Mettre en évidence cliniquement une souffrance facettaire lombaire


Rédigé par le Mercredi 30 Août 2017




Intuitivement, on se dit que cela ne doit pas être bien difficile ?

– En latérocubitus en position de rouleau lombaire, Bogduk comme McGill ont décrit des impactions de l’articulaire infralatérale lors d’une rotation forcée en extension relative et inclinaison latérale controlatérale à la rotation. McGill décrit l’écrasement du cartilage zygapophysaire, l’articulaire infralatérale servant de pivot de rotation lors d’une expérience sur pièce anatomique (la translation du disque en résultant se traduisant par une avulsion pour des rotations de l’ordre de 3°).

– Si les articulaires lombaires basses empêchent le cisaillement vertébral lors de la flexion du sujet debout, c’est que l’articulaire inférieure de la vertèbre supérieure est retenue du glissement en avant par le mur que lui oppose l’articulaire supérieure de la vertèbre inférieure ?

– Lors d’une hyper-extension majorée par une inclinaison latérale (et par une rotation controlatérale ?), la partie inférieure de l’articulaire sus-jacente vient s’impacter dans la vertèbre sous-jacente, ce qui ne doit pas être apprécié par l’os que l’on voit se condenser sur des radiographies de profil chez des sujets dont la dimension verticale du disque est diminuée.

Cela fait quelques positions de tests, mais qui ne semblent pas avoir été retenues par  Petersen et al [1] qui estiment le diagnostic clinique peu ou pas fiable en s’appuyant sur la littérature, dont la dernière en date est l’article de Manchikanti [2], en accès libre.

Comparer l’examen clinique avec quoi ?

Insensibiliser une articulaire postérieure peut se faire à l’aiguille (nan, pas au dry needling, ranges tes aiguilles tu vas te blesser) et à la lidocaïne, ce qui fait dire à Bogduk qu’entre 10 à 40% des lombalgies peuvent être d’origine articulaire puisqu’on peut provoquer une douleur en injectant une solution salée, la supprimer à la lidocaïne. Ces blocs anesthésiques restent la seule solution [2].

Il considère cependant, ce qui est repris par Petersen, qu’il y a beaucoup de faux-positifs dans ces injections d’anesthésiques, ce qui pose problème pour se servir du bloc anesthésique comme gold-standard des différentes manoeuvres.


Validité :

Mettre en évidence cliniquement une souffrance facettaire lombaire
Une étude préliminaire de Revel et al [3] (1992) a cherché à identifier manoeuvres et symptômes susceptibles d’être influencée par bloc anesthésique uni ou bilatéral. Peu étaient plus fréquentes dans le groupe répondant à l’anesthésie : l’âge avancé, l’absence d’exacerbation à la toux, la diminution des douleurs en position couchée, l’absence d’exacerbation de la douleur en flexion comme lors du retour en extension à partir d’une position de flexion, l’absence d’agravation en extension comme en extension / rotation.

Ces deux derniers critères sont étonnants, puisqu’on s’attend intuitivement (voir plus haut 😉 à une réponse inverse. Ce qu’en dit Revel c’est qu’ils n’ont pas montré de pertinence lors d’une autre étude [4].

La validité de ces règles est faible [2]. Du coup, Petersen, reprenant l’étude, conclut [1] qu’on ne peut pas aujourd’hui avoir de diagnostic facettaire sérieux.

Les seules indications que retient Petersen, à partir d’autres études auxquelles participait aussi Laslett, sont la présence d’une centralisation (répéter l’extension pour convaincre le cerveau de la bonne santé du segment vertébral hypersensible et stimuler l’inhibition descendante ?) et la douleur persistante sujet couché (ce qui se conçoit sur nos tables dures, pour le procubitus comme le décubitus, comme l’indique Sahrmann).

Conclusion :

Comme les autres études basées sur les blocs anesthésiques, les auteurs considèrent que beaucoup de patients lombalgiques souffrent de douleurs initiées au niveau des articulaires postérieures. Simplement, on ne sait pas comment les déterminer cliniquement.
Sahrmann sait peut être le faire, mais je n’ai pas souvenir d’étude là-dessus ?

Références bibliographiques :

[1] Tom Petersen, Mark Laslett, Carsten Juhl. Clinical classification in low back pain: best- evidence diagnostic rules based on systematic reviews. BMC Musculoskeletal Disorders (2017) 18:188 DOI 10.1186/s12891-017-1549-6

Accès à l’article

[2] Manchikanti L, Pampati V, Fellows B, Ghafoor Baha A. The inability of the clinical picture to characterize pain from facet joints. Pain Physician. 2000;3(2):158–66.

Accès à l’article

[3] Revel M, Listrat VM, Chevalier XJ, Dougados M, N’guyen MP, Vallee C, et al. Facet joint block for low back pain: identifying predictors of a good response. Arch Phys Med Rehabil. 1992;73(9):824–8.

Accès à l’article

[4] Revel M, Poiraudeau S, Auleley GR, Payan C, Denke A, Nguyen M, et al. Capacity of the clinical picture to characterize low back pain relieved by facet joint anesthesia. Proposed criteria to identify patients with painful facet joints. Spine. 1998;23(18):1972–7.

Sahrmann S. Diagnosis and Treatment of Movement Impairment Syndromes. Mosby Ed. 2001

Bogduk N. Anatomie clinique du rachis lombal et sacré. Elsevier. 2005

Laslett M, Oberg B, Aprill CN, McDonald B. Zygapophysial joint blocks in chronic low back pain: a test of Revel’s model as a screening test. BMC Musculoskelet Disord. 2004;5(1):43.

Article disponible en ligne


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