Mesures de la flexion active lombaire


Test de Shirado-Ito pour le plan antérieur 

Objectifs

Il est destiné à mesurer l’endurance des muscles abdominaux. 

 

Fig 7-4.11 : Test de Shirado-Ito

Procédure 

Le patient est en décubitus hanches et genoux fléchis à 90°, jambes non-soutenues. Ses bras sont croisés sur le ventre. Il est invité à décoller le tronc au delà des angles inférieurs des omoplates et de maintenir la position le plus longtemps possible. Ce test est problématique de par les douleurs cervicales susceptibles d’en limiter la durée, comme pour les contraintes lombaires générées par la contraction des psoas.

Valeurs 

BoussoleRetenir en pratique de l’ordre de 3 ± 1 minutes de maintien chez le sujet sain, avec des valeurs moindres chez les sujets féminins, de l’ordre de la minute chez le sujet lombalgique [9, 16], aucun sujet sain ne dépassant les 5 minutes de maintien [26]. 

Fiabilité 

La fiabilité est très bonne, chez le sujet sain comme chez le lombalgique. 

Variante 

 

Fig 7-4.12 : Variante du test d’Ito proposée par McGill

Parce qu’il considère que le test classique de Shirado entraine un enroulement du tronc et donc une compression trop importante du rachis lombal, McGill a proposé une alternative à ce test [42]. 

Le dos du patient repose à 55° de l’horizontale, gabarit estimé par un dossier (coussin triangulaire). Hanches et genoux sont fléchis à 90°. Les bras sont croisés sur la poitrine, à l’égyptienne. Le dossier est déplacé vers l’arrière de 10 cm. Le patient doit maintenir le plus possible la posture en isométrique, les pieds étant stabilisés par l’examinateur ou une sangle.

Test des abdominaux assis jambes en crochet 

Objectifs

Il est destiné à mesurer l’endurance des muscles abdominaux. 

Procédure 

Le patient est en décubitus, genoux fléchis à 90°, pieds sur la table, mains posées sur les cuisses. Il doit se relever, contacter de la pulpe des doigts les bases des patellas et maintenir la position le plus longtemps possible. Dès que les doigts quittent les patellas, le chronomètre est arrêté.

Test du plan antérieur en gainage abdominal 

 

Fig 7-4.13 : Gainage abdominal, en test ou traitement 

Procédure

Le pont en procubitus sollicite les abdominaux. Le patient est invité à prendre appui sur ses orteils et ses avant-bras croisés, bras à la verticale, tendre les genoux et rester le plus longtemps possible dans cette position, les membres inférieurs étant dans le prolongement du tronc.

Valeurs 

BoussoleLes valeurs retrouvées chez le sujet sain sont de 72.5 ± 32.6 secondes, de 28.3 ± 26.8 secondes chez le lombalgique [54].

Fiabilité 

La reproductibilité est bonne [54].

Validité 

Les valeurs sont significativement amoindries chez le lombalgique [54].

Test de Janda 

Objectifs

Il est destiné à mesurer la capacité des abdominaux à maintenir une raideur lombaire active.

 

Fig 7-4.14 : Test de Janda

Procédure 

Le patient est en décubitus, le kinésithérapeute latéral à lui, soutenant ses membres inférieurs. 

Placer une main sous la région lombaire et lever les membres inférieurs, genoux en extension. 

Partir d’une flexion des hanches de l’ordre de 70° et descendre graduellement les membres inférieurs vers la table. 

Demander au patient de maintenir un appui lombaire sur la main du kinésithérapeute durant tout le mouvement. 

Un inclinomètre placé sur la cuisse du sujet permet de déterminer l’angle maximal à partir duquel les abdominaux du patient ne peuvent plus contrôler la délordose.

Valeurs 

BoussoleLa lordose lombaire doit s’aplatir pour 70° de flexion de hanche, genou tendu [61]. Chez des sujets jeunes et sains, la valeur moyenne est à partir du plan horizontal, de l’ordre de 15°±2° pour les hommes, de 35°±3° pour les femmes. Il est vraisemblable que ces valeurs soient optimales et augmentent avec l’âge et la pathologie. 

