Elles sont caractéristiques de la polyarthrite rhumatoïde (PR).
Atteinte radio-ulnaire inférieure
Dotée d’une synoviale très développée, l’articulation est touchée dès le début de la pathologie et perd sa cohésion. La luxation en avant de la tête ulnaire du tendon de l’extenseur ulnaire du carpe (EUC) modifie sa fonction : il devient fléchisseur du poignet. Le carpe glisse médialement sur la glène anté-brachiale, orientée en bas, avant et dedans, par la traction de l’EUC. La traction des LERC & CERC induit à chaque prise manuelle une inclinaison radiale du carpe. La déformation est majorée par la déviation ulnaire des doigts.
Le coup de vent cubital
Fig 6-1.28 : Coup de vent cubital
Il traduit une subluxation ou une luxation palmaire des méta-carpo-phalangiennes et une déviation ulnaire des doigts longs. La déformation est due au glissement des tendons extenseurs dans les vallées inter-métacarpiennes secondairement à la destruction des bandelettes sagittales qui les stabilisent normalement à la face dorsale de la tête du métacarpien.
Le coup de vent cubital est favorisé par l’asymétrie des têtes métacarpiennes, les inégalités de longueur des ligaments latéraux des méta-carpo-phalangiennes (le latéral est plus long que le médial), l’obliquité des tendons du long extenseur des doigts par rapport à l’axe des doigts, la déviation des doigts lors des prises pollici-digitales par l’appui du pouce, le relâchement de la dossière des extenseurs et la luxation des tendons extenseurs dans les vallées inter-métacarpiennes, ce qui majore l’action néfaste des extenseurs.
Subluxation antérieure de la première phalange sous la tête métacarpienne
Fig 6-1.29 : Subluxation antérieure de la première phalange
Elle apparaît lors de la flexion des doigts à un stade de début, devient permanente à un stade plus avancé, en flexion comme en extension, réductible puis irréductible.
Déformation du doigt en col de cygne

Elle réalise une flexion de la méta-carpo-phalangienne (MCP) et de l’inter-phalangienne distale (IPD), avec extension de l’inter-phalangienne proximale (IPP).
Déformation du doigt en boutonnière

Elle réalise une extension des MCP et IPD avec flexion de l’IPP, résultant de la rupture de la bandelette médiane du tendon de l’extenseur, ce qui permet au ligament rétinaculaire de tracter sans antagoniste sur la troisième phalange. Elle devient irréductible au fil du temps.
Déformation du doigt en maillet

À la suite d’une rupture du tendon de l’extenseur en regard de l’IPD, la troisième phalange est maintenue en flexion par le fléchisseur profond des doigts (Fig 6-1.32).
Déformation du pouce en Z
Fig 6-1.33 : Pouce en Z
Il réalise une flexion de la méta-carpo-phalangienne avec extension de l’inter-phalangienne, par la destruction du tendon du court extenseur du pouce, traumatique ou consécutive à l’inflammation de l’inter-phalangienne. Le long extenseur prend alors « la corde », se luxe médialement et induit la déformation par sa traction sur la deuxième phalange. La déformation devient irréductible au fil du temps.
Déformation du pouce en adduction
Elle réalise une adduction du 1° métacarpien avec rétraction de la 1° commissure, par l’atteinte de la trapézo-métacarpienne. La perte de cohésion de l’articulation entraîne une subluxation articulaire, par traction de l’adducteur du pouce et du 1° interrosseux palmaire. La rétraction de la 1° commissure fixe la déformation. Elle est mal tolérée car elle limite les prise pollici-digitales.
