Combien de chevilles faut-il rééduquer pour espérer éviter l’entorse de l’une d’entre-elles ?


Rédigé par le Mardi 19 Décembre 2017




Combien de chevilles faut-il rééduquer pour espérer éviter l’entorse de l’une d’entre-elles ?
Est-ce que l’utilisation de l’entraînement proprioceptif en tant qu’intervention isolée diminue l’incidence des entorses de la cheville initiales ou récurrentes dans une population sportive ?

Le Journal of Athletic Training fait une analyse [1] d’une revue systématique parue il y a 2 ans [2], que vous trouverez en accès libre dans les liens sous-jacents.

Cette revue comparait l’entraînement proprioceptif isolé a un groupe contrôle, le taux de récidives d’entorses de la cheville étant la variable principale retenue.

Sur les 345 études initiales examinées, 7 ont été incluses dans cette revue pour un total de 3726 participants.
Trois analyses portaient sur l’entraînement proprioceptif pour prévenir les entorses de la cheville sans tenir compte des antécédents (n = 3654), pour prévenir les entorses récidivantes de la cheville (n = 1542), ou pour des sujets n’ayant pas d’antécédents d’entorse de la cheville (n = 946).

Dans ce dernier groupe, le NNT* est de 17 IC95%[11, 33]. Chez les personnes ayant des antécédents d’entorses de la cheville, l’entraînement proprioceptif a démontré une réduction des entorses récidivantes de la cheville avec un NNT de 13 IC95%[7, 100]. L’entraînement proprioceptif en tant que mesure préventive sans antécédents d’entorse a  aussi démontré des résultats significatifs, avec un NNT de 33 IC95%[16, 1000]. Étonnants intervalles de confiance, non ?

Pas de quoi grimper au mur de toute façon…

Ça veut dire qu’un kinésithérapeute instituant une rééducation proprioceptive systématique pour l’équipe dont il a la charge peut au mieux espérer qu’un membre de l’équipe échappe à l’entorse… Vaut mieux que cela soit le buteur favori plutôt que le responsable du repassage des maillots.

Quelle posologie ? Quelle rééducation ? Pour un effet sur quelle durée ?

Dans l’étude [2], vous aurez un tableau récapitulant tout ça. En gros de un mois de prise en charge à toute une saison, d’une séance par semaine à une séance quotidienne, pour globalement un suivi sur la saison sportive. La rééducation, c’est bien toujours faire la cigogne sur des structures instables. Reste à comparer le NNT de ce type de rééducation basée sur l’instabilité à celui d’une rééducation basée sur le renforcement des muscles proximaux et non de la cheville…

* NNT = number-needed-to-treat. Nombre nécessaire de patients à traiter pour obtenir un résultat significatif (ici l’absence d’entorse de cheville dans un temps donné) chez un patient traité, comparativement, dans le cas présent, à ne rien faire.

Références bibliographiques :

[1] Rivera MJ et al. Proprioceptive Training for the Prevention of Ankle Sprains: An Evidence-Based Review. Journal of Athletic Training 2017;52(11)

Accès à l’analyse

[2] Schiftan GS, Ross LA, Hahne AJ. The effectiveness of proprioceptive training in preventing ankle sprains in sporting populations: a systematic review and meta-analysis. J Sci Med Sport. 2015;18(3):238–244.

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