Fiabilité 

La fiabilité est très bonne en intra-opérateur [33]. 

Mesure de la qualité du «rentré de ventre» au Stabilizer ® 

Objectifs

Ce test mesure la qualité contractile du transverse de l’abdomen à l’aide d’un capteur de pression préalablement gonflé sous le ventre d’un sujet en procubitus.

 

Fig 7-4.15 : Stabilizer Chatanooga ® 

Procédure 

Le patient est à plat ventre sur un capteur de pression Stabilizer Chatanooga ® gonflé à 70 mmHg. Il doit rentrer le ventre pendant 10 secondes sans mouvement pelvien en respirant normalement. La diminution de pression maximale est enregistrée. La diminution de pression serait en rapport avec les qualités contractiles du transverse de l’abdomen. 

Valeurs 

Une diminution de pression de 4 mmHg est considérée comme normale, alors que l’incapacité de la diminuer de 2 mmHg est associée plus volontiers à la lombalgie. La matelassure de la table doit être dense, idéalement indéformable, pour restituer des valeurs reproductibles.

Fiabilité 

BoussoleLa fiabilité inter-examinateurs est jugée très bonne par certains auteurs [35], plus problématique pour d’autres [62]. 

Validité 

La sensibilité comme la spécificité de cet appareil apparaissent faibles. La corrélation avec l’EMG aussi [36].

Ces deux mesures peuvent bien volontiers mesurer des entités différentes sans que le facteur lombalgie soit prépondérant dans les valeurs recueillies.

Une autre étude n’est pas plus favorable [19].

L’évaluation de la fonction abdominale par le rentré de ventre n’est pas un bon indicateur prédictif de la lombalgie, ni du suivi du patient en kinésithérapie [39, 64]. 

Échographie du psoas 

C’est un exemple d’analyse échographique pouvant se développer dans le futur en cabinet de kinésithérapie.

Objectifs

Le psoas stabilise la région lombo-pelvienne lors de l’élévation active de la jambe controlatérale (Active Straight Leg Raising ou ASLR). Sa diminution d’activité pourrait se retrouver dans les lombalgies par altération du contrôle moteur. Elle se retrouve au moins chez le sujet sain présentant une difficulté à stabiliser son bassin. Les faibles mais réelles différences semblent cependant difficiles à quantifier en pratique courante. 

Procédure 

Le sujet est en décubitus sur une table à matelassure dense. Avant le test, il est familiarisé avec le test ASLR avec et sans la présence d’un poids de un kilo attaché à sa cheville. Ses bras sont croisés sur la poitrine, ses pieds séparés de 20 cm. Une cible est placée à 10 cm au dessus de ses pieds. Le sujet est invité à venir contacter la cible et à maintenir le contact durant 5 secondes pour permettre la mesure échographique. 

La sonde est placée transversalement au psoas en dedans de l’EIAS et au dessus du ligament inguinal. Elle est inclinée de façon à être perpendiculaire à l’aponévrose de recouvrement du muscle. Une marque cutanée permet de répéter la localisation précise de la sonde. La moyenne de trois mesures prises dans chaque condition est recueillie. 

Valeurs

BoussoleChez des sujets jeunes, non lombalgiques, masculins, de taille au delà de 175 cm et de poids inférieur à 70 kg, la section des psoas au repos est de l’ordre de 0,64 ± 0,06 mm. Lorsque le sujet contrôle son bassin, elle passe à 0,74 ± 0,05 mm lors de l’élévation du membre inférieur controlatéral non-lesté, à 0,98 ± 0,06 lors de l’ajout d’un poids du 1 kg à la cheville. 

Lorsque le sujet ne contrôle pas son bassin elle ne varie quasiment pas, avec ou sans poids à la cheville. 

BoussoleFiabilité 

La fiabilité intra-opérateur des mesures échographiques apparait très bonne en intra-opérateur (ICC = 0,97 IC95%[0,69-0,99]) [27].

Références bibliographiques

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