Est-ce que les kinés ont des capacités discriminatives thermiques supérieures aux profanes ?
En fait, il partait même bien plus loin avec ses propositions de diagnostic thermique…. Difficile d’en savoir plus tout de suite, les stages sont complets depuis que Gaël a réservé la dernière place.
Mais on va rester basiques et commencer par le début.
Les questions posées sont : «Peut-on discerner de faibles différences de température cutanée et existe t’il des différences dans la sensibilité thermique manuelle entre professionnels du toucher et profanes ?»
Objectif de l’étude
Évaluer la précision de la détection des différences de température entre des sites cutanés par des individus profanes et des kinésithérapeutes habitués à toucher des patients.
Méthodes
Quarante-quatre kinésithérapeutes et 44 profanes ont été recrutés. Les sujets ont palpé deux surfaces dont la température était contrôlée et variait entre 30 et 35 ° C et qui variaient aléatoirement de 1, 2, 3, 4 ou 5 ° C pendant 10 s.
Le dispositif expérimental comportait deux tampons identiques recouverts de peau de chamois. Chaque tampon incorporait en sandwich une résistance plane. La température pouvait être réglée avec une précision de 0.1°C
Chaque session de test commençait avec les sujets s’acclimatant à l’environnement de test pendant 20 minutes, les salles dans lesquelles les tests ont eu lieu étant maintenues à 20-22 ° C. Pendant ce temps, les sujets ne pouvaient rien tenir dans leur main dominante (par exemple des boissons chaudes ou froides).
Les sujets étaient ensuite invités à palper les deux tampons dans n’importe quel ordre. Ils avaient droit à 10 s pour toucher alternativement les deux tampons, en palpant avec la surface palmaire de la main dominante, avant de sélectionner le plus chaud.
L’opérateur de la machine était en aveugle des réponses des sujets et de l’enregistreur et les sujets étaient en aveugle des différences de température par un panneau placé entre les électrodes et les dispositifs de contrôle de la température.
Un générateur de table aléatoire a été utilisé pour déterminer les variations aléatoires des températures des tampons. Elles étaient de 1, 2, 3, 4 ou 5 ° C, s’étendant sur 30-35 °C.
Chaque variation de température a été testée deux fois, résultant en 10 essais par sujet.
Les sujets ont ensuite été invités à identifier le tampon plus chaud.
Résultats
Les kinésithérapeutes et les profanes ont correctement identifié des différences de 1° entre les températures des tampons dans 78 et 62% du temps, respectivement.
Les kinésithérapeutes étaient 2,08 fois plus susceptibles d’identifier correctement le tampon le plus chaud que les profanes lorsque les températures différaient de 1° (p = 0,032), 1,35 fois plus lorsque les températures différaient de 2° (p = 0,390), 7,69 fois plus lorsque les températures différaient de 3° (p = 0,009), 7,69 fois plus probable lorsque les températures différaient de 4° (p = 0,061).
Conclusion
La palpation peut être utilisée pour détecter avec précision des différences de température de l’ordre du degré entre des sites cutanés.
Un kinésithérapeute est plus habile qu’un profane pour le faire.
Référence bibliographique
David Levine, J. Randy Walker, Denis J. Marcellin-Little, Ron Goulet & Hongyu Ru (2018): Detection of skin temperature differences using palpation by manual physical therapists and lay individuals, Journal of Manual & Manipulative Therapy, DOI: 10.1080/10669817.2018.1427908

