Deux examinateurs ont examiné de manière indépendante les articles et déterminé l’inclusion de ces articles par consensus. 

Synthèse des données : 

Des études ont mesuré la proprioception lombaire via la qualité de repositionnement actif ou passif (JRS) ou le seuil de détection du mouvement passif (TTDPM). 

Les données de 17 études ont été mises en commun dans des méta-analyses afin de comparer les patients avec les témoins. Pour les autres, des synthèses descriptives ont été réalisées. 

Les données ont été analysées en fonction de la méthode d’analyse de la proprioception et du sous-groupe de lombalgiques. 

Procédures : 

Elles ne semblent pas pouvoir sortir du cadre de la recherche. 

Le test Joint Repositioning Sense (JRS) 

Il mesure à quel point un participant peut reproduire une position donnée de la colonne lombaire à l’aide d’une rétroaction visuelle ou verbale, une orientation manuelle. Après l’indication d’une position particulière, le participant est déplacé hors de la position et il lui est demandé de la répliquer activement (JRS actif) ou d’indiquer à quelle moment il est replacé passivement dans la position (JRS passif). 

20 études utilisent le JRS actif, 3 le JRS passif, 2 les deux (voir les références bibliographiques de l’article). Une variété d’instruments de mesures a été employée (capteurs électroniques, électro-goniomètres, bricolages expérimentaux, …).

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Exemple de dispositif expérimental. Illustration provenant de l’article de Silfies et al.

Test de détection du seuil de mobilité passive 

Le test mesure la sensibilité à la détection du mouvement. Là encore, il s’agit d’un bricolage expérimental [2] qui n’a pas été adapté à la pratique quotidienne, analysant les capacités du patient à reconnaître le sens et l’amplitude du mouvement de rotation lombaire. Le patient est assis sur un tabouret pivotant, son thorax plaqué et sanglé à un dossier. 

Partant d’une posture neutre de la colonne lombaire, les participants subissent un mouvement lombaire passif dans des dispositifs personnalisés à vitesse constante et indiquent le moment précoce où ils sentent un changement de position. 

Les mesures de résultat sont l’amplitude la plus petite à laquelle le participant a signalé un mouvement, et la direction du mouvement rapportée par rapport à la direction correcte. 

Résultats 

  • La qualité de repositionnement actif était pire chez les patients comparativement aux témoins lorsqu’ils étaient mesurés en position assise. 
  • Il n’y avait pas de différence entre les groupes mesurés dans cet examen en position debout, ni en JRS passif en position assise. 
  • Les patients faisant partie du sous-groupe déficience en flexion selon la classification de O’Sullivan présentaient une proprioception altérée par rapport à la cohorte totale des lombalgiques. 
  • Le seuil de détection au mouvement passif était significativement plus mauvais chez les patients que chez les témoins. 
  • Une seule étude prospective n’a trouvé aucun lien entre proprioception lombaire et lombalgie. 

Conclusions 

Les patients atteints de lombalgie ont une proprioception lombaire altérée par rapport aux témoins lorsqu’ils sont mesurés activement en position assise (en particulier dans le sous-groupe de déficience en flexion de O’Sullivan). 

D’autres études portant sur les sous-groupes, l’évaluation longitudinale et l’amélioration de la mesure de la proprioception sont nécessaires. 


Références bibliographiques  

[1] Matthew Hoyan Tong, Seyed Javad Mousavi, Henri Kiers, Paulo Ferreira, Kathryn Refshauge, Jaap van Dieën. Is There a Relationship Between Lumbar Proprioception and Low Back Pain? A Systematic Review With Meta-Analysis. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation. Volume 98, Issue 1, Pages A1-A14, 120-136 (January 2017) 

[2] Silfies SP, Cholewicki J, Reeves NP, Greene HS. Lumbar position sense and the risk of low back injuries in college athletes: a prospective cohort study. BMC Musculoskelet Disord 2007;8:129. 

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