Test neurodynamique du nerf médian


 

Le nerf médian, comme son nom l’indique, est médian au niveau du plexus brachial. Le tester permet de tester globalement la souffrance neurale du membre supérieur.

Appelé selon les auteurs MNT1 ou ULNTT1 (Upper Limb Tension Test 1), c’est un test préalable du membre supérieur qui permettra au kinésithérapeute de s’orienter ou non vers une piste neurale [Shacklock 2005, Butler 2000].

Procédure

Le patient est en décubitus, sans coussin de tête, le plus symétrique possible, sans rotation de tête, bras le long du corps. Le kinésithérapeute stabilise le moignon de l’épaule sans le déprimer en prenant appui des métacarpiens de la main crâniale sur la table.

La main caudale maintient ouverte la main du patient, à l’aide d’une prise en «pistolet», index et médius ouvrant la 1° commissure du pouce, annulaire et auriculaire saisissant les doigts de façon à ouvrir le pouce dans le plan de la main pour y mettre en tension la branche motrice du nerf. La main droite du kinésithérapeute saisit la main gauche du patient.

1- Le kinésithérapeute réalise une abduction anatomique passive de 90°, coude en flexion à 90°, poignet maintenu en rectitude, en laissant pendre l’avant-bras.
2 – Il pose l’extrémité inférieure du bras sur sa cuisse pour maintenir le bras dans le plan du tronc
3 – Il étend le poignet et les doigts, l’avant-bras en supination, le bras en rotation latérale
4 – Il étend progressivement et prudemment le coude jusqu’à apparition des symptômes.

À chacun de ces temps, le patient est interrogé quant à l’apparition de douleurs.

En présence de douleurs reproduisant les symptômes :

  • La mise en tension d’un élément distal du membre supérieur est diminuée si les souffrances sont proximales (ex : flexion du poignet dans une souffrance cervico-brachiale). La diminution des souffrances proximales est alors en faveur d’une origine neurale. La non-diminution des souffrances proximales est en faveur d’une origine musculo-squelettique.
  • La mise en tension d’un élément proximal du membre supérieur est diminuée si les souffrances sont distales (ex : inclinaison latérale homolatérale du cou dans une souffrance du canal carpien).

Noter qu’il faut veiller à ce que le patient fasse la différence entre la rotation homolatérale et l’inclinaison latérale de la tête : son oreille doit aller au contact de son épaule.

Le test est positif lorsqu’il reproduit les symptômes ayant motivé la venue du patient et non lorsqu’il procure simplement des dysesthésies, notamment à la face antérieure de l’avant-bras et dans les trois doigts innervés par le médian : ces dernières sont une réaction normale chez le sujet sain lorsque la position du test est maintenue.

Lors de l’extension du coude, deux résistances peuvent être ressenties par le patient et le kinésithérapeute. La première résistance R1 correspond à une première diminution de la fluidité du mouvement d’extension ; la seconde R2 se caractérise par l’amplitude à laquelle l’examinateur observe un maximum de résistance au mouvement passif.

Variante pour une épaule douloureuse

En présence d’une épaule douloureuse ou ne pouvant être mobilisée au delà de 60°, une variante est possible en utilisant la dépression du moignon de l‘épaule [Butler 2010].

Patient et kinésithérapeute sont dans la même position de départ, mais le moignon de l’épaule est déprimé par le coude du kinésithérapeute, son avant-bras longeant le bras du patient. Le coude est fléchi à 90°, l’avant-bras du patient est vertical.

La main caudale maintient ouverte la main du patient, à l’aide d’une prise «pistolet» de façon à ouvrir le pouce dans le plan de la main pour y mettre en tension la branche motrice du nerf. La main droite du kinésithérapeute saisit la main gauche du patient. Le poignet est étendu, les doigts et le pouce étendus. L’épaule est amenée prudemment en rotation latérale sans forcer l’articulation. Le coude est ensuite étendu progressivement jusqu’à l’apparition des symptômes neurodynamiques.

La différentiation structurelle est classiquement réalisée :

  • Pour une souffrance distale au membre supérieur d’origine neurale, l’inclinaison latérale homolatérale du cou doit améliorer les symptômes ; elle doit les majorer en controlatéral.
  • Pour une souffrance proximale au membre supérieur d’origine neurale, la diminution de l’extension du poignet doit améliorer les symptômes.

Fiabilité

Selon les auteurs, la fiabilité inter-examinateurs est moyenne [Vanti 2010], bonne à très bonne [Wainner 2005]. Elle s’améliore au fur et à mesure des répétitions et est plus importante chez les kinésithérapeutes expérimentés [Vanti 2010].

Valeurs

Les amplitudes obtenues sont en moyenne de 154.8° ± 13.4° pour R1, 164.0° ± 9.2° pour R2, mais la répétition du test améliore les amplitudes de façon significative, ce qui laisse présager l’intérêt rapide de la mobilisation neurale [Vanti 2010].

Il peut exister une différence des amplitudes obtenues lors des tests neurodynamiques du membre supérieur droit et gauche [Covill 2012].

Cette différence ne dépasse pas chez le sujet sain 15° pour le nerf médian, 11° pour le nerf radial (limites inférieures des intervalles de confiance). Une différence supérieure à ces valeurs est considérée comme au-delà de la variabilité habituelle du sujet sain [Stalioraitis 2014].

Validité

Dans la recherche d’une souffrance neurale dans un canal carpien, il apparaît peu utile comme test isolé [Wainner 2005].


Références bibliographiques
 

Bueno-Gracia E et al. Validity of the Upper Limb Neurodynamic Test 1 for the diagnosis of Carpal Tunnel Syndrome. The role of structural differentiation. Man Ther. 2016 Apr;22:190-5

Butler DS. The Sensitive Nervous System. Noigroup Publications (2000)

Butler D. The Neurodynamic Techniques. A definitive guide from the NOI group team. Neuro Orthopaedic Institute Australasia Pty Ltd. 2010

Covill LG et al. Upper extremity neurodynamic tests: Range of motion asymmetry may not indicate impairment. Physiother Theory Pract. 2012 Oct;28(7):535-41

Shacklock M. Clinical Neurodynamics: A New System of Neuromusculoskeletal Treatment. Elsevier 2005

Stalioraitis V et al. Side-to-side range of movement variability in variants of the median and radial neurodynamic test sequences in asymptomatic people. Man Ther. 2014 Mar 20

Vanti C et al. The Upper Limb Neurodynamic Test 1: Intra- and Intertester Reliability and the Effect of Several Repetitions on Pain and Resistance. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, Volume 33, Issue 4, May 2010, Pages 292-299

Wainner RS et al. Development of a clinical prediction rule for the diagnosis of carpal tunnel syndrome. Arch Phys Med Rehabil. 2005 Apr;86(4):609-18.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s