Le syndrome du canal carpien est lié à une altération centrale du traitement de la douleur


 

Sans titre
Graphique issu de l’article, traduisant la capacité d’inhibition centrale

 

Les preuves préliminaires issues d’études utilisant des tests sensoriels quantitatifs suggèrent la présence de mécanismes centraux chez les patients atteints du syndrome du canal carpien (SCC), comme le prouve leur hyperalgésie étendue.

Les signes des mécanismes centraux après lésions neurales incluent la facilitation nociceptive et inhibition endogène de la douleur.
Les méthodes pour étudier la facilitation nociceptive du SCC se sont jusqu’à présent limitées aux tests sensoriels quantitatifs ; l’intégrité de l’inhibition endogène reste non examinée.

L’objectif de cette étude était donc d’étudier les changements dans le traitement facilitant et inhibiteur chez les patients atteints de SCC en étudiant l’hypersensibilité suite à une douleur induite par expérimentation (mécanismes facilitateurs) et l’efficacité de la modulation de la douleur conditionnée (CPM, mécanismes inhibiteurs).

Vingt-cinq patients atteints de SCC légère à modérée et 25 témoins témoins appariés, sans SCC ont été recrutés.

Procédures :

Facilitation :

L’augmentation de la facilitation de la douleur a été évaluée par injection de solution saline hypertonique dans le trapèze supérieur.
L’inhibition de la douleur à travers la CPM a été étudiée par l’immersion à l’eau froide du pied comme stimulant de conditionnement.
Le seuil de douleur à la pression sur les éminences thénar et hypothénar, pris bilatéralement servait d’indicateur.

La douleur expérimentale a été induite sur le côté affecté (ou le côté le plus affecté en cas de SCC bilatéral). Le muscle trapèze supérieur a été choisi car il se trouve en dehors du territoire du nerf médian, les changements potentiels reflétant ainsi des mécanismes centraux plutôt que locaux. Pour les sujets contrôles, la douleur expérimentale a été induite dans le muscle supérieur du trapèze sur le côté dominant.

À la suite de l’injection, les participants ont évalué :

– l’intensité de la douleur musculaire induite sur une EVA
– la taille de la zone de douleur perçue en se référant à un tableau de 10 cercles de 1 à 10 cm

Le questionnaire sur la douleur de McGill a été administré à la fin du protocole de facilitation de la douleur pour décrire la qualité de la douleur subie lors de l’injection de solution saline hypertonique. L’indice d’évaluation de la douleur du questionnaire sur la douleur de McGill, qui est la somme des valeurs numériques données à chaque descripteur de la douleur, a été utilisé dans l’analyse.

Inhibition :

Les participants ont immergé le pied contralatéral à la main affectée (ou la main la plus touchée en cas de SCC bilatéral) dans un récipient isolé rempli d’eau froide jusqu’à la malléole médiale soit ~ 3 cm en dessous de la ligne d’eau. Les participants ont évalué la douleur du pied induite par le froid sur une EVA.

La température de l’eau au début de l’expérience a été fixée à ~ 10 degrés Celsius mais a été modifiée si nécessaire pour s’assurer que l’intensité de la douleur soit cotée entre 4 et 7.

Un thermomètre numérique a été placé dans le récipient isolé pour mesurer la température de l’eau.

Les seuils de douleur à la pression (PPT) a servi à déterminer les effets de la modulation  avant et pendant l’immersion dans l’eau froide. Les participants ont appuyé sur un bouton dès que la sensation de pression était jugée douloureuse.

Résultats :

L’étude a montré que les patients atteints de SCC avaient une durée plus élevée (p = 0,047), une intensité (p = 0,044) et une zone plus étendue (p = 0,012) de la douleur en réponse à une douleur induite expérimentalement dans le trapèze supérieur et une modulation de la douleur altérée par rapport aux participants témoins (p = 0,006).

Bien que généralement considérés comme entraînés par des mécanismes périphériques, ces résultats indiquent que les patients souffrant de SCC possèdent des caractéristiques de traitement central de la douleur altérées avec une facilitation accrue et une réduction de l’inhibition endogène de la douleur.

Conclusions :

Les patients souffrant de SCC sont plus sensibles que des sujets similaires et moins à même d’inhiber des sensibilités périphériques expérimentalement stimulées, dans des régions autres que le lieu originel de la plainte.


Référence bibliographique :

Soon B, Vicenzino B, Schmid AB, Coppieters MW (2017) Facilitatory and inhibitory pain mechanisms are altered in patients with carpal tunnel syndrome. PLoS ONE 12(8): e0183252. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0183252

Article disponible en ligne

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