Ce qu’avancent les auteurs dans leur discussion

Cependant, il n’est pas anatomiquement ou biomécaniquement clair qu’ils soient adaptés à un rôle stabilisateur.
Objectifs de cette étude :
Décrire la morphologie des fascicules du longus capitis et du longus colli, et estimer leurs possibilités motrices aux différents étages cervicaux.
Conception de l’étude :
Modélisation de la force biomécanique à partir de données anatomiques.
Méthodes :
L’étude est conçue en trois parties :
1- La dissection cadavérique (n = 7),
2- le calcul du volume musculaire IRM in vivo à partir de coupes sériées chez de jeunes volontaires sains (n = 6),
3- la modélisation biomécanique des capacités de production de force maximale basée sur des tomodensitogrammes de la tête et du cou.
Résultats :
Longus capitis et colli sont de petits muscles couvrant plusieurs segments cervicaux. Les estimations de leur pic de force en flexion en bilatéral sont plus élevées dans le rachis cervical haut (0,5 Nm), et peu susceptibles d’affecter le mouvement au-dessous de C5 (<0,2 Nm). Les forces de cisaillement pouvant être produites par ces muscles sont négligeables (<20 N), leurs capacités de compression maximale sont faibles (<80 N).
Conclusions :
Ces données mettent en évidence l’anatomie complexe et la faible force des longus capitis et colli, et ont des implications sur leur fonction.
En particulier, leurs capacités motrices en compression sont limitées, ce qui interroge sur leur impact sur la stabilité cervicale via les mécanismes traditionnels.
Ceci implique que le(s) mécanisme(s) par lequel les exercices de flexion cranio-cervicale produisent des bénéfices cliniques méritent d’être approfondis.
Ce qu’avancent les auteurs :
Les longs du cou et de la tête (LC & Lc) ne sont pas histologiquement des muscles posturaux, comme l’est le multifide : la proportion de fibres phasiques y est équivalente à celle de fibres toniques, a contrario du multifide, fort pourvu en fibres «toniques»
LC & Lc sont fléchisseurs, notamment de la partie haute du cou (siège de leur plus grande section), mais leur attribuer un rôle en inclinaison latérale et rotation controlatérale est purement spéculatif,
Leur activité électro-myographique au repos est nulle ; ils fonctionnent lors de mouvements volontaires
Le poids d’une tête (5 kgs) produit une compression axiale de l’ordre de 50 N. Un bras de levier d’un centimètre produit un moment d’extension de l’ordre de 0,5Nm. Les capacités caculées des muscles longs est au mieux de cet ordre en C2/3, en bilatéral ; elle est négligeable en dessous de C5 (moins de 0,2 Nm en bilatéral).
Le centre de masse de la tête est antérieur au cou, ce qui explique pour quelle raison ces muscles n’ont pas à développer de forces conséquentes. De toute façon, si le besoin s’en ferait sentir, les muscles sus- et sous-hyoïdiens, bien que de faibles sections, bénéficient d’un considérable bras de levier comparativement aux LC & Lc.
Référence bibliographique :
Ewan Kennedy, Michael Albert, Helen Nicholson. Do longus capitis and colli really stabilise the cervical spine? A study of their fascicular anatomy and peak force capabilities. Musculoskeletal Science and Practice. Volume 32, December 2017, Pages 104-113
