Généralités
Objectifs généraux
Ils sont destinés à mettre en évidence une lombalgie spécifique avec atteinte sacro-iliaque (arthrite sacro-iliaque, pelvi-spondylite rhumatismale, fracture, sepsis articulaire, …). Ils doivent être négatifs dans une lombalgie non-spécifique. Leur fiabilité comme leur validité sont limitées.
Fiabilité
Les tests de compressions sacro-iliaques réalisés par des kinésithérapeutes expérimentés sont insuffisamment fiables en inter-examinateurs. Les variations individuelles sont considérables dans les forces appliquées [32].
Ils restent plus fiables que les tests positionnels [22], mais ne semblent pas être en relation avec ceux-ci [20].
Validité
Leur validité est discutée [34], voire non admise [43]. La combinaison de plusieurs tests de provocation est parfois recommandée [6, 30], d’autres fois non [17].
En dehors de l’arthrite avérée et des injections intra-articulaires d’antalgiques, il reste difficile de comparer ces tests : il n’y a pas d’imagerie de la région sacro-iliaque caractéristique d’une lombalgie [42], les signes dégénératifs arthrosiques ne pouvant être considérés comme responsables de cette lombalgie [23].

Interprétation des indications de validité des tests
Saut unipodal
Le patient décrit une douleur sacro-iliaque homolatérale lors du saut unipodal ou de la réception unipodale.
Test de compression en appui unipodal
Procédure
Le patient est en appui unipodal, le praticien réalise un appui vertical de haut en bas sur le scapulum homolatéral. Le test est positif lorsque le patient décrit une douleur située dans la fesse ou la région sacro-iliaque homolatérale.
Manœuvre d’écartement / compression des ailes iliaques
Fig 7-3.1 : Manœuvre d’écartement / compression des ailes iliaques
Procédure pour l’écartement
Le patient est en décubitus, membres inférieurs allongés. Le praticien lui fait face et réalise un appui bilatéral sur les EIAS en direction latérale et postérieure. La manœuvre provoque un bâillement antérieur et une compression postérieure des deux sacro-iliaques.
Valeur
Le test est positif lorsque le patient décrit une douleur postérieure uni ou bilatérale.
Procédure pour la compression
À l’inverse de la précédente, elle provoque un bâillement postérieur et une compression antérieure des deux sacro-iliaques.
Valeur
Le test est positif lorsque le patient décrit une douleur postérieure uni ou bilatérale.
Fiabilité
La fiabilité inter-examinateurs est passable à modérée [13].
Validité
Voir en supra les conclusions de Laslett [29] portant sur la validité du test.
Test de Gaenslen
Objectifs
Il s’agit d’explorer la douleur sacro-iliaque en fin d’amplitude coxo-fémorale, ce qui semble correspondre avec certains mouvements sacro-iliaques, aux positions adoptées lors des accouchements, à la position d’étirement du psoas.
Le test provoque un cisaillement sacro-iliaque en plaçant une hanche en extension, l’autre en flexion. Il a pour but de mettre en évidence une douleur uni ou bilatérale.
Fig 7-3.2 : Test de Gaenslen
Procédure
Le patient est placé en décubitus, le praticien est homolatéral au membre inférieur en extension, l’autre jambe en crochet soutenue par le patient. La manœuvre est positive lorsque la majoration de la position reproduit la douleur dont se plaint le patient.
Fiabilité
La fiabilité inter-examinateurs est moyenne (k=0,61) [17].
Validité
Voir en annexe les conclusions d’études [17, 29] portant sur la validité du test.
Test de Patrick (Fabere ou Faber)
Fig 7-3.3 : Test de Patrick (Fabere ou Faber)
Objectifs
Il est classiquement décrit comme un test coxo-fémoral (voir le chapitre consacré à l’abord préliminaire de la hanche) mais aussi comme un test de baillement antérieur sacro-iliaque.
Procédure
Le patient est en décubitus, le pied placé sur le genou controlatéral, soit en Flexion, ABduction et Rotation Externe. Le praticien appuie verticalement sur le genou et peut stabiliser l’aile iliaque controlatérale. Le test est positif lorsqu’il provoque une douleur homolatérale.
Fiabilité
Les différentes études citées par Cleland jugent le test d’une fiabilité passable (k entre 0,4 et
0,6) [13].
Validité
Voir en supra les conclusions d’études [17, 55, 56] portant sur la validité du test.
Test HABER
Le HABER test est grossièrement un test de Patrick en procubitus. Il découle des expérimentations de Melanie Bussey [7, 8] concernant la recherche d’un mouvement sacro-iliaque dans des amplitudes d’abduction horizontale (abduction + rotation latérale coxo-fémorale).

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Objectifs
Il pourrait reproduire la douleur familière des lombalgies «d’origine» sacro-iliaque à des niveaux modérés de sensibilité et de spécificité pour identifier ces patients.
Procédure
Il consiste à interroger la douleur du patient placé en procubitus la hanche en abduction horizontale en contact avec la table, en rotation latérale coxo-fémorale.
Fiabilité
La fiabilité inter-examinateurs est très bonne, chez des praticiens expérimentés [1].
Validité
Voir en supra les conclusions d’Adhia et al portant sur la validité du test [2].
Test de compression du sacrum en procubitus
Procédure
Le kinésithérapeute, latéral au patient prend appui sur le sacrum du patient des deux mains posées l’une sur l’autre et exerce une poussée dorso-ventrale sur le corps du sacrum.
Valeur
Le test est positif s’il reproduit la douleur habituelle du patient. Le sens crânial ou caudal de la poussée peut influencer le résultat.
Fiabilité
La fiabilité inter-examinateurs est faible à modérée [13].
Validité
Voir en supra les conclusions d’études portant sur la validité du test [17, 29].
Test de provocation de la douleur sacro-iliaque en procubitus
Fig 7-3.5 : Test de provocation de la douleur sacro-iliaque en procubitus
Procédure
Afin de mettre en évidence une douleur en translation postérieure de l’aile iliaque, le praticien crée un contre appui sur le sacrum et, de son autre main, empaume l’os coxal au niveau de l’EIAS. Il exerce une traction sur l’os coxal en dehors et arrière en veillant à ne pas crocheter trop douloureusement l’EIAS pour ne pas induire d’erreur dans le lieu des sensations douloureuses.
Test de provocation à la douleur du ligament sacro-tubéral
Procédure
Le patient est en décubitus. Le praticien palpe l’ex-grand ligament sacro-sciatique bilatéralement. Le test est positif si au moins un côté est douloureux et si la douleur persiste au moins 5 secondes après la fin de la palpation.
Test de provocation à la douleur de la symphyse pubienne
Procédure
Patient en décubitus. Si la palpation douce de la face antérieure de la symphyse pubienne provoque une douleur persistant au moins 5 secondes après le retrait de l’appui, le test est positif.
Test de poussée crurale (Thigh thrust test)
Procédure
Le patient est en décubitus, hanche fléchie à 90°, genou en flexion complète. Le kinésithérapeute, controlatéral à la sacro-iliaque testée entoure du membre supérieur crânial le genou et teste de la main caudale le cisaillement sacro-iliaque lors d’une compression en direction de la diaphyse fémorale et en adduction.
Valeur
Le test est positif lorsqu’il provoque une douleur sacro-iliaque.
Fiabilité
La fiabilité inter-examinateurs est bonne [14, 13].
Validité
Voir en supra les conclusions d’études portant sur la validité du test [17, 29].
Tests sacro-iliaques cumulés
En l’absence d’un test de référence, il a été proposé de cumuler les tests précédents pour en augmenter la validité.
Validité
Au moins trois tests positifs (écartement et rapprochement des EIAS, test de Gaenslen, tests de poussée crurale, de poussée sur le sacrum en procubitus, de saut unipodal) pourraient indiquer la présence d’une souffrance sacro-iliaque [30].
En l’absence d’un test positif, il est raisonnable de considérer que la sacro-iliaque n’est pas en cause [29].
Voir en supra les conclusions de Laslett [30] portant sur la validité du cumul de ces tests.
Références bibliographiques